CHAPITRE NEUVIÈME
Les études les plus sérieuses n'étaient pas négligées. La bourgeoisie, sans se livrer elle-même à cette culture intellectuelle, en appréciait le mérite, et récompensait avec libéralité les Rouennais qui se distinguaient par 'leurs talens. Quant à l'autorité ecclésiastique, dépositaire de là science , et chargée de la propager -y elle avait fondé plusieurs écoles qui jouissaient du privilège exclusif de donner l'instruction. L'école capitulairej placée sous la surveillance du chancelier de la Cathédrale, était la plus importante. Venaient ensuite l'école de Saint-Ouen , qui était souvent en lutte avec l'école capitulaire. Celle-ci soutenait que les moines ne devaient instruire que les novices , tandis que les Bénédictins de Saint-Ouen prétendaient avoir le droit de recevoir, au moins, les enfans des quartiers voisins, tels que Saint- Vivien et Saint- Nicaise. Une troisième école était établie à Saint- Cattde-le-Vieux (au bas de la rue du Bac)r et ne dépendait, ainsi que cette église, que de l'évêfcjuë de Lisieux. Qu'enseignait-on dans ces écoles privilégiées? nous [ne le savons pas avec exactitude; mais des documens d'une époque postérieure font supposer qu'on se bornait à la grammaire et aux
est horologiura , quod facile apud Roncherollium audiebatur ; quod quidem ità erat compositum , ut insolitâ , sed gratâ methodo, hyinnum Conditor aime siderum exprinïeret. » Chronic. mscr. Sanctœ Katharinœ , f* 160.
humanités l. Lorsqu'on voulait pousser "plus loin les études de théologie, ou de toute autre: branche des connaissances humaines, alors cultivée*»} il fallait se rendre soit à Paris , soit dans quelque autre ville où se donnait l'enseignement supérieur. ; Quant à la discipline des écoles^ dans ces temps reculés, nous avons des notions encore atokis certaines que pour la nature de l'enseignement. Cependant, à en juger par ce qui se pratiqua plus tard, et lorsque déjà les mœurs étaient plus douces, on doit croire que la discipline avait la ■ 'caractère de dureté , et même de brutalité, qu'on * justement reproché à toutes les institutions du > moyen-âgé. Le fouet était souvent employé. À la fin du xvp siècle , un concile provincial de Normandie Fau* torise encore dans les écoles, quoiqu'avec restriction : « Le maître , dit-il , n'en doit venir aux coups « que s'il y est forcé3; » Mais il recommande de ofc pas épargné!4 la verge , en s'apipuyànt su? cfe texte : «Il hait Tarne de l'enfant, celui qui épargne ta verge3.»» A plus forte raison, au xive siècle, ta discipline ne reculait pas devant ces châtimens^ dont la bnitalité révolté les rriœurs moderneé. •
1 Archives municipales, reg. •—, f° 180 et suif.
3 « Non nisi coactos ad ?erbera veniat. » D. Bessin , CoiiciHa Nùrmanniœ , p. 395-396.
3 « Qui parcit virgae, odit aniraam pueri. » Idem, ibid.