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délibération du 14 janvier 1662, le Conseil souverain cassa la délibération municipale. Quoique Catalans, les membres de cette cour avaient rendu un arrêt de complaisance, encore que l'accueil réservé par les habitants à Pinnovation ne fût point douteux. Ce monopole du sel, si universellement impopulaire, et la façon vexatoire dont 1l s’exerçait, ont soulevé partout des oppositions. À plus forte raison une nouvelle province devait-elle y être réfractaire. L'administration essaya de brusquer les . choses et procéda avec sévérité. Des troubles éclatèrent en Vallespir au mois de mai 1667; plusieurs employés des gabelles furent tués. Alors, la révolte s’étendit et il fallut envoyer des troupes contre les émeutiers, qui s'étaient baptisés eux-mêmes du nom de Angelets. | Les souvenirs de cette révolte n'étaient pas effacés lorsque en 1674 une sonspiration fut ourdie pour rendre le Roussillon à l'Espagne.
Le général espagnol. San Germa prit Bellegarde et s’avança entre Le Boulou et Céret. Mais Schomberg, avec 9.000 hommes, s'établit en mai-juin sous les murs de Perpignan, marcha sur les Espa- gnols, les mit en déroute et reprit Bellegarde. Le traité de Nimègue mit fin à la guerre dont cet épisode bref n’était qu'un contre-coup.
Cependant cette alerte rendait sensible l’importance stratégique de Perpignan. Si fortement qu'elles eussent été conçues, les fortifications de Philippe II étaient vieillies et appelaient une mise au point. Ce fut l’œuvre de Vauban.
Le grand ingénieur n’a pas, comme on l'a dit . quelquefois à tort, bâti les remparts de Perpignan;
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il a complété, modifié et modernisé les remparts de la ville espagnole. Le mémoire très clair que Vauban a adressé au roi, en 1679, et qui contient le devis de son projet, montre bien ce qu’il a respecté du passé et ce qu'il y a ajouté.
Avant tout il s’appliqua à renforcer le front est de la place. Deux grands ouvrages semi-circulaires — du type appelé demi-lune — furent élevés en avant de la porte de Canet, le bastion Saint-Jacques fut doublé. A l’entour du coude de Saint-Dominique, Vauban fit dresser le bastion de ce nom ainsi que le « mur de rempiètement » qui le joignit au bastion Saint-Jacques. Le bastion Saint-Jean est aussi inscrit au projet. C’est encore Vauban qui créa la « Ville neuve », en englobant le quartier des
. Blanqueries dans l'enceinte. En outre, il fit raser,
pour plus de sûreté, toutes les éminences qui avoisinaient la place, et notamment celles qui se trouvaient devant les portes d’Elne et de Canet. A la Citadelle, il conserva les constructions de Charles- Quint et de Philippe IT, maïs les couvrit de demilunes. Aïnsi enrichies et mises au courant des progrès de l’art, les fortifications de Perpignan furent le boulevard de la France sur les Pyrénées orientales. Collioure, Villefranche, Prats-de-Mollo, Fort-les-
Bains, Bellegarde, eurent de même leurs enceintes
améliorées par Vauban, qui, en revanche, construisit de toutes pie la forteresse de Montlouis, cette ville nouvelle, destinée à étre la capitale de
la Cerdagne française, en face de Puigcerda resté
à l'Espagne.
Les susceptibilités des Roussillonnais à l'endroit
de leurs privilèges ne mettaient pas un obstacle
. invincible à la « francisation » de la nouvelle pro- . vince. De fait, cette œuvre fut poursuivie par la mo-
narchie avec méthode : l'esprit français pénétra profondément, et, en somme facilement, dans le pays.
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