‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 73 sur 238 · CHAPITRE ONZIÈME. 1«5S^1SI8C i · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME. 1«5S^1SI8C i

^Jauté; Aussi, matyvéie rétablissement du duché ^^ Normandie;, il»- persistèrent dans leur refus de ^nctioaneif ) rapot TOté par* les États de i355* X-^e duc Jeur demandait d'envoyer à Paris des dépotés qu'on espérait! séduire, mais ils s'y refit* seront obstinément -Ji Les- nqbles qui les avaierit eiottds \m première fois ^principalement le comte deHarcourt et le roi dé Navarre, étaient toujours à la tête -de l'opposition; Jean fut exaspéré . en apprenant cette aouvéUie, e*t résolut d'en tirer yen-» geanoe. < Les grands ieudataif es y attirés à Battent par l'entrée solennelle du duc r et retenus par .les cérémonies et les fêtas qui lavaient suivie* .réan liaient encotie dans cette ville. Réunis au chatèaU* par Je ducCbarles^îls «ouvraient à ia.joie bruyante d'un festin, dans. la nuit qui précédait le dimanche des Rameaux (5 Avril 1 356 .),. lorsque tout-à~coup in porte Couvrit, et Jean entra dans la salle du banquet^ armé de toutes, pièces. et suivi d'une nombreuse escorte de chevaliers. Cette apparition subite frappa de terreur la plupart des» convives, qui me sentaient coupables de criminelles intrigues. Le rôle du dauphin >; dans cette circonstance, est

Grandet Chrwi^ue* d* 8**De*ysy Je*mt 13S0.Koas cétéréns

at ^e*CÉlron^•e8; rédigéts par •ncoM6Wpw*iinV<^iF"^ *ttblemen« par Pierre d*Orgen«Mit , dans la mite chancelier 4e Stance, etc. Voy. l'article de M. Lacabaae sur les Graades Chro* ~x*k|oes, JCcafo des Gk«rtc$ymiïaétwàt êêptvmbre-otl&io 1840.

COMMUNE DE IlOïît-ï^ ÏT* PARTIE.

un mystère; tiit-il complice de Jean pour attirer les victimes dans le piège? Fut-il lui-même surpris par l'arrivée de son père? La question paraît insoluble, Ce qu'il y a de certain, c est que Jean était parti subitement d'Orléans, le vendredi de la semaine de la Passion y qu'il arriva près de Rouen le samedi soir, évita de traverser la villeroù il savait que les rebelles comptaient un grand nombre de partisans, se fit ouvrir la petite porte du château qui donnait sur les champs, et entra dans la salle du festin, précède de messire Àrnoul d'Àndrehen , qui tenait une épée nue à la main. Comme les convives se levaient, par un sentiment de respect et d'effroi, Arnoul d'An-* drehen s'écria : w Que personne ne bouge, pour

* chose qu'il voie , sJil ne veut mourir de cette

* épée. ' » Jean s'avança vers la table, et, saisissant le roi de Navarre : « Traître, s7écria-t-il , « tu n'es pas digne de manger à la table de mon « fils. Par Tarne de mon père, je ne pense plus à

* boire et à manger tant que tu vivras, » Si Ton en croit Yillani, le roi aurait joint à ces paroles des gestes menaçans, et même, sans l'intervention des chevaliers qui raccompagnaient j il aurait frappé

1 Un historien étranger et postérieur tic prèà d'un siècle, Zautflîct | a cherché à embellir «on récit en le gAtant. Il suppose que les convives offrent une raupe au roi ( poculuui o ht ni Usent)» et que Jean repond A leur invitation d'un air menaçant ( illc rugosa fronte), rtpud Maitenoc T rfmplissi/Mt Cotlectio, Vt 202*

CHAE1TRE ONZIÈME- 4532— 1336. 177

Charles de son épée '. Auprès du roi de Navarre, se trouvait un.écuyer , Colinet Doublet, qui tranchait à sa table. Indigné du traitement fait à son maître , il tira son poignard, et, le dirigeant vers la poitrine du. roi de France , il menaça de le tuer s'il ne lâchait pas. Charles de Navarre. Jean, se tournant vers ses hommes d'armes : « Prenez ce garçon, «r leur dit-il, et son maître aussi. » Aussitôt, les gens, du roi. saisirent l'écuyer, ainsi que Charlesle«- Mauvais, et se disposèrent à les entraîner, Si Ton en croit Froissard 2 , le roi de Navarre se montra aussi bas, en ce moment, que, dans d'autres circonstances, il avait paru violent et audacieux. Il supplia humblement le roi de l'épargner, rappelant que le meurtre de Charles de La Cerda lui avait été pardonné , et protestant qu'il n'avait commis, depuis cette époque, aucun attentat contre la majesté royale. Mais le roi de France fut inflexible : « Va, traître, lui dit-il, tu sauras « bien mentir si tu m'échappes. » Outre le meurtre du connétable de La Cerda , et l'opposition qu'avait excitée Charles-le-Mauvais contre les impôts votés par les États, Jean lui reprochait encore d'avoir trahi la France et d'avoir conclu un traité avec le roi d'Angleterre. Le roi de Navarre fut em*

1 Mat. Villani , apud Muratori , xiv, 369.

2 Liv I , première partie , cljap. 20.

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mené par les hommes d'armes, et enfermé dans une chambre du château avec son chancelier Friquet de Friquaus et son écuyer Colinet Doublet.

Le roi marcha ensuite vers le comte d'Harcourt, et , saisissant la masse d'armes d'un des hommes de sa suite, il en frappa rudement le comte entre les épaules : « Traître orgueilleux , lui dit - il , « passe en prison. Par l'ame de mon père, tu sau- « ras bien chanter, quand tu m'échapperas. Tu es « du lignage du comte de Guines *. Tes forfaits et « tes trahisons se découvriront à temps. » Le roi fit encore arrêter Jean Mallet, sire de Gra ville, et Maubué de Maineraare. Les autres convives, frappés d'effroi, parvinrent à s'échapper en franchissant les murs *.

Pendant ces scènes violentes, le rôle du duc de Normandie, qui avait attiré au château les victimes de Jean, était bien pénible, s'il ignorait les projets de son père, bien odieux, s'il en était complice. Les contemporains, et surtout Froissard, croient à son innocence. Ge dernier nous le représente se jetant aux pieds de Jean , et le sup-

1 Raoul, comte d'Eu et de Guines, connétable de France, mis à mort au commencement de ce règne, sous prétexte de trahison.

3 « Aliis omnibus, qui in illo prandio fucrant, hiuc indè fugientibus et per rauros saltantibus prae timoré. » Guill. Nangiac, ap. d'Achery, Spicileg., in-4°, XI, 819-820.

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