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rhomnic, et ne procède pas d'une révélation religieuse quelconque. En d'autres termes, rhommc se suffit pour tout, pour découvrir sa loi, sa fin, pour formuler son devoir dans toute son extension, pour l'exécuter, etc.
Il saute donc aux yeux que ce ne sera pas trop des efforts de tous pour réfuter une erreur aussi colossale, qui travaille notre époque, erreur qui consiste non-seulement à séculariser la morale, mais à la parquer en ce monde, à V humaniser^ à la faire reposer uniquement sur une base humaine. Disons-le et répétons-le : que peut-elle être, la morale, quand on proclame la souveraineté du moi, quand on déclare que l'homme est au-dessus de tout, et qu'il n'y a rien au-dessus de l'homme?
C'est qu'on doit bien peser les deux théories, les deux religions, les deux philosophies, les deux méthodes de l'humanité, à l'heure qu'il est. Il y va de la transformation du monde ou du bouleversement social le plus radical qui ait jamais effrayé l'univers. En effet, ou il est bon, ou il est mauvais que l'homme ait des appuis, des bases distinctes de sa pure personnalité dans l'ordre intellectuel, dans l'ordre de la vie intime, morale ; ou c'est un signe d'infériorité ou cela n'en est pas, de ne pas compter exclusivement sur notre propre lumière personnelle, de contrôler nos idées et notre conduite d'après d'autres idées étrangères à notre moi. Or, qu'est-ce qui est le bon dans tout cela? qu'est-ce qui est Tinfériorité? On voit bien ici se dessiner les doux doctrines qui partagent le
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dix neuvième siècle : le christianisme catholique d'une part, et d'autre part le principe de l'indépendance absolue avec ses libres penseurs à tous les degrés.
Eh bien, nous sommes persuadé que, dans ce qui nous divise, il y a un gigantesque malentendu ; nous croyons que les partisans sincères de l'indépendance de l'esprit humain ont de fausses idées sur la dignité intrinsèque de l'esprit; nous croyons qu'en reprochant au catholicisme d'instituer la méthode d'un . patronage, la méthode des amitiés, même en matière de convictions les plus personnelles, on s'est figuré découvrir un élément de reproche là où il faudrait voir au contraire un élément d'approbation, et constater des services qui appellent nos actions de grâces. Le catholicisme n'est point pour Visolement^ quant aux méthodes et aux procédés intellectuels et moraux de chacun.
Ainsi, quand on résume les prétentions et les dires de tout ce qui n'est pas catholique, on n'obtient en définitive que la *théorie suivante : « L'homme doit se suffire ; il ne doit rien recevoir du dehors ; il doit tout fabriquer de pied en cap, ses idées, sa philosophie, sa religion, sa morale, sa position, ses tradition, son industrie, son gagne-pain. Qu'il renonce à tout auxiliaire. Il faut son autonomie en tout : autonomie de vsa conscience, de sa conviction ; autonomie de ses croyances, de ses fatigues , de sa politique ! » Mais, formulée de la sorte, la méthode contemporaine qui voudrait se substituer à l'idée religieuse
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et au patronage de l'esprit individuel, nous parait marcher en sens inverse de l'histoire naturelle, du système général de l'univers ; elle nous paraît méconnaître fondamentalement les lois les plus élémentaires et les exigences les plus habituelles de la nature humaine.
A quiconque nous demanderait pourquoi le Royaumont ancien, pourquoi le Royaumont nouveau, pourquoi les oblats, nous avons une réponse péremptoirc : c'est la nécessité de voler au salut social. La manie de croire à notre suffisance, à notre omnipotence personnelle, devient désastreuse; elle répand sur le globe un voile épais d'erreur, qu'il ne faut point lîiisser grossir indéfiniment. Aujourd'hui tout missionnaire de l'Évangile ne sera plus qu'un apôtre chargé d'amoindrir la peste mortelle de Tinfa tua ti on du moi.
Dans l'ordre physique, la méthode de la force individuelle isolée n'est pas la loi de vie, puisque tout procède au contraire par voie d'emprunts continus : depuis la plante qui croît sous nos pieds, jusqu'aux nouveaux astres qui illuminent les espaces, tout se forme, vit et grandit par un travail d'assimilation, par des emprunts du dehors. La loi universelle de la nature proclame que chaque être, loin de vivre par lui-même et en lui-même, ne peut vivre que par les autres et par sa communion aux autres ; tout ce qui vil et respire, s'assimile par la nutrition les aliments du dehors ; les continents s'agrandissent par l'alluvion des sicVlos; de nouvelles étoiles
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se forment par des agglomérations de matière flottante.
N'aurait-on pas dû mieux étudier les données du monde théologique, qui a une admirable consonnance avec l'univers physique? Il y a un mot des livres sacrés qui proclame, pour la vie intime et morale de l'individu, la nécessité de sortir de l'isolement personnel et de recevoir du dehors le germe de l'existence etlestimulantde la vie morale, religieuse, intellectuelle : Fides ex audilUy c'est-à-dire la vitalité interne de l'homme, au sens élevé, vient de l'ouïe, par l'ouïe ou du dehors, La foi de l'Être fini, aux mystères de l'infini est un produit, non de l'intuition humaine, mais de l'initiative divine. La fatuité moderne veut ^que nous tirions tout de nous-mêmes, de notre spontanéité, de notre fond mortel ; elle refuse d'admettre qu'il y ait en nous autre chose que nous. Mais la doctrine religieuse soutient une assertion diamétralement contraire; elle affirme que la plupart des aliments de notre vie intellectuelle et morale nous viennent essentiellement du dehors ; elle prétend que quand nous prions, quand nous nous repentons d'un passé coupable et stérile, quand nous sentons le besoin d'adorer, d'implorer l'Éternel, de devenir meilleurs, ce n'est pas nous qui gémissons, prions, c'est l'esprit de Dieu qui travaille au dedans de nousmêmes et qui gémit avec des gémissements inénarrables, gemitibus inenarrabilibus. (S. Paul.)
N'y a-t-il pas urgence d'inoculer cette théologie de la modestie humaine aux nouvelles générations, et