CHAPITRE QUINZIÈME. 1396— i
et réclamaient l'abolition du monopole qu'on avait criée,; mate Jean rejeta leur demande. On pouvait du moins espérer, que. le différend se terminerait à la mort d'Arnault Monnoie, qui arriva vers la fin de cette année, mais le roi se hâta d'accorder le même privilège à un autre bourgeois de Rouen , Philippe Maudisne, x. Aussitôt nouvelle réclamation de la Commune , qui ne cessa de protester pendant six ans V L'affaire fut enfin portée devant l'Échiquier; mais,, avec l&forme si lente de la justice de cette époque, elle se prolongea indéfiniment; elle était encore pendante à l'époque où la Commune fut supprimée» Une autre contestation s'éleva entre les bourgeois et les officiers royaux à l'occasion de la terre à foulon , si importante pour les nombreuses draperies de la ville. Une charte de Jjouis VIII avait autorisé les bourgeois à en prendre dans les forêt* royales, et notamment dans la forêt de Roumare 3. Malgré cette concession d'une incontestable authenticité, les maîtres des eaux et forêts voulurent, en i357, attaquer le droit des bourgeois. Mais, suc la réclamation desRouenriais, le dauphin, duc de Normandie , reconnut leur privilège et le confirma *.
• Reg. DD,>88, recto.
* Ibidem , f° 89 et suiv.
3 Voyez première partie, chap. VU , p. 125.
4 Reg. DD, folio 1, recto.
ftft GOMMUXE DE ROUEN. H« FàRTIE.
Ija Commune ne se borna pas à défendre ses droits contre les officiers royaux; «lie s'opposa énergiquement à ce qu'ils élevassent dans Boue» des constructions nouvelles sans l'autorisation du maire. Ainsi, en 1 3 56, le vicomte de Rouen ayantz= voulu faire bâtir, près du parvis de la Cathédrale^, une maison destinée aux changes x, le maire port», plainte devant le bailli, et obtint qu'on suspendît^ les constructions commencées. On recoanut, enprincipe, que, dans les lieux soumis à la juridictiondû maire, aucune maison ne pouvait être éievéesaus son autorisation a.
La Commune maintint ses droits aussi énergique
ment contre les prétentions des monnayeurs. Nous- — avons déjà remarqué que ceux-ci formaient, dans— — Rouen, une corporation privilégiée, comblée par- — les rois de France des plus grandes faveurs. Dès le commencement de son règne, Jean avait confirmé toutes leurs franchises 3. Us avaient, entre autres privilèges , le droit de ne pas acheter du pain aux
1 « pour le fait des changes eust commencé à faire certains édiffices. » Ibidem , f° 93 verso.
3 « Le maire avait baillé et délivré as marchéans, habitans et fréquentans, iceux lieux et places en la juridiction haute, moïenne et basse de la dicte ville et sanz ce que aucun autre y puisse et doie édiffier ne faire habitation quelconques sans le congié et licence dudit maire. » Ibid. , folio 93 recto.
3 Archives raunicip., tir. 90, n° 1.