LIVRE TROISIÈME
fois, sur une grande échelle. Yint-il à Tidée des habitants d'Asnières d'imaginer que le jeune prince utilisait ses fréquents séjours au château royal de leur ville, pour penser de stratégie et de tactique militaire? Cela eût pu être. Les sièges de villes, de châteaux et de places fortes ont été la grande affaire des guerres du moyen Age. La forteresse d'Asnières eut des assauts à soutenir de la part des Normands, et il était digne d un prince grave, studieux, comme saint Louis, d'étudier le passé militaire du château qu'il habitait, au point de vue de son utilité personnelle de chef d'armée et pour les éventualités qui pouvaient s'offrir. La forteresse d'Asnières comprenait le terrain situé entre les rues actuelles de VÊglise*^^ des Auges ^ et du Ca-Rouge*. Si Ton n'a pas le dessin détaillé du château, le plan cadastral de 1742 ^ donne la configuration physique du château royal et du parc, nommés tour à tour château ei jardin royal de saint Louis ^ ou château de la reine Blanche. Le parc et le château forment, par leur ensemble, un cône renversé, dont la pointe ou le sommet touchait par le parc presque à l'église paroissiale, et dont le château était la base. La forme du château fort était un fer à cheval oblong. Le donjon constituait l'entrée du fer à cheval et la façade principale; la porte était flanquée de deux grosses tours dont l'une subsiste encore imparfaitement ' ; il fallait franchir cfe larges fossés remplis d'eau ' avant de
* C'était la borne à l'est.
* C'était la borne au nord-ouest ; là élait la façade du château royal.
' Ce côté était au sud, il y avait au nord comme borne la pointe qui a été appellée depuis le fief delà victoire de. Sentis.
*Ce plan cadastral, retrouvé et restauré par H. Charles van der Mersh, comme on l'a dit ailleurs, a été offert à la commune d'Asniéres conmie un don patriotique.
*Dan8 le chftteau actuel, cette tour a perdu son caractère primitif.
* Asnières-sur-Oise a de belles sources d'eau vive et fort abondantes; notamment celle appelée </ii Croc, dont une partie traverse aujourd'hui le jardin du vieux château royal de saint Louis et dont l'eau revient à la oommune, h Valfreuvoir. Le reste arrive par des tuyaux aux bornes-fontaines de la localité. La fontaine du Gourdeaux est aujourd'hui enclavée dans le parc du château de Touteville. — Celle des Gondratu est enclavée
pénétrer dans l'intérieur. Quand les hommes du Nord el plus tard d*autres belligérants vinrent attaquer le château d'Asnières, ils arrivaient par le Port-aux-Âng^ait^ rive gauche de TOise, emplacement favorable où la cavalerie et rinfanterie pouvaient descendre aisément. Mais le château d*Asnières était construit de façon à résister par sa position redoutable. Au sud, où le terrain se redresse et commence la montagne, on avait avisé à la protection du château par ce qu'on appelle la butte ou hmotU du Parc*, autre petite forteresse détachée, sur la hauteur de la forêt de Gamelle. L'enceinte du château était liërissée, d'après le plan de 1742, de neuf tours semi-circalaircs qui défendaient les fossés, protégeaient les magasins, soutenaient les murs et donnaient le moyen de prendre en flanc les assaillants. Ces tours étaient complètement verticales, s'il faut en juger par celle qui subsrsle encore tout entière^; les travaux modernes faits au haut de cette tour n'ont pas laissé de vestiges des balcons ou mâchicoulis, qui formaient un système de défenst* continu dans les forteresses et permettaient dclancer,pir les espaces vides, sur les assaillants, des pierres, des pou* très, et les autres projectiles alors en usage \ La courtine,
dans le parc de la Corner te ; une autre est dans l'enclos de l'ancieii h^td seigneurial d'Asniëres, propriété actuelle de M. Auguste Chevallier, memfciv du Corps législatif. 11 y avait surtout une fontaine dont on probUii naturellement pour remplir les fossés; elle était, et elle est toujours devant le château d'Asniéres; elle en alimente la pièce d'eau.
^ n y a 2 kilomètres du chàicau d'Asniéres, à la rivière de rOise<^ au Pori-aux- Anglais,
*0n élevait quelquefo's, à côté des châteaux forts en rase caropagiK.d^ buttes factices; elle était ici naturelle. On voit encore ses débris.
'Cette tour n'a pas été entamée parle temps; elle est construite «tci une pierre solide.
^Walter Scott raconte que, dans un siège féodal, la châtelaine jeti U soiipo bouillante sur 1rs chevaliers assaillants. On ignore si jamais à A^niéres aucune châtelaine a agi de même, liais on sait qu'un jour i ^àcennes on drs frères de saint Louis, Robert d'Artois, ayant dès m adolescence de la répulsion pour Thibaut, comte de Champagne àcausf de» bruits calomnieux répandus alors), laissa tomber exprès une omelette tiHiU chaude sur la tétcde 1 hibaut, dont celui-ci lut littéralement coiffé, et lui UiV au visage t un fromage mou, cnficelé : » espièglerie qui passait toute borae