‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 106 sur 288 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

la France obtint satisfaction, tous les prélats, abbés, députés français, Turent immédiatement déclarés libres di^ retourner chez eux'. Néanmoins, malgré l'efficacité des énergiques réclamations de saint Louis, Guillaume II, abbé de Ciairvaux n'était plus, il venait de mourir dans sa prison, ses compagnons ne rapportèrent à Ciairvaux qu'un cadavre. A la douleur de Royaumont et des autres monastères cisterciens se mêla une consolation. On raconte que lorsqu'on dépouilla le corps de Guillaume, abbé de Clairvaux, pour le laver, on le vit, dit-on, entouré d'une lumière miraculeuse. Son àme apparut toute resplendissante de gloire ù une sainte femme*.

Maisc'est à d'autres titres encore que la période d'action était arrivée pour saint Louis : comme aussi depuis l'année 1240 jusqu'il la mort de ce monarque, on aura l'occasion fie remarquer que ce fut peut-être le plus haut point de splendeur de l'abbaye. Ce que saint Louis était pour Itoyauinont, ce que Royaumont était pour saint Louis, allait apparaître avec plus d'éclat que jamais, dans les années npuvelles qui vont se dérouler. La carrière, les tendances morales, la manière d'être de Louis IX, s'expliquent dans une certaine mesure par l'influence d&RlancIic de Castille. Quelle mère était plus digne de laisser un reflet sur un porsonuayc polili'[ut;'.' M;t)s, iiprùs Khinclif de Castille, l'Iii^Iuiru doit signiiler l'influence de la nouvelle abbaye bernardine des bords de l'Oise. Cri'^e par Louis IX, il fut donné à l'abliaye de Royauirionl de recréer sans cesse l'ùnio de son fondateur. Le jeune prince et l'abbaye avaient gruudi cnscuible ; comme leur adolcs-

' Voir^ur wl <'■-■'-■'-'•• .ri'i i^iiv vvir.i, v-\:-\^ p. 7Q7<. de, (Jrâgpr. IX papte épist.; ilp i i .' 'i''^ papet el de> enpeteiirn

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D. Villani, tsloi:. : .' , j, liai, terifil-. t. XlIT, p. ":

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' Étude» tur les alibayet riilercennet , piir 11, plAtlKiis ds Juljnlm'il!i.', p. 180.

i86 HISTOIRE DE ROYAUMONT.

cence s*élait mêlée, leur maturité respeclive s^entr'aida. Un grand désir d'améliorer la France, sous le rapport matériel et moral, le ferme dessein d^imprimer à son gouvernement un caractère d'équité, de respect des droits, d'amour de la justice et du bien public, le besoin d'illustrer la nation, de la moraliser et de réaliser un idéal de royauté qui fût le triomphe des principes d'intérêt public, voilà le but que saint Louis se traça lui-même, et vers lequel il marcha avec une volonté imperturbable et sage, avec une rigidité de conscience que rien ne put altérer. Mais il fallait compter avec la féodalité, dont les opiniâtres résistances et les ombrages absurdes ralentirent la formation complète de la nationalité française. Lorsqu'on est jeune et qu'on est prince, à la tète d'une nation naturellement belliqueuse, il semble qu'on doii^e tenter les aventures militaires. Louis IX ne rechercha pas systématiquement la guerre ; mais, de l'âge de vingt-cinq à quarante ans, il ne put déposer l'épée. Il s'agissait, en 1242, d'empêcher le morcellement territorial de la France ; de là, la campagne de Guicnne. On connaît les causes de cette campagne qui s'ouvrit au printemps de 1242. Le comte Alphonse, frère du roi, venait de recevoir l'investiture du comté de Poitiers. Tous les vassaux de ce comté furent sommés de se rendre en Anjou, pour prêter au prince hommage-lige et féauté. Le comte de la Marche, Hugues de Lusignan, dont le manoir féodal était enclavé dans cette suzeraineté, excité par sa femme, l'altière Isabelle d'Angouléme', refusa l'hommage, voulant on prétexte pour prendre les armes et recommencer ces luttes et ces coalitions féodales qui avaient si mal réussi, au commencement du règne, au comte de Bretagne et aux autres grands vassaux.

Une nouvelle levée de boucliers se préparait, mais celte

' Qui se faisait appeler encore la reine d'Angîclcrre.

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