‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 69 sur 238 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

Cependant, quelque fussent les défauts de ces ^ooles, elles étaient les seuls centres d'instruction > ^t la postérité doit être reconnaissante envers ceux c|ui les ont multipliées. Sous ce rapport, plusieurs «archevêques de Rouen méritent d'être mentionnés» Oiles Ascelin de Mont aigu, archevêque de Rouen shi commencement du xiva siècle, fonda à Paris le collège de Mont aigu pour de pauvres boursiers. Sous ses successeur^ , on s'occupa d'établir à Rouen un collège semblable. Il ne fut définitivement organisé qu'en i358, par Guillaume II, de Fia vacourt, archevêque de Rouen; mais, dès 1 344 > on prenait les mesures nécessaires pour la fondation de cet établissement. Le roi Philippe de Valois y contribua pour la somme assez modique de cent sous tournois1. Il est probable, quoique nous n'ayons aucun texte positif à cet égard, que la bourgeoisie rouennaise concourut largement à l'organisation de ce collège , qui s'éleva bientôt sous le nom de collège des Bons- Enf ans , à l'extrémit^ de la rue qui en a .gardé le nom. Il subsista jusqu'au commencement du xvne siècle , époque où le crédit des Jésuites le fit disparaître, comme les autres écoles de Rouen. Ce qui nous porte à croire que la bourgeoisie ne resta pas étrangère à cette importante fondation , c'est que nous voyons , un

1 Archives de Joursanvaulx , ad aan.,1344.

Iti) COMMUNE DE ftOUKN. IIe PARTIE. .

peu plus taftt, l'administration communale récompenser tons ceux qui se distinguent par Uttr*4ttstruction , et accorder une indemnité considérable aux Rouennaisqui reçoivent le bonnet de docteur1. Quoi qu'il en soit , il est évident, par la fondation du collège des Bdns-Enftms ; quéles études étaient alors en honneur dans Rouen , et ' que l'industrie n'y absorbait pas toute l'activité.

C'était réellement une grande et puissante Commune que celle qui ne craignait pas -de tenir tête aux rois, arrêtait les ennemis de la France, s'entourait d'une redoutable ceinture de forteresses, marchait l'égale de la puissance ecclésiastique , avait pour débiteurs les plus grands seigneurs du royaume, forçait les hauts barons de s'humilier devant le maire, fournissait à la France et à l'Europe les draps les plus estimés , avait un véritable arsenal daàs son clos aux Galères , et trouvait encore le loisir d'élever des monumens grandioses, -de se livrer aux détails minutieux des arts mécaniques , et de fonder des collèges pour les études clas-

1 Archives municipales, registre des délibérations, ann. 1404- 14o8, f» 150, verso : « Le 1111e jour de juillet mil CCCC et huit , devant nous , etc., délibéré fu que frère Jehan Gourrel , cordelier de l'ostel des Cordeliers en la dite ville, natif d'icelle ville de Rouen , lequel doit faire la feste d'estre doctorisés en théologie, lui serait donné, ainsi que Von a accostumé aux natifs d'icelle ville , pour lui aidier à faire son dit fait , quarante livres, et soit fait mendement au receveur. »

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siques. Tel est le spectacle que nous a présenté l'histoire de Rouen «ous Philippe de Valois. Mal* heureusement , eette prospérité de notre ville fut plusieurs fois troublée par d'affreuses calamités*. A cette époque, le fleuve, source de richesses poqr Rouen et les environs, devint une cause de désastres. Les quais n'étaient pas assez exhaussés pour contenir les eaux; plus d'une fois elles sortirent de leur lit, et portèrent la désolation dans les campagnes. Déjà, en 1296, la Seine avait franchi ses limites naturelles et rompu le célèbre pont de Mathilde. Une inondation , plus terrible encore, eut lieu en i34a; le fleuve couvrit la chaussée de Martainville , et intercepta , ainsi , les communications entre Rouen et Paris. Il n'existait , en effet , à cette époque , qu'une chaussée étroite , conduisant de la porte du Pont-Onfroy (près du Ruissel), jusqu'à Sainte-Catherine. Quelques voyageurs voulurent braver le péril, et se hasardèrent sur le chemin couvert d'eau; ils faillirent être submergés, et ils auraient siflccombé sans le prompt secours des mariniers, qui ne les arrachèrent pas sans peine à la mort ». Si, à ces calamités naturelles, on ajoute les

1 « Anno MCCCXL1I , tautùm inundavit fluvius Sequanœ circà Rothomagum , quôd aqua superàfit calcegam de Martaûmlle , et quôd gentes desuper uavigio transfretabant usquè portant de Ponte-Hunfredi. Incaepit circà festum in cathedra Si» Pétri, et multi eqoi tantes, volentes et praesumcntes tramire cum eqais

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fléaux de la guerre, de la peste et de l'émeute , qui désolèrent le pays, ou appréciera mieux toute l'énergie qu'il fallut aux hommes de ce temps pour lutter contre tant de malheurs, et accomplir de si grandes choses.

suis, ceciderimt de Ponte-Prati, sed, Dei gratiâ, fuerunt liberati auiilio nautarum. » Chron. mscr, S. Katharimk , apud Chron. triplep et unum , t° 162.

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