‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 95 sur 238 · CHAPITRE QUINZIÈME- '500^*564. ft · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME- '500^*564. ft

boulangers de la ville , mais de le cuire eux-mèiues. Jl&jie tardèrent pas à abuser de cette faveur, et à vendre du pain dans Rouen, suas être soumis aux droits que payaient les boulangers ordinaires* C'était )à on abus très préjudiciable à la ville, qui avait le monopole des moulins, et le maire fit apisir le pain que cuisait la femme d'un ouvrier de: la monnaie, nomme Guillaume de la Halle; c'était elle qui était chargée d^approvisionner tous les mon» OftyeUrs, dont le nombre s'élevait à environ quatre cents, en comprenant les femmes et les enfans *. Son mari soutenait qu'il avait le droit , lorsque \ei monnayeurs ne consommaient pas tout le pain, d'ep vendre le reste dans la ville a, Mais le maire Amaury Filleul (i35a) rejeta cette pré-* tenttoti, et maintint la confiscation, Les maires de Rouen soutinrent toujours leurs droits avec la même énergie contre les officiers royaux, baillis, vicomtes, vicomtes de l'eau , maîtres des eaux. .et. forêts, maîtres des monnaies. La ComV mune était engagée depuis long-temps contre ces

1 « Les nionnoiers estoient deux cens ouvrans et aultant de leur raesnage ou «aviron , qui n'estoient ouvrans. » Archives munie, Kg. DP» folio 100 verso.

* * Quant il avenpit aucunes fois, çue lui (Guillaume de la Halle) , ou les autres dudit raestier, ne despendoient tout le pain que il faisoit , il en vendoit à autres gens qui en voûtaient disant que ainsi lui convenait faire. » Ibid., folio 101, recto.

magistrats, dans un procès d'une haute importance. Il s'agissait de savoir si le maire dé Rouért conserverait sa juridiction commerciale, et 'd'en déterminer les limites précises. L'affaire Savait été portée devant l'Echiquier de Normandie1. Après «de longs délais, ce tribunal donna gain de cause1 aux officiers royaux, et annula presque entièrement l'autorité du maire. Ce fut là sans doute une des principales causes de Tirritation de la Commune. Elle suffirait pour expliquer les yiolerices de la bourgeoisie, qui se trouvait' privée de 9es droits légitimes, et voulait les reconquérir par l'émeute. Le résultat justifia ses espérances, jet prouva 7 etf* core une fois, que , dans ces temps d'anarchie, la force était tout, et que le droit et la justice n'étaient comptées pour rien. En effet, lorsqu'après les troubles de i358 le dauphin vint à Rouen, il n'hésita pas, pour gagner une Commune puissante, à annuler les sentences de l'Échiquier, et à donner sur tous les points pleine satisfaction au maire et à la bourgeoisie.

Le Régent commençait par rappeler la charte de Philippe III, et les privilèges de juridiction qu'elle accordait au maire de Rouen sur les marchandises confisquées, et même sur les procès pour blessures

1 Voyez Hist. de la Commune, deuxième partie, ch. 111 , p. 46.

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