‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 71 sur 238 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

furent un triste début pour le nouveau règne. L'augmentation des impôts n'était pas propre à calmer l'irritation des esprits. Us s'accroissaient d'année en année 7 et écrasaient le peuple de Rouen, qui invoquait vainement ses anciennes franchises. On travaillait avec ardeur aux remparts de cette ville, qui avait déjà vu l'Anglais paraître devant ses murs. Chaque année , il fallait payer de nouvelles taxes pour les fortifications1; il fallait indemniser les propriétaires dont les maisons étaient rasées ou les jardins pris pour. la nouvelle enceinte de remparts. Les monastères eux-mêmes n'étaient pas épargnés. Nous avons déjà vu que, sous le règne précédent*, on s'était emparé du jardin et du cimetière des frères Prêcheurs ou Jacobins. Cependant, sur les réclamations réitérées des moines , on leur accorda des indemnités qui formaient au moins l'équivalent des jardins qu'on leur enlevait. On leur donna deux manoirs, qui avaient appartenu , l'un à Vincent du Val-Richer, l'autre à Jean dit Lebreton, et qui, confinant à leur couvent, formèrent une compensation suffisante des terrains pris pour les remparts3.

Ces charges pesaient lourdement sur la bour-

» Archives municip., tir. 226, n° i.

* Voyei deuxième partie , ch. II , p. 26 et 27.

3 Archives municip. , tir. 324 , n° 3.

geoisie rouennaise , et cependant il fallut bientôt -=* en supporter de nouvelles. Les États généraux , ^ réunis à Paris par le roi Jean, au commencement ^= de Tannée 1 35 1, autorisèrent la levée d'uu nouvel J impôt dans toute la France. 11 est vrai qu'il ne ^ pouvait être perçu en Normandie qu'après un vote spécial des Etats de la province, comme l'avaient — formellement promis et Philippe de Valois et Jean lui*même, lorsqu'il n'était encore que duc dé Wor- — mandie l. En conséquence, ils furent convoqués à Pont-Audemer pour le mois de mars i35i, et le roi envoya deux commissaires pour en diriger les -* délibérations, l'évêque d'Evreux et Simon de Bussy, — premier président du parlement de Paris, Quelque -^ peu efficaces qu'aient été généralement les résolu- — tions adoptées dans ces assemblées, elles eurent -^ cependant un résultat important; elles rappelèrent -= au peuple sa puissance et ses droits, et à la Nor- — mandie son unité nationale, en réunissant les députés de ses sept bailliages. Les Etats, doqt nous parlons maintenant, oqt eu un intérêt tout particulier pour la ville de Rouen. Elle y envoya ses représentai; elle inscrivit, sur ses registres municipaux, les délibérations de l'assemblée % et ses décisions eurent pour elle les conséquences les plus importantes;

» Voyez 2e partie, ch. ! , p. 12.

* Archives municip., reg. 5, f° 109 et sui?.

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