‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 141 sur 288 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

vingt écoles pédantesques, penseur profond, novateur réservé et savant ingénieux K »

On ne sait point, quant à Tordre de ces quatre divisions principales de l'Encyclopédie du treizième siècle , qui lit prévaloir ce plan général : est-ce saint Louis? est-ce les moines de Royaumont? est-ce Vincent de Beauvais? Mais il restait une tâche plus immense, celle de remplir ce cadre à quatre parties ; c'est-à-dire, qu'il fallait le concours d'une légion pour réaliser en quelques années une œuvre si colossale nécessairement finie avant 1264, époque de la mort de Vincent de Beauvais ; il fallait des loisirs scientiques ; il fallait enfin une réunion d'hommes où saint Louis et Vincent de Beauvais eussent qualité pour imposer une tâche à la fois rude, délicate, une tâche de longue patience. Royaumont seul était dans ces conditions. Royaumont possédait quelques manuscrits, différents auteurs de l'antiquité grecque et latine, plusieurs ouvrages de théologie et des Pères*. On pouvait empruntera Clairvaux, qui avait également des richesses intellectuelles'. Enfin les monastères cisterciens d'Angleterre n'étaient pas moins scientifiquement pourvus*, et Vincent de Beauvais y avait un libre accès par les Messieurs de Royaumont.

Que Vincent de Beauvais, dans son Miroir naturel ou Tableau des divers règnes de la nature, ait suivi, pour l'énumération des corps , la même marche que les physiciens

* Voyez VHistoire littéraire de la France, t. XVIH, et la Biographe universeÛe de Michaud.

* On peut voir plus bas, à la fin de Touvrage, l'inventaire des livres de Royaumont fait en 1791. La bibliothèque Richelieu a hérité de la succession littéraire de Royaumont.

' Voyez de grands détails sur cette bibliothèque, dan9 les abbaye» asferciennes par M. d'Arboisde Jubainville, p. 74 à lU.

^ llurter cite le nombre d'ouvrages qu'on trouvait avec étonnement dans les bibliothèques conventuelles, à la fin du onzième siècle et au treizième... Homère, Tacite, Horace, Lucain, Virgile, SaHuste, les poètes latins, les historiens... on y trouvait tout. En 1248, la bibliothèque de 'abbaye de Glastonebury renfermait 400 volumes.

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et les naturalistes actuels, bien que la science fût moins avancée qu'aujourd'hui, cela honore son grand esprit de méthode, qui devina la méthode lucide des modernes. Là où nous mettrions aujourd'hui le Traité des corfs mp^dérables, le naturaliste de Royaumont place un sujet analogue, il décrit le monde des réalités incorporelles, Dieu, les anges, l'acte de la création, la division de la lumière et des ténèbres , la chute des mauvais anges. Âpres les corps impondérables, l'encyclopédiste moderne aborderait le domaine des corps pondérables^ s'occupenil d'abord des substances inorganiques, des métalloïdes, des minéraux, des métaux et des pierres proprement dites. C'est ainsi que procède Vincent de Beauvais. Oare trouve, pour les autres points, la même similitude do marche entre l'Encyclopédie du treizième siècle et les traités de science naturelle composés par les modernes. Mais le concours des moines de Royaumont, à côté de Vincent de Beauvais, devenait indispensable dans TexëcutioD des détails de ce travail gigantesque. Le Sj/ecii/«m iMJiJ ne présente pas une simple succession d'articles et de nsûmes; on est étonné de rencontrer des traités Aemi» sur chaque branche de la science. Qui croirait, pour V treizième siècle, que le Specidum naturale renferme un iraiir très -complet de botanique^ auquel il manque à peine u: appendice sur la décomposition putride ou la mort dt^ plantes? n'était-ce pas des moines que Vincent de Bcâih vais devait naturellement charger des recherches sur \r phases et les développements de la vie végétale ? N élailn pas à eux à se distribuer, par manière de division du travail, les excursions écrites dans Pline^ et les exploration^ expérimentales dans la flore de la Picardie , du Verman dois, du Vexin et de l'Ile-de-France? n'était-ce pas moyen d'arriver à une taxonomie plus entendue et a m nomenclature plus riche ' ? Vincent de Beauvais ne poo-

* Asfurcrncnt Vincent de Deativais est inférieur à Linoé et à lti&i<^t; i

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