‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 15 sur 288 · CM INTRODUCTION · texte numérisé non relu

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sauvage. Ses quatre grands étangs, que les moino<^ ont créés (un de nos ministres de Tagriculture a chargé un docte abbé d'étudier le système de barrage suivi par les cisterciens ; étude curieuse et utile au double point de vue de l'assainissement et des inondations) en barrant la rivière laThève, enlredeux collines boisées, sur une longueur d'environ 3 kilomètres, et sur lesquels le nénuphar se plait à étaler tranquillement ses larges corolles, séparent encore aujourd'hui la forêt de Coye de la forêt de Chantilly. Son clos était traversé par la rivière la Thève,et dans l'enceinte, vers le milieu de la grande avenue ou terrasse de 78 mètres de longueur et large de 12 mètres qui conduisait de la grande et forte porte d'entrée aux divers bâtiments, on trouve, entourées de maçonnerie, deux sources précieuses do la meilleure eau, aux qualités les plus utiles et les plus sympathiques.

Quand on arrive par la principale porte d'entrée située à Test, et qu'on pénètre dans le monastère, on trouve à droite et à gauche des fondations de murs qui sont sans limites, et dont il est impossible de ressaisir les formes. Mais quand on a avance île 100 mètres environ, on est en face de rhabitatioii actuelle du garde, reste de bâtiments , de forme inégale, et qui ont par le dehors une étendue de 82",45. On remarque dans cette vieille habitation des fenêtres à feuille de trèfle, comme au Mont- Saint-Michel, et comme a l'abbave de Saint-Leu d'Essorent, fondooau dixième siècle.

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En entrant par la large terrasse ou avenue, on avait à droite le terrain qui va en pente, puis le lit de la Thève aux eaux rapides, et entre le lit de la Thève et le mur limitant le clos de Tat^baye au nord, on trouvait un étang intérieur ou réservoir que la poussée des roseaux a rendu aujourd'hui marécageux. Mais c'est sur le côté gauche de la principale avenue d'entrée que se développait surtout le groupe des divers bâtiments de Tabbaye; pour y pénétrer il fallait traverser la porte d'un mur qui règne de Test à l'ouest, et l'on se trouvait en face de deux régions que nous désignerons, pour l'ordre de notre description, des noms de région orientale et région occidentale.

Dans la région occidentale, nous n'avons pu distinguer que les fondations d'un bâtiment irrégulier, dont un côté avait 40 mètres, un autre 39, un autre 22, un autre 14, un autre 27",50, un autre 10",50. Il y a ensuite un emplacement où l'on suppose par tradition qu'était le cimetière. Un autre espace entouré de murs sert de jardin potager; le reste de la région occidentale qui ne présente aucune autre trace de fondation, servait peut-être de parc ou de jardin pour les moines.

La région orientale du monastère de Gomelles offre des vestiges plus considérables de constructions anciennes. On rencontre d'abord des fondations confuses qu'on est libre de regarder comme l'antique emplacement des cloîtres. A quelques mètres de distance, vous heurtez d'autres fondations

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qui pourraient être celles de la principale église de Comelles ; leur largeur n'a que de 7 à 8 mètres ; mais la longueur du bâtiment est inappréciable d'après les traces des fondations. Viennent après cela, et d'une manière parallèle, les fondations d'un bâtiment de 80 mètres de longueur, sur 17 de largeur. Enfin en parcourant le mur d'enceinte du côté de l'est, on voit les fondations d'un bâtiment dont on ne trouve' de traces que d'un côté, bâtiment ayant environ 38 mètres de longueur.

Quant aux terres arables de l'abbaye, elles s'étendaient au delà du mur qui circonscrivait le monastère dans la direction du sud à l'ouest. Mais il faut décrire surtout une partie de Comelles qui est restée en état de parfaite conservation ; c'çst une pyramide gothique qu'on voit encore aujourd'hui dans la région orientale. Le temps et la main des hommes ont tout jeté à terre, excepté T habitation du garde, et cette pyramide mystérieuse, dont un nouveau Cham* pollion devrait Jious dire le sens. Elle est encore tout entière, construite avec de la pierre de Sentis. L'élévation de la pyramide, qui est carrée, est d'environ 30 mètres ; et chaque côté est large de 6 mètres ; l'entrée ogivale, au nord, a 5",95 de largeur, et 2",90 de hauteur. Les six autres ouvertures ogivales des trois autres côtés ont la même hauteur, et environ 1",90 de largeur. On remarque presque au haut de la pyramide une petite corniche à dents de loup, qui pourrait peut-être fournir des indices sur l'âge

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de la construction. Maïs qu'était-ce que cette pyramide elle-même? Quelques antiquaires voudraient y voir une sorte de lampe funéraire; hypothèse qui se fonderait sur la forme elle-même du bâtimçnt et sur la signification habituelle du symbolisme de la pyramide. La pyramide, exécutée toute en grosses assises de pierre, n'avait ahcun étage, et ne supposait point de but d'habitation. La porte ogivale de rentrée indique qu'on se rendait dans Tintérieur de la pyramide pour des travaux, ou pour une cérémonie quelconque qui est restée inconnue. Assurément si la lampe qu'on suppose placée au sommet, où se voit une ouverture, avait pour objet d'indiquer dans le voisinage et dans le lointain, qu'un mort était exposé au bas de l'édifice, la solution du problème semblerait assez plausible; mais une difficulté géographique vient contrarier cette supposition : c'est que la pyramide gothique ne devait point s'élever au-dessus des masses grises du monastère. Nous nous sommes rendu compte surplace de la fonction d'une lampe funéraire; elle n'eût été visible pour personne au dehors : ni pour les habitants d'On^-la-Ville, ni pour Montmélian, malgré sa hauteur, ni pour Montgressin, malgré sa proximité. C'est donc quelque chose d'étrange que cette problématique pyramide, restée debout au milieu du monastère, isolée, intacte, tandis que l'herbe a envahi l'emplacement des divers bâtiments claustraux ! Est ce un roi de la première ou de la seconde race qui fonda Comelles? Cette pyramide, d'un sens perdu pour nous, était-

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elle primitivement la sépulture, aujourd'hui oubliée, du roval fondateur de Comellesî

Si Ton veut supposer entre Comelles et Royaumonl d'anciennes relations et chercher des indices de filiation pour faire dériver, dès le principe, Royaumont de Comelles, on devra s'attacher à quelques analogies matérielles. Ce système conduirait à voir dans l'abbaye de Royaumont une copie approximative des dispositions des bâtiments de Comelles. On remarquerait dans l'un et l'autre monastère d'importants étangs factices; et ceux de Royaumont ont été effectivement créés par la rivière de Comelles que saint Louis fit détourner de son ancien lit à partir de Comelles jusqu'à l'Oise. Les moulins à farine que possédait Royaumont à l'est et à l'ouest, la pièce d'eau ou réservoir créé dans l'enclos de Royaumont, qu'on nommait du temps des moines, le miroir, aujourd'hui incluse dans le parc de M. Pitat, et où l'on a formé trois petites îles, l'emplacement respectif de l'église et aussi du cimetière et des bâtiments d^exploitalion , ces différents éléments de l'abbaye de Royaumont et la place qu'ils occupent dans le plan général du monastère, ont en effet plusieurs points de conformité avec Comelles. Ajoutons qu'une grande parlie des forets de Coye et de Chantilly devait présumablement dépendre, dans les temps anciens^ du monastère de Comelles; cl saint Louis aussi dota l'abbaye de Royaumont du bois de Royaumont, dit de Bofiiietj et d'une portion de la forêt du Lys, dont le poteau des moines formait

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le centre. Il n'est pas resté dans le bois de Royaumont de borne avec le chiffre de saint Louis, comme il est resté, dans la forêt de Coye, des bornes, grandes, saillantes, portant sur une des faces la lettre F, et sur l'autre la salamandre de François I". Le domaine de Comelles, vendu pour le misérable prix de 9,000 francs en 1791 , acheté au même prix par le prince de Condé vers 1818, passé ensuite au duc d'Aumale, a été acheté depuis 1848 par des banquiers de Londres.

N'oublions pas toutefois de mentionner un mystérieux cachet que la femme du gardien de Comelles trouvait récemment au pied de Ténigmalique et antique pyramide. On n'obtient pas d'empreinte assez nette de ce cachet pour en déchiffrer la légende; mais l'emblème très-accusé que représente ce cachet, a une portée qui ne saurait être dédaignée. Était-ce les armes de l'abbaye de Comelles? Ce cachet semble indiquer, dans un trilobé renversé ou trèfle qui lui donne l'apparence de la fleur désignée du nom de pensée, deux mystères du christianisme ; celui dS la Trimtéj par le triangle, sans lequel on ne saurait mesurer ni les grandes distances ni les grandes choses, et celui de la miraculeuse conception de . celle qui devint la Mère du Christ, par la tête de la sainte Vierge qui se trouve au centre du triangle. On n'est pas sûr si ce que l'on distingue, en dehors du trèfle, dans les trois angles, ne serait pas l'emblème du Saint-Esprit, parce que cet endroit du cachet est trop effacé; mais il ne serait pas impos-

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sible qu'on eût voulu exprimer la symbolique co lombe. On a voulu conclure de la découverte de ce cachet, que dans l'origine les moines de Comelles étaient des savants de Tordre de Saint-Benoit ; qu'ils honoraient particulièrement la sainte Vierge; et qu'ils ont plus tard été réformés par la règle de saint Bernard. Assurément on ne peut pas affirmer d'une manière absolue qu'une telle interprétation soit fausse ou dépourvue de vraisemblance. Nous croyons seulement que, dans l'état présent du problème et en l'absence d'aucun document positif, on doit se borner, jusqu'à nouvel ordre, à des assertions purement conjecturales.

Terminons cette introduction par quelques mots sur les dessins insérés dans cette histoire. On a voulu prévenir les désirs de plusieurs lecteurs en ajoutaijt au texte quelques gravures et quelques vues. Nos pérégrinations à travers les cases des marchands de choses antiques nous ayant fait découvrir un dessin comprenant une vue exacte et avantageuse de l'abbaye de Royaumonl, faite au* dixseptième siècle, du temps de Louis XIV, on s'est empressé de la reproduire par la gravure, en v joignant les armes de l'abbaye avec les armes du prince de Lorraine, auquel le dessin était dédié.

Il semblait que les portraits des fondateurs de Royaumont, au treizième siècle, et de ses restaurateurs au dix-neuvième, dussent former le complément do la vue de l'ancien Rovaumont. Mais la difficulléétait d'arriver, pour saint Louis et pour Blanche

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deCaslille, à des effigies ayant au moins une authenticité, pour ainsi parler, approximative ; car il était impossible de donner accès dans un livre historique à tous ces portraits qu'une fantaisie pieuse s'est plu à créer sur le compte de saint Louis et de la reine Blanche.

Sur une vingtaine d'estampes de Blanche de Castille qu'on montre à la Bibliothèque impériale, il n'en est presque pas qui satisfasse. Une de ces gravures représente la reine Blanche en l'habit de religion, qu'elle prit peu avant sa mort; mais il n'y a dans cette pièce aucune authenticité ; elle est médiocre de crayon et de burin, et ne donne qu'une physionomie de convention, d'ailleurs insignifiante. Nous reproduisons dans cet ouvrage un portrait de la reine Blanche, d'après une médaille du cabinet du roi et une effigie de la Sainte-Chapelle de Paris. Si l'on recherche un rapport entre les destinées et les portraits, c'est lu gravure, à laquelle on s'est fixé ici, qui rapproche le plus, par son expression et son caratère, de la Blan- ^'* che de Caslille de l'histoire.

Nous avons compté cinquante-six gravures ou lithographies anciennes et modernes de saint Louis, aux estampes de la rue Richelieu. L'une, tellement mal exécutée qu'elle caricature saint Louis, est dite tirée sur sa figure en or faite par le commandement auî^' de Philippe le Bel et conservée dans le trésor de la nv'- Sainte-Chapelle. La plupart de ces estampes, toutes 0^ médiocres et sans suavité, ont le tort essentiel de ne rien rappeler de la physionomie du temps ; elles

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n'ont été faites, plusieurs, qu'au dix-septième siècle. Voilà pourquoi encore, on a été heureux, pour la reproduction des traits de saint Louis, de pouvoir s'attacher à une vignette du commencement du quatorzième siècle, que la collection des Historieiu de France s'est empressée d'insér-er à son tome XXI. Ce portrait de saint Louis, peint par un anonyme vers la fin de 1316, ou dans le cours de 1317, est lire du registre lvu de la chancellerie royale, déposé aujourd'hui aux archives de l'empire. On pense que le peintre avait tiré l'image du saint roi de quelque sculpture de marbre ou d'ivoire, paç conséquent d'un modèle authentique. Le costume et les ornements royaux de saint Louis sont représentés avec une grande exactitude ; et leur ampleur justement est cause que la taille du fils de la reine Blanche parait diminuée. Nous regrettons seulement deux défauts que l'exécution de notre gravure n'a pas évités, l'un en exagérant la grosseur de la tète de saint Louis, l'autre en ne rendant pas ce qu'il y a de mystiquement beau dans le regard du saint roi, tel que l'exprime la vignette du quatorzième siècle. On possède bien aux estampes, rue Richelieu, une gravure, dontparleMontfaucon (t.II,p. 154), où saint Louis est représenté jeune adolescent lors delà cérémonie de son sacre, d'après une vitre de la chapelle de la Sainte-Vierge, qui se trouvait derrière le chœur de l'église de Saint-^Louis de Poissy* On voit dans cette gravure, le jeune roi assis, portant une couronne à ileurons ; il lient de chaque main un sceptre d'or ; son

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manteau couleur d'azur est chargé de fleurs de lis d'or. L'évêque qui est à sa droite et lui donne la bénédiction, porte une chape de couleur de pourpre. L'autre évêque, qui est à sa gauche, tient la sainte ampoule ; il porte une chasuble de la même couleur et selon la forme antique. Une seule chose, ce semble, essentielle, laisse à désirer dans ce dessin, qui a été fait très-vraisemblablement bien avant dans le quatorzième siècle, c'est son évidente imperfection et le peu de conformité avec l'original ; les traits du jeune adolescent sont à peine accusés ; et quelle lumière historique peut émerger d'un essai grossièrement informe? Du reste, il est convenu que la plupart des portraits de saint Louis, nullement du temps, ne sont qu'une création arbitraire des artistes. 11 ne faut voir qu'un produit de l'imagination dans les grandes toiles de Versailles, aux salles des croisades. Toute la préoccupation des peintres a été de représenter un saint Louis d'après un certain type qui est traditionnel en France. Il n'y a pas d'autre ressemblance de saint Louis que celle-là, aux estampes de la rue Richelieu.

On trouvera dans notre ouvrage, avec les dessins qui précèdent, une vue de la célèbre église de Royaumont que Millin fit graver en 1790, peu de temps avant sa désastreuse démolition. Cette église aurait besoin d'être considérée du dedans ; peu de monuments sacrés étaient plus appropriés « à la foi qui allait s'y nourrir et s'y enflammer, à la dévotion qui / s'y prosternait et y adorait. » On eût aimé toutefois

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que le conservateur du musée des antiques eût consacré plus d'espace à la basilique de Royaumont et qu'il eût mieux fait ressortir ce beau vaisseau gothique, « cette nef de haut bord, se détachant sur le fond du ciel avec toutes ses mâtures et armatures, avec ses vitraux et ses rosaces mystérieuses. » A côte de l'église, nous avons fait mettre une vue du cloître de Royaumont, d'après une photographie de M. Castellino, et qui est à elle seule une page des plus suaves entre les créations gothiques. Les deux sujets de l'église et du cloître de Royaumont ont pu , être compris dans la même planche qui renferme saint Louis.

Les portraits des fondateurs de Royaumont réclamaient comme pendant l'image du prélat vénérable, fondateurdes oblats de Marseille, puisque ceux-ci sont devenus les pieux rénovateurs du Royaumont de saint Louis. Mgr de Mazenod est représenté en pied et de face, d'après une photographie ; l'édifice de Notre- Dame de la Garde de Marseille n'est pas loin du prélat. Mgr de Mazenod s'abrite contre le sanctuaire célèbre qui était l'une de ses chères dévotions; et cependant les brises de la Méditerranée semblent pousser ses voiles vers le nord et lui indiquer Royaumont.

Une vue du Royaumont actuel était devenue nécessaire par suite des changements opérés par les démolitions de 1792. La vue du Rovaumont ancien nous ayant donné la poésie locale, on attendait d'une vue du Royaumont moderne un exposé et une pers-

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pective nettes qui permissent de se rendre facilement compte des modifications introduites dans l'abbaye. Cette vue devait conséquemment faire abstraction du château de M. Pitat et de ses dépendances. On trouvera en effet une gravure reproduisant, dans ces conditions, la vue du Royaumont actuel, due à MM. Beghard et de Thorigny.

Nous regrettons de n'avoif pu faire entrer dans cette histoire les diverses estampes de Royaumont qui sont dans notre collection, telles que les différentes vues exquises soit des ruines , soit de la partie conservée de Royaumont que M. Paul Perier a photographiées avec une délicatesse et un fini remarquables; les vitraux et les tombeaux qui furent pris, par Gaignières et par Millin ; la vue du nouveau palais abbatial gravée par Millin, mais incomparablement mieux rendue par les photographies si finies, si lumineuses, si poétiques de M. Castellino ; les tombeaux des princes Philippe et Louis, frère et fils de saint Louis, que l'on vient de replacer dans l'église impériale de Saint-Denis, et que des gravures de 1790, 1845 et 1867 (par Millin et par M. Fishot) ont reproduits ; enfin la vue du beau mausolée du comte d'Harcourt-Lorraine, chef-d'œuvre de Coysevox, dont la gravure et la photographie ont donné des copies, et dont on peut se faire une idée approximative aux sculptures du Louvre par l'inspection du mausolée, comparativement inférieur, du cardinal Mazarin, qui est du même artiste que le monument de Royaumont. Il est évident que la reproduction

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intégrale de ces nombreux sujets, aurait entraîné à des frais tellement considérables, que l'économie de cette publication historique en aurait été profondément bouleversée. N'eût été celte nécessitéde s'imposer des bornes, on aurait volontiers enrichi cet ouvrage d'une copie d'un des bas-reliefs du mausolée de Louis, fils aîné de saint Louis, qui était à Royaumont et qu'on retrouve de nos jours après de bizarres vicissitudes, appliqué au monument d'Héloîse et d'Abailard, au Père-la-Chaise. On y voit Henri III roi d'Angleterre, portant le cercueil du jeune prince depuis Paris jusqu'à Royaumont. M. Fishot a tiré des photographies de ce bas-relief et M. VioUet-le-Duc l'a fait copier pour le rendre au mausolée du prince, qui se voit actuellement dans l'église impériale de Saint-Denis.

Après ces préliminaires sur les gravures, sur lo but, la raison de cette histoire, et sur quelques difficultés de détail, abordons le récit lui-même.

Paris, le 6 juin 1867.

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ROYAIMONÏ

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