‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 13 sur 288 · IX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IX INTRODUCTION

vers laquelle il fallait aspirer. Être rappelé au devoir de se montrer de plus en plus capable de la vie politique et de la liberté civile, être rannené à ces idées en voyant renaître une abbaye, être contraint de se souvenir que les individus doivent s'arracher à l'isolement qui les énerve, qu'ils doivent devenir assez instruits et assez amis des intérêts du pays pour savoir s'administrer eux-mêmes, ce fait seul, annexé à l'existence historique de la vieille abbaye bernardine, justifierait amplement la réapparition du vieux Royaumont. L'homme, le citoyen, ne doit pas se contenter en ce monde d'être un simple administré. Un être vivant a plus que de la passivité à déployer parmi ses semblables.

L'organisation administrative et municipale d'une abbaye, qui se suffit à elle-même, et qui puise dans son sein les ressources de sa vie et de son développement, devait à la longue conseiller aux masses modernes de se rapprocher dans un contact qui éveillât les bons sentiments et comprimât les bas instincts. Le modeste habitant de la commune commence par s'émouvoir des intérêts au milieu desquels il vit, et qu'il touche du doigt; et, peu à peu, ces honorables élus delà cité ou du bourg, conseillers municipaux, « après s'être appris à administrer eux-mêmes leurs communes et leurs départements, s'apprendront bien vite à revendiquer dans le gouvernement la part d'action légitime qui leur est duo ; on aura des citoyens ; el la liberté politique sortie do la liberté municipale, trouvera dans ce berceau non-

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veau qu'il faut lui donner, tout n la fois un fondement solide et un contre-poids. »(Guizot, du Régime municipal dans F empire romxiin. — ^^ Bêcha rd, Droit municipal dans ^antiquité. — Paul Andral, Réflexions sur la centralisalion,)

On verra reparaître dans le cours de celte Histoire de Royaumonty ces antiques querelles de dignité et de préséance, entre les évoques et les abbés com-. mendataires. Si Ton va au fond de ces controverses ecclésiastiques, on verra qu'elles portaient en germe les questions actuelles dé centralisation administrative et politique. Les monastères prétendaient, avec leurs éternels droits d'exemption, vis-à-vis des supérieurs diocésains, résoudre le problème de ne pas affaiblir l'autorité centrale et suprême, et toutefois de garder l'autonomie locale, avec la faculté de gérer soi-même les intérêts de là contréje.

Une thèse imprimée en 1608, du sieur Sébastien llovillard (de Melun) avocat au parlement, traitait, avec grand renfort de textes empruntés au droit canonique et aux Pères de rÉglise, la question de savoir si les abbés avaient hiérarchiquement le pas sur les évêques. Cet ordre de considérations nous, semblerait aujourd'hui puéril; toutefois, ne nous dissimulons pas que ces antiques avocals des thèses monastiques au moyen âge, étaient les précurseurs de nos réformateurs politiques et populaires. Vouloir placer à côté de l'autorité générale qui doit dominer une nation, des représentants actifs et indigènes des intérêts des communes, peut passer comme

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idée pour avoir été entée sur les préoccupations des monastères eux-mêmes. Lorsque Tabbaye de Saint- Germain des Près, celle de Royaumont, celle de Saint-Médard deSoissons, celle de Lagny-sur-Marnc, (Latiniacensis monaslerii) affirmaient leur autonomie, leur individualité, en face des évoques de Paris, de Soissons ou de Beauvais, c'était un rudiment d'émancipation de la province et de la commune, c'était un essai, sous une forme spéciale, de l'esprit municipal et de la vie des provinces qui commençait à poindre; c'était la prophétie de ce mouvement, par lequel les populations devaient passer du sommeil à l'indépendance, et demander à n'être point tenues de recourir à tout instant et pour toute affaire au pouvoir central, comme « pour creuser un puits, ouvrir une mine, élever une usine. » U va sans dire qu'on n'entend point trancher ici la grave question de savoir si l'on doit développer les institutions départementales plutôt que d'étendre les libertés communales. Ce n'est point dans la compétence de cet ouvrage de discuter l'opinion de quelques publicistes, bons esprits d'ailleurs, qui pensent que la décentralisation ne pourrait avoir lieu utilement au profit des communes. Il est bien évident qu'avant de décentraliser, il faut apprendre au peuple ce que c'est que la liberté et comment on s'en sert. Mais, précisément, c'est l'expérience qui semble se faire depuis plusieurs années; les citoyens les plus étrangers à la vie publique semblent entrer de plus eu plus dans le sentiment des intérêts généraux, et s'i-

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nitier aux devoirs de l'administra lion et de la responsabilité.

Aparler antiquités, ne trouverait-on pas des moines à Torigine de nos communes naissantes? Quand il fallut se défendre, au sein de la tyrannie féodale, contre les vexations et les empiétements de certains seigneurs, il se forma une solidarité d'intérêts entre les habitants d'une même ville, solidarité pour se défendre contre un commun ennemi, de laquelle naquit la commune. Le clergé et les moines ne furent pas étrangers au mouvement communal ; on se souvient des chartes d'affranchissement accordées parles évêques de Laon, de Reiras et d'Amiens, qui étaient seigneurs temporels. Plus d'une abbaye cistercienne, comme celle de Morimond, seconda ce mouvement des communes; ainsi, dans l'organisation des monastères, il faudrait voir un élément sympathique aux communes anciennes et à la commune nouvelle. L'unité religieuse, dit l'abbé Dubois, enfanta l'unité paroissiale, et celle-ci l'uni técommunare,d'où découla progressivement toute la civilisation européenne. Le village refléta le cloître, l'administration civile fut organisée sur le modèle de l'administration conventuelle. Le procureur, le maïeur, le syndic, représentèrent l'abbé, et les anciens, appelés à donner leurs avis dans les délibérations, les vieillards du monastère qui aidaient l'abbé de leurs conseils.

Telles sont les considérations générales dont il a semblé utile de faire précéder YHistoire de Royaumont. Il nous reste maintenant à entrer dans quel-

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ques particularités, relatives aux personnes ou aux choses, mieux placées ici que dans le cours de l'ouvrage, à donner quelques explications complémentaires, soit sur les gravures* et les dessins qui accompagnent le texte, soit sur les ruines mystérieuses de l'abbave de Comelles, situées entre Chantilly et Mpntmélian, à 2 kilomètres du bourg d'Orrytla-Ville, et qui auraient, d'après une opinion, quelque relation historique avec Royaumont, dont elles sont éloignées de 10 kilonrètres.

Et pour commencer par les personnes, on constatera dans le cours de cet ouvrage, qu'il était dans les destinées de cette Histoire de Royaumont de s'ouvrir et de se fermer par deux personnages, à la fois dissemblables et ressemblants. Royaumont finit par M. l'abbé de Rallivières. Ou'est-ce que M. deBallivières? On verra que c'étaitpar certains endroits un vrai gentilhomme campagnard usant de tous les privilèges du grand air, du bon appétit, de la bonne humeur, de la chasse et de l'équitation. Peu s'en faut qu'on ne retrouve en lui un de ces tj'pes d'hommes dépeints par un de nos académiciens, par M. Jules Sandeau, qui sont heureux de virre^ et qui ne connaissent d'antre gloire que de vivre, d'après ce mot qu'un critique met sur les lèvres d'un Père de l'Église : a La vie, c'est la gloire. » Tout au contraire, Royaumont avait commencé dans le treizième siècle par un de ces hojunies qui s'occupent peu du grand air, et sciubliMit plutôt des esprits que des corps, un de ces hoinnies qui eurent à un haut degré la confiance de

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saint Louis, dont la haute régularité et le zèle pour le bien excitèrent Tadmiration du treizième siècle, et qui fut un des hôtes les plus attachés et un des prélats les plus assidus à visiter Royaumont; c'est l'archevêque de Rouen, Eudes ou Odon Rigault.

Ce sont là des dissemblances, mais on raconte que Tarchevêque de Rouen, ayant désiré pour lui et ses successeurs une résidence d'été, finit par obtenir de Louis IX le château fort de Gaillon, résidence féodale qu'on trouvait, en descendant la Seine de Paris à Rouen, peu après Vernon, assise à mi-côte, au milieu d'un vaste amphithéâtre de vignes et de prairies, que couronnait une ceinture de bois.

Est-ce que cette résidence avait réveillé les goûts do propriétaire en M. l'abbé de Ballivières, originaire de la Normandie? Avait-il rêve de Georges d'Amboise, de Charles de Bourbon, de François de Harlay, de Harlay de Champvallon, de Nicolas Colbert, de Dominique de la Rochefoucauld, anciens châtelains de Gaillon en qualité d'archevêques de Rouen? Avaitil cru entendre l'éclatante fanfare du cor, lorsque les prélats venaient échanger leur litière dorée contre un cheval de chasse? Toujours est-il qu'à la fin du dix-huitième siècle, l'abbé de Ballivières fut tenté de créer de la splendeur à Royaumont. Mais la particularité qu'on doit signaler dans les similitudes étranges entre M. de Ballivières et messire Odon Rigault, c'est leur commun désir d'une habitation de campagne, semblable à celle de tous les châtelains féodaux; c'est en même temps la commu-

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nauté du dénoûment où les conduisit leur désir identique d'une brillante résidence. Odon Rigault, rhôte de Royaumontau treizième siècle, avait désiré vivement, s'il faut en croire des récits qui nous paraissent exagérés, cette demeure princière de Gaillon, et il mourut en l'obtenant; Tabbé de Ballivières achevait son palais florentin de Royaumont, quand sonna l'heure de T émigration après 1789, et qu'il s'expatria volontairement, quand en un mot il raohrut a la France. Un jour du printemps de 1274, Odon Rigault prend possession solennellement du château de Gaillon, et le lendemain, dit-on, lorsque les valets se présentèrent dans la chambre du prélat, ils n'y trouvèrent qu'un cadavre; en 1790, les ouvriers avaient terminé le palais florentin de Royaumont, mais M. de Ballivières était passé de l'autre côté du Rhin, pour ne plus revoir la terre française.

Les princes de la maison de Lorraine sont mêlés pendant un temps assez considérable à l'histoire de l'abbaye de Royaumont; l'on n'ignore pas que celle illustre maison flgure par une de ses branches dans les affaires dcFrance, jusqu'au moment de la révolution ; et que c'est de cette maison que descend, a la vinglscptième ou vingt-huitième génération, l'empereur actuel d'Autriche. La branche aînée de la maison de Lorraine portait. la couronne impériale depuis le mariage de Marie-Thérèse avec le duc François. Quelques cadets étaient restés en France commedes rejetons du vieux chêne lorrain, tels que mademoiselle de Guise, le prince de Vaudemont, le comte de

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Marsan et le prince de Lambesc, colonel-propriétaire du Royal-Allemand.

M. de Ballivières, abbédeRovaumont avant la révolution, voyait à la cour ce Charles-Eugène de Lorraine, comte de Brionne, duc d'Elbeuf, prince de Lambesc, Tun des derniers rejetons de la branche d'Harcourt-Lorraine. M. de Lambesc était parent de la reine Marie-Antoinette et de la même tige que les I/orraine qui furent abbés de Royaumont. Il avait succédé en 1761 à la charge, héréditaire dans la famille, de grand écuyer de France; il était brigadier de dragons en 1781. Il y eut du tragique et du burlesque dans son caractère et dans sa destinée. On raconte qu'il était un philanthrophe admirable, et il en donna la preuve dans un voyage. En traversant l'ancien village de Poix, en Boulonnais, il avise une chaumière embrasée, descend de voiture et se précipite à travers les feux et la fumée ; il en arrache une bonne vieille paralytique dont les vêtements étaient tout en flammes; il la jette au milieu d'une mare où barbotlaient des canards, et il la noie {Souvenirs de madame de Créqny) . C'était aussi un brave officier, très-distingué sur les champs de bataille ; et lorsque Necker fut exilé, à Tépoque de la prise de la Bastille, comme il s'ensuivit une grande fermentation dans Paris, le roi avait confié à M. de Lambesc le pouvoir militaire ; et c'est pourquoi il avait réuni les escadrons du Foval-AUemand à la place Louis XV, pour protéger la statue du roi, dont ou brisait la grille. Le peuple avait fait fermer les

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spectacles; rémeute grondait; le prince de Lambesc reçut ordre de réprimer l'émeute et d'entrer au jardin des Tuileries. Il dispersa le rassemblement avec fermeté et modération; à la première charge du Hoyal-Aliemand, la foule s'enfuit par toutes les issues, un seul homme aurait été blessé. Mais s'il fallait en croire un écrit de 1790, qui semble un pamphlet, le prince de Lambesc aurait été cause d'un massacre du peuple; il aurait fait tirer sur les citoyens qui se promenaient, et aurait fendu le ventre avec son sabre à un vieux médecin.

Les amateurs de grandes figures en trouveront dans les annales de Royaumont. La seule personnalité de saint Louis devrait dispenser d'en, nommer d'autre; c'est en effet ce sublime visage qui apparaît rayonnant au-dessus de Rovaumont, d'une manière permanente; cependant, à côté de cette individualité, d'autres pourront être remarquées. On n'a pas eu toujours assez de documents pour faire poser longuement les personnages : toutefois, Royauraionl a possédé des hommes de foi, de sainteté et de science. Sans nous arrêter à Vincent de Beau vais, qui a une large place dans l'histoire de Royaunionl, citons cet humble abbé du quinzième siècle, Gilles Jl de Roye. On voit que Royaumont eut des lettrés et des docteurs, même à cette époque si ingrate. La Gallia chrUliana rappelle que Gilles de Roye enseigna lossciencesàParis,au collège cistercien, pendant dixneuf ans, avec une distinction qui lit du bruit liVtwm laïute profensia est annis XIX; s'élanl retiré au moiias-

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tère (les Dunes en Flandre, en quillanl Royaunionl en 1458, il entreprit de résumer, dans des proportions abordables, le Chronicon de Jean Brandon, qui allait depuis le commencement du monde jusqu'à Tannée 1414; mais, après avoir abrégé les périodes anciennes, il continua ce Chronicon^ en y ajoutant le récit de la période des cinquante dernières années, de 1414 à Tannée 1463. (Voy. Charles de Visch, cité par la Gallia christiana, t. IX, p. 845.) Toutefois, les mémoires ne nous ont pas laiSsé ignorer un détail précieux. Pendant les dix-huit années que Gilles de Roye passa au monastère des Dunes, avec sa réputation de savant, on était édifié et émerveillé de sa rare humilité, de cette humilité vraie, qui ne consiste ni 'en affectation ni en retour indirect sur soi-même, mais qui était simple et naturelle, haudvulgari htimilitatis exemplo exegil. Et, pourtant, combien encore la condition de la vertu sur la terre serait précaire, si on était borné à l'estime humaine ! des savants notaient en 1751,avecuneexactitudescrupuleuse, Tencjroilde la sépulture de Gilles de Roye, ancien abbé deRoyaumont : Sepultm in Parthenone novx Jérusalem ordinn Cisdercienm vulgo SparmaillWj nnnc hUra mnros Brugenses. Oui s'intéresse aujourd'hui à la tombe d'un abbé deRoyaumont, ouverte à Bruges en 1478? Peu de monuments écrits, émanés des habitants deRoyaumont, sont parvenus jusqu'à nous. On ouvre vainement la Bibliotheca Patrum cisterciencinm. sîve operum Abbatum et monachorum ordinis cisteixienciSj qui sœculo S. Bernardi acpavlo post floruernnt. Au-

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cune homélie prononcée à Royaumont, aucun sormon, ne sont mentionnés dans^ces huit volumes infolio, publiés par le P. Texier, vers 1662, dans sa bibliothèque cistercienne.

N'y a-t-il pas jusqu'aux chroniques et mémoires de dom Dauvray, religieux- de Royaumonl au dixseptième siècle, qui ont disparu? Ce bernardin avait mis en ordre les traditions existantes sur Tabbave royale de Royaumont, et aujourd'hui il ne reste que le souvenir des écrits de ce dom Dauvray. Il n'en a pas été exactement de même pour Gilles de Roye, abbé de Royaumont au quinzième siècle.

Puisque, d'après Cicéron, l'histoire est l'impérissable foyer du souvenir, vita memorir^ muicia vêtu»tatis, il est juste d'ajouter que l'histoire n'a pas refusé son office à EgidiusdcRoya, comme on désigne en latin notre abbé de Royaumont ; car il n'a pas cessé d'occuper un rang dans le monde des érudits, ainsi que dans l'histoire littéraire de la France et de la Relgique. Nous exprimerons, il est vrai, des regrets dans le corps de l'ouvrage, au livre IX, sur la disparition des écrits de ce saint et docte abbé; mais ces regrets ne porteront que sur les documents spéciaux qui auraient pu intéresser la connaissance de l'attitude de Royaumont pendant la domination anglaise. Onant aux travaux historiques de Egidius de Roya, relatifs à l'histoire générale et surtout aux provinces belges, ils ont été conservés. Jean Fabricius (de Leif)zick) cite les Anmiles Bcigici de Egidius de Roya, dans sa ïiibliothecn medhv et infimir Latinitath, de

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Tannée 1754, 1. 1"", p, 25. Adrien de Budt(F. Hadrianus)y qui est du quinzième siècle, appelle Egidius de Roya, son guide^ son profeiseur et son maître; il continua ses travaux. Un érudit allemand de nos jours, Auguste Potthast, mentionne également l'ouvrage de l'abbé de Royaumont, dans son vaste livre Bibliotheca medii œii^ Wegweiser durch die Geschichtsicerke des Enropaischen mittelalters von 375-1500. Berlin, 1862.

Swertius, dans ses Annales de Belgique^ publiées à Francfort en 1620, et dédiées à l'archiduc Albert, se borne à insérer, dans son gros in-folio, le Chronicon Belgicum ou Annales Belgici^ de Egidius Roya, abbé de Royaumont, qui, jusque-là, étaient simr plement à l'état de manuscrits. On trouve, à la bibliothèque Richelieu, ce grand in-folio, édité par François Swertius, sous le titre de Rerum Belgicarum Annales chronici et hislorici. Les annales de Belgique, par l'abbé de Royaumont, commencent a Tannée 792 et vont jusqu'en 1478 ; elles forment 107 pages in-folio très-compactes. En voici la dédicace : JSgidii de Roya^ S. theologixprof. , abbatis monasterii B. Marias de Regali Monte in Francia, professi postea in Dunis^ sub domno Joanm abbate XXVII. Ad Humbertum cist. ord. Prxsnlem : Proœmium.

Egidius de Roya déclare ensuite, dans sa modestie, qu'il n'a fait que présenter, sous une nouvelle forme, le chronodromon de Jean de Brandon. C'est par hasard qu'il le livre à la publicité : l'abbé général de Cîleaux, se trouvant à Bruges pour ses af-

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