‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 112 sur 288 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

certitude historique de l'influence alternative et mutuelle des vertus primitives du cloître et des vertus du saint roi. Les abbés qui furent à la tête du monastère de Royaumont, pendant la durée du règne de saint Louis, furent, à parler littéralement, les amis du monarque. On compte par ordre de date : 1" Bartholomée, premier abbé régulier de Royaumont, dès Tan 1228 ou 1229 ^ 2" Nivelon, second abbé ; Bartholomée avait gouverné très-peu de temps le monastère; 3° Robert I" succéda à Nivelon; il se démit de sa charge d'abbé longtemps avant sa mort * ; i'* Ives, ou Ivoh, fut le quatrième abbé, jusques en Tannée 1247 * ; 5"* Réginald lui succéda en 4247 * ; 6"* on voit, jusques en 1256, l'abbaye gouvernée par Adam*, ou frère Adam -de Sainl-Leu, comme le désigne le biographe de Marguerite de Provence ; 7° entin Robert II, septième abbé de Royaumont, en 1258, fut pendant plus de vingt ans à la tète de labbaye ; c'est lui que plus tard saint Louis devait désigner comme son exécuteur testamentaire.

Quant au développement temporel et territorial de Royaumont, il se poursuivait toujours et empruntait quelquefois des circonstances un plus rapide accroissement. Dès le principe, saint Louis avait ajouté aux acquisitions premières différents privilèges et différentes franchises qui avaient une souveraine importance dans le système des propriétés au treizième siècle. Déjà, en Tannée même de la fondation de Royaumont, en 1228, en donnant la

< Nous suivons ici la GalUa christiana^ et le Cartulaire de Royaumont.

* On* voyait son tombeau à l'entrée du cloître avec cette épilaphe :

Hic jacet Dommts Robertus , quondam abbas Regalis-Montû, qui ante obitwn suum reliquit officium abbaiis.

'11 fut abbé jusqu'en 1247, et mourut en 1273 ; son épitaphc à l'entrée du cloître était semblable à la précédente :

Hic jacet Ivo, quondam Abbas Regalis-Montis, qui ante obitum suum réiiquit officium abbatis, anno 1247.

* Il fut en rapport avec les magistrats de Villiers, pour des acquisitions de terres.

* D'après l'épitaphe qui était au cloître, Alam quittait la charge d'abbé en 1256.

charte de fondation de Tabbaye, le jeune roi s'était empressé de confirmer la charte de franchise accordée par son père Louis Vliï à la commune d'Asnières^ur4)isc ; mais il avait eu soin, en même temps, d'ajouter dans ces lettres de confirmation, quelques clauses en faveur de Tabbaye de Royaumont, relatives soit au moulin de Cnymont ou de Royaumont, soit aux prairies de RoyaumoQi, pour lesquelles les habitants d'Asnières avaient des redevances, etc. *.

Saint Louis exempta l'abbaye de Royaumont en 1251 de

* NoTerint uniYersi présentes pariteik et futari, quod cartam chre memorie Ludoyici genitoris Doetri régis quondara Franc, illuslris inspeiimus sob 'bac forma.

In nomine, etc. (saint Louis reproduit en entier, el mot à mot, U chute de commune donnée par Louis VHI aux habitants d'Âsniëres, et à U fin ti ajoute lui-môme les dispositions qui suivent :]

Quia veroAbbatie Regalis Nontis que dicebatur Cuimont CistercieDS ordinis, quam ob remedium anime patris nostri clare memorie LudoTÎciquondam Régis Franc, illustrts fundari fecimus de bonis ejusdem patris nostri molendina dicta de Guymont cum blado et banneria conoessimus, salTOtamen hominibus hujus franchisie, quod ad ipsa molendina biisdem posseot consuetudinibus molere quibus temporibus Matbei et Jobannis, quoodiœ comitum Belli-M ontis, solebant ad ea molere ; et quoniam usagiam quod habebant ad Rosellum eis subtraximus, atque herbam \iTarii et alneti et pratorum et pasturagia predictorum, que omnia predicte dedimus Abbitie Nos in repensationem istorum omnium, de iupradicia firma annua duoefitanim et viginti librarum, ccntum et deccm libras relaxavîmus hominibas supradictis, et de nostris denariis ducentas libras parisienses fecimus ïbsuper eis dari. lUis etiam qui in loco diclo de Cuimont prata paasidebiit in domanio, septuaginta solidos pro uno quoque arpento dari fecimus; ^ prata in usus et proprietatem jam dicte convertimus abbatie. Dicti aotffQ homines de Asnieriis omnia que ad sedem sepedicte abbatie pcrtiant. cum omnibus que per prescntem paginam a supradicta carta subtraheDJi duiimus, e dicto monasterio cessimus, ipsius abbatie monachis et eonui successoribus libère in perpetuum quitaverunt; ita etiam quod fraiit^ ejusdem abbatie animalia sua tam grossa quam minuta in ooonnuDis Tille pasturagia libère et sine conlradictione mittere poterunt skut et b^ mines communie memorate; et sciendum quod sepedicti fratres, feodi '* elemosinas de jam dictis niolendinis débita que reddebant predicti boaiirf> de cetero solvere tenebuntur iliis quibus eadem feoda et elemosine vA(* reddebantur. Que omnia ut perpétue stabilitatis obtineant finnitatoB. presentcm paginam sigilli nosih auctoritate et regii nominis karact/tf infcrius annotato confirmamus.

Aclum apud Sanctum Gcrmanum in Laia, aiino Dominice IncamaïK^r^ II* ce* XXVin*, mense aprili, regni tero nostri anno secundo, asunnl'^ in Palatio quorum nomina supposita sunt et signa : Dapifero nuUo. n-

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