‹ Histoire de RoussillonChapitre 18 sur 40 · PL. VII · texte numérisé non relu

PL. VII

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Alphonse le Magnanime. Marie d'Aragon fit une réponse évasive. Mais, au retour, les agents français se présentèrent devant les consuls de Perpignan et formulèrent leurs prétentions au cours d’une audience dont ils firent dresser un procèsverbal qui nous a été conservé, de la main du notaire perpignanais: François Pastor.

Ce procès-verbal porte en substance que les ambassadeurs, au nom de leur maître, requièrent qu'il leur soit fait justice et déclarent qu'ayant inutilement poursuivi satisfaction auprès de la reine d'Aragon, ils s’en prennent à la ville de Perpignan, responsable comme sujette de la monarchie aragonaise. Les envoyés de Charles VIT s’en retournèrent comme ils étaient venus, mais le geste de 1447 montre que la France entend ne rien laisser prescrire. Ce n’est point par hasard que, pour trouver des responsables de la dette aragonaise, la diplomatie française s’en prenait à Perpignan plutôt qu’à Barcelone. La crise du règne de Jean II donnera précisément aux ambitions françaises qui s’annoncent la plus belle des occasions.

Au début, pourtant, c’est une alliance francoaragonaise que déterminent les événements inté-

rieurs du nouveau règne.

__ Une querelle de famille déclanche la série des complications dont la monarchie aragonaise va être bouleversée, la querelle de Jean II et de son fils D. Carlos, prince de Viane, à propos de la couronne de Navarre. Jean Il, qui avait épousé en premières noces la reine Blanche de Navarre, prétendait, quoique remarié à une Castillane, Jeanne Enriquez, gouverner la Navarre sa vie durant.

HARIDE e : (mISTOURE DE | ROUSSILLON. |

à ‘D. Canos fils de Ice IL et de Ho préten- |

dait avoir un droit immédiat à la succession de sa mère. L'opinion catalane exigea que Jean II

donnât à son fils aîné (prémogenit), D. Carlos, la

lieutenance dans le Principat, et, aussitôt, Barce-

lone devint le foyer d’une agitation favorable à D. Carlos, hostile au roi. D. Carlos entama des négociations personnelles contraires à la politique paternelle, tant en Castille qu’en Dauphiné où régnait alors le dauphin Louis, qui devait devenir un peu plus tard le roi Louis XI. Jean Il, prompt

et énergique, arrête son fils à Lérida, l’emprisonne,

mais, devant l’effervescence des Catalans, se voit contraint de le relâcher. Enfin, D. Carlos étant

mort prématurément, son père et sa marâtre sont

rendus responsables de sa mort. La Députation,

soutenue par la population qui s’exalte, réclame

l'envoi du nouvel héritier présomptif, le primogenit Ferdinand, âgé de neuf ans à peine. Et comme Îa reine Jeanne, sa mère, l’accompagne en qualité de tutrice, la situation devient bientôt très tendue entre les autorités catalanes et la reine.

Le roi nose pas entrer dans le Principat, de

peur de déchaïîner la révolution qui gronde. Au fond, une pente naturelle conduisait la Catalogne

de l'autonomie à l'indépendance. Jean IT avait

compris qu’à laisser les choses s’accomplir, c'était

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