CHAPITRE X
***tcixt ht la Commune tout le ràjnc ht 3eait. — Confirmation *r* jmoiUgc* ht la Commune or Kouen. — Ctat* ht font* •3tt&rmer; impôt oott\ — Cmeute à ttourn.
(1350 — iâôl.)
£ successeur de Philippe de V*- ' lois , fean , montra le même caractère d'imprudence à l'égard dé I l'ennemi > dé tyrannie «ans esprit ide suite et sans fermeté réelle dans sofa gouvernement intérieure Le besoin du moment et le caprice aveugle furent ses seuls guides. Menacé par l'ennemi, et pressé par r épuisement de son trésor y il convoquait les états et faisait les 'plus magnifiques promesses» A peine aVait-il obtenu les subsides , qu'il oubliait les conditions imposées, phr la volonté nationale , et dissipait , en tournois et en fêteby . l'argent voté pour la guerre. Un pareil 'caractère n'était pris propre à relever la royauté; elle s'affaiblit de plus
106 COMMUNE DE ROUEN. IIe PARTIE.
en plus, et chaque jour les Communes montrèrent plus d'audace dans leur lutte contre l'autorité cen — traie. Le nom de Bon, que l'histoire a décerné aM ce prince , ne doit pas faire illusion sur son véri — table caractère. Sans parler de la légèreté avec^ laquelle la plupart de ces épithètes ont été réunie» au nom des rois, il est certain que le mot Bomn'avait pas, pour les contemporains de Jean, lesens qu'il a de nos jours. A une époque où les qualités physiques avaient bien plus de valeur que les vertus morales, bon était synonyme àe brave, et cette dernière épithète convenait parfaitement au prince qui n'eut d'autre mérite qu'un courage aveugle et une ardeur que ne dirigea presque jamais la prudence. > .; ;
Le premier acte important de son règne dut produire à Rouen, et dans toute la Normandie, une triste impression; et faire naître, de sinistrès pensées. Jean fit arrêter et mettre à mort, sans forme de procès, Raoul, comte d'Eu et connétable de France. Ce seigneur était un de ceux qui , en 1 33g, avaient défendu avec le plus de zèle les intérêts de la Normandie1 , et son nom était vénéré dans toute la province. Une arrestation aussi brutale, un supplice qui , par l'absence de toutes formes légales , ressemblait à un meurtre,
1 Voyez deuxième partie, cbap. I, p. 11 .