‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 7 sur 238 · CHAPITRE PREMIER. 1523—1546. il · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. 1523—1546. il

prélats et aux nobles d'exempter leurs vassaux de tout impôt , pourvu qu'ils séparassent leur cause de celle des communes. Les grands feudataires, laïques et ecclésiastiques, «considérant, dit la chronique, que tous les habitans du duché formaient un seul corps, étaient régis par les mêmes lois et coutumes, que les libertés et privilèges étaient communs à tous les habitans de la province ' , » rejetèrent les propositions du roi , et demandèrent que les habitans des villes et autres lieux, relevant immédiatement du roi et du duc de Normandie, jouissent des mêmes franchises que leurs vassaux. L'archevêque de Rouen, Pierre Roger, qui devint dans la suite cardinal et même pape sous le nom de Clément VI , les évêques de Bayeux et d'Avranches, Raoul, comte d'Eu et connétable de France, Jean, comte de Harcourt, et plusieurs autres, soutinrent, avec le plus grand zèle, les intérêts de la Normandie. Leur persévérance finit par l'emporter. Vers les fêtes de Pâques de l'année

1 « Mobiles et prœlati attendantes quôd totas populus dicti Ducatûs , ut unicus et conformis , cisdeni legibus et consuetudinibus regitur, et libertateset privilégia toti populo sint communia, ooluerunt consent ire, nisi habitatores villarum et locorum ad regem et ducem Normannise Joannera flliura sine medio pertinentes , sicut et cœteri habitatores dicti ducatûs , dictis privilcgiis plcnè et perfectè gaudcrent.» Chronic. Rothom., apud Labbe, ibid., 387.

12 COMMUNE DE ROUEN. IIe PARTIE.

i339, Philippe de Valois, et son fils Jean, publièrent une charte qui confirmait et expliquait la célèbre Charte aux Normands accordée par Louis X, en i3 1 5 \ Ils déclarèrent qu'à l'avenir aucun impôt ne pourrait être perçu en Normandie sans avoir été voté par les États de la Province. La précieuse charte, qui venait de faire de la Normandie un pays d'États, fut déposée dans le trésor de la Cathédrale de Rouen , pour y être religieusement conservée2.

La commune de Rouen s'était vivement associée à toutes ces manifestations de la nationalité normande. Elle avait applaudi au rétablissement du duché et à l'extension des privilèges généraux; mais elle n'oubliait pas non plus ses libertés particulières, et elle profita des dispositions favorables du roi pour en assurer le développement. Ce fut, en effet, en i33(), que lesRouennais obtinrent de Philippe de Valois la confirmation de leurs privilèges de juridiction. Le bailli de Rouen ne respectait plus la charte de Philippe III qui avait posé la limite des deux autorités 3 , et s'efforçait d'entraver la

1 Voyez, première partie, ch. XIII , p. 209.

* « Litterae super bis in Rothomagensi Ecclesiâ, ad perpétuant rei memoriam, conservai) tur. » Chron. Rothom., apud Labbe, I, 387-38S.

3 Voyez première partie , chapitre X , p. 1C8 et suivantes.

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