LIVRE QUATRIÈME
La crmsade de 1248. — Acie royal daté du carap de Damietle en TnTeur de l'abbaye de Royaumont. — Le clillcau d'Asnières-sur-Oise et son parc assignés en douaire à Hai'guerîttt de Provence. — les religieusi^s de Bnran. — DiCTërents séjours de saint Louis i Royaumont après 1354; — G^ rËmoDLc de la Prononciation à RoyauDionl en déûGuibre de la mËme ann^. — SainI Louis dans Tf^glise de Royaumont, la nuit de la teille de Saint- Michel. — La chambre de saint Louis retrouiée; eiislant encore, — Les titres de l'abbave de Royaumont devant l'Iiisloire. — Fusioa du saint roi avec l'abbaye. — Comment Royaumont explique le caractère et la popularité de saint Louis. — Cilébriié de la taerittiÉ de Royaumont, tbéï^e discret de la piétt du monarque. — Le lien, en ce grand homme, entre l'homme publicet l'homme privé.— Ordonnance de l'abbé de Ctleaux pour qu'on disiribuSI des aumûnes tous les jours, à Royaumont. — Baronniedc Roupi, pris Saint-Quentin, donnée par saint Louis à l'abbaye.— Beau trait de charité de saint Louis \ l'hôpital de Royaumont. — Ses soins' pour le Trère Léger, lépreux, — Nouvel aspect deTabbaye de Royaumont. — Centre de lumière. — Mouvement scientirique des maisons cisterciennes an milieu du Irciiième siècle. — Antiquité du bourg de Boran. — Vincent de Bea uv a îs, originaire de Boran. — Vincent de Beauvais, lenteur du roi, professeurde théologie è Royaumont. — Description de la SalU au dtapilfe i Royaumont. — Saint Louts s'assied sur de la paille, pour écouter les conférences de la salle capilulaire. — L'encyclopédie du treilîème siècle ou le Spéculum majut de Vincent de Ueautais. — Ce que ce monument littéraire a de commun avec Royaumont. — Agrandissement territorial de Royaumont par les donations des laïques. — Personnages d'Asnières, de Viennes, Koisy, etc. au treiiième siècle, — Donation d'un corps de bfllimenl faite par André de Tarente aui messieurs de Royaumont, pour fonder une maison d'études.
On ne voudrait pas trop s'écarter de la ligne où l'histoire se tient exclusivement dans les affaires de l'abbaye de Royaumont ; mais il est impossible de raconter l'époque de splendeur de cette ablj:iyi! $aiis ronconlrer invariablement saint Louis, à cau-^o ilo lenchevêtremwl dea deux individualités, l'une personnelle, !'!>■-•" La joie avait été grande à Asnièrcs et
moment des événements de 1242 et de 1243 ; celte joie y fut égalée par la tristesse de 1 244, lorsque Louis IX tomba malade au châleau de Pontoise, qu'il aimait parce qu'il y avait souffert avec Marguerite de Provence *. Bientôt la France apprit que la croisade, ou l'expédition en terre sainte, était décidée comme un suprême vœu du royal malade rendu à la vie. On n'a pas dit que les abbés qui furent placés à la tète de Royaumont pendant le treizième siècle aient inspiré l'idée de la croisade ; ces abbés laissèrent peu de traces dans l'histoire, comme s ils eussent dédaigné le vain bavardage de la postérité ; leurs noms seuls sont venus jusqu'à nous, pendant que' les di\ers incidents qui marquèrent leur destinée, leur manière d'être, leur vertu, leur physionomie morale, sont demeurés sous un voile obscur ; qui donc s'occupait, dans les manoirs de Taristocratie et dans les cercles populaires, de Bartholomée, de Nivelon, d'Ivon, de Robert, d'Adam de Saint-Leu? Ces abbés ne sollicitaient pas le bruit ni ces réputations voyantes et tapageuses qu'on cherche dans une célébrité de reflet, quand on ne la peut conquérir directement; ne voulant que Toubli pour eux-mêmes* véritables stoïciens de l'Évangile, ils demandaient pour Dieu l'extension de l'idéal chrétien parmi les hommes. Ce n'est aussi ni Blanche de Castille, ni Marguerite de Provence qui eurent l'initiative de l'idée de la croisade, puisqu'elles protestèrent énergiquement contre, et, si ce n'est pas la cour qui donna l'éveil à une semblable idée, il en est qui ne sont pas éloignés de penser que le germe de cette idée serait éclos dans les solitudes, et que les origines ne seraient pas éloignées du bord de l'Oise. Cette campagne d'Orient donna lieu à une série d'étonnements auxquels peut-être l'historien de Royaumont pournil apporter quelque éclaircissement.
On ne doit pas oublier que Louis IX était populaire surtout à Asnières, à cause de ses continuelles appan-