LIVRE QUATRIËHE
(ions' au manoir roja). La cour de France tenait a cette résidence d'Asnières ; saint Louis, pour donner un témoignage de tendresse à la reine Marguerite de Provence, lui assignait, entre autres domaines, m Asnières, son parc et « les autres appartenances '. » Les autres rois de France n'attachèrent pas moins d'importance au même manoir d'Asnières * ; une chapelle était instituée dans ce château, du litre de Sainte-Anne*. Cependant saint Louis allait s'éloigner de son cher pays d'Asnières et de Royaumont. La croisade, décidée en 1 244 et commencée en 1248, est un des grands événements de ce règrie ; mais un des premiers ëtonnementsde l'histoire provient de l'^/a» communiqué par le jeune roi à la France et à l'Europe. Il s'agis-
t ' Le bon rny qui demouraii souient en cîenne maiion royale... > Confesseur de \
noi. p. 33t. .
'Dans une chirle de saint Louis de juin 12G0, relalkc au doupire de Mnrguerile sa femme, il lui assig-ne cnlre autres domaines • Asnières, 0 le parc, et 0 plus les autres appartenances. > {J. WS, pièce 3, aux Archives impériale». Voyei Douet d'Arcq, le Comté de Beaumonl.]
' Les religieuses de Boran étaient pauvres i la lin du Ireiii^me siècle; Philippe le Bsl ayant appris leur indii-encc, mH de compassion, leur oc- Iroya par une charte datée de NeufcliStel en Bray, novembre 1298, la dlme du pain et du vin qui se consommeraient à l'avenir dans son château d'Aïnières, lorsque lui, sa femme, son lièritier,etaprèseui, ses successeurs y feraienl quelque séjour, (ftam Grenier, Haniu., vol. cicï — Ami., par M. Graves.]
Philippe de ValoU, par des lettres données it Paris au mois d'aTril 1339, avant Pâques, abandonne i l'abhaye de Royaumont tout ce qu'il avait à Aanièrcs, o excepte noire manoir, parc et toresl et la souveraineté et ressort, > moyenant cent quarante neuf livres sii sous dii deniers maille parisis, payables au recevetir du roi i Senlis. (Arcliivei impériale*, carton K, 43, )Mèce 10 )
Il est souvent questioD du parc royal d'Asnières dans les litres; la prisée de l'an 1375 parle de son mauvais entretien ; on y lit : It llem, le pasnago ou paiston du pareil d'Asnières prisic pour ce qu'il n'y a aucunes bestes
encloses, car le parc est tout d<^rompu en grant {riante de Ueui,
[Arehive* imji.'rhtl ï. iv;! iiv '\i\-V :■'•'' KK, .1110, intitulé : PritUe el altiette det c-i'i ■■ U(jr; pour ii' doiisne ilc Ij
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sait de persuader la croisade, lorsque la foi aux croisades était bien diminuée, et après tant de désastres arrivés aux croisés en terre sainte dans les expéditions antérieures. Que saint Louis se soit ému à la nouvelle du triste état de la chrétienté dans l'Orient et au nord de TEurope , que les succès toujours croissants des Tartares lui aient fait un de ces chagrins qui décident à tenter un remède ; qu'il n'ait pu apprendre de sang-froid qu'on exterminait les chrétiens de Syrie et de terre sainte; cela se conçoit. Ce qui ne paraissait pas d'une facilité extrême, c'était de réveiller les populations, devenues indifférentes à lendroit de ces expéditions périlleuses, qui n'avaient amené que la ruine et la désolation dans les familles de l'Occident. Des troubadours italiens et provençaux, écho d'une certaine opinion, frondaient avec hardiesse ces aventureuses expéditions. 11 n'en fut pas ainsi de la croisade de 1248. Saint Louis ayant décidé les campagnes dË^pte et de Palestine, la plupart des seigneurs français se croisèrent comme le roi ; les barons et les chevaliers s'équipèrent, s'approvisionnèrent d armes et de vivres ; les masses populaires se joignirent aux chevaliers ; on partit pour la terre sainte. Plus il paraissait difficile de rendre aux croisades leur popularité, plus Tétonnement de l'histoire est grand en découvrant que la répugnance nationale à l'endroit de ces guerres lointaines et périlleuses ait pu être vaincue^et changée en une sorte d'élan ; la plupart des poèmes de l'époque félicitent le saint roi de son entreprise, et Ton n'en peut trouver la raison immédiate que dans le respect qu'on portait au vainqueur de Taillebourg. Heureux les princes dont la popularité se résout dans la vénération et dans la piété nationales ! C'est que tout, au dehors, trahissait déjà le plan, que le fondateur de Royaumont avait conçu dans sa grande âme, de ne vivre que pour travailler sérieusement aux améliorations et au bonheur de la France ; il avait fait dresser des