‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 150 sur 288 · LIVRE CINOUIÈIIE. )T · texte numérisé non relu

LIVRE CINOUIÈIIE. )T

même pape se souvint des fidèles d'Asnières, de Viennes, de Noisy, de toute la contrée et de tous les catholiques en général; il accorda, par une troisième bulle, quarante jours de pardon et d'indulgence à ceux qui visiteraient avec piété l'église de Royaumont le jour anniversaire de la dédicace, i9 octobre, et le neuvième jour suivant ^

Lorsque Innocent IV fut élevé au siège pontifical, il se plut à renouveler, par des bulles données en i244, i249 et 1250, les différents privilèges et les exemptions que l'abbaye de Royaumont avait obtenus de Grégoire IX. Pendant le séjour assez long qu'Innocent IV fut obligé de faire en la ville de Lyon, à cause des troubles d'Italie et. des différends avec l'empereur d'Allemagne, beaucoup d'abbayes s'empressèrent de solliciter de Sa Sainteté des faveurs spéciales. Elles lui présentaient leurs titres de propriété et le priaient de les confirmer par une déclaration spéciale. Le pontife aima, de témoigner en général, par des concessions de privilèges, toute la satisfaction que la province ecclésiastique de Reims, dont Royaumont faisait partie, lui avait causée en lui accordant le vingtième des revenus ecclésiastiques pour subvenir à ses besoins temporels. Il manda aux archevêques et ëvèques de con-

ecclesiarum Prielati vestris libertatibus invidentes....^ Nos igUur vestris

supplicationibus incUnati Vobis et ordini vcstro concedlmus, quod Hr-

marii seu tenentes vestri situati, a juri-dictione cujuscunque judicis ordinarii siiit quieti. Et Uceat vobis, de cstero in capitulo vestro de iduiteriia et aliis fornicationibus, coram vobis sea commiasariis vestris ^oriigere, et etiam divina audire in capelUs et eoclesiastica sacramenta recipei*e, tam intra quam eitra monasteriorum vestrorum sept» aiuatis. Et nihilominus cum dicti tenenles seu firmarii obierint, Uceat fohis iii capitulo vestro teatamenta sua coram vobis vel commissariis vestris

>robare, ac etiam pueros eorumdem in diclis capéllis baptizare Datum

riterbii, idus novembris, pontiGcatus nolri anno ô. (Louvet, Histoire du Heauvaitis, t. I*', p. 51)3.)

' Cariulaire de Bayaunumi, ibid., il y eut aes Dulles, dans le même sens, l'Urbain IV, en 1262 et 1263; de Clément IV, en 1267 ; de Grégoire X, en 274 ; de Jean XXI, en 1276 ; de Nicolas lll, en 1278; de Nicolas IV, en 288 ; de Boniface VIII, en 1295 et 1299; de Clément IV, en 1308. Ce lépùt des titres de Royaumont forme dans le Cartulaire, plus de 120 pages 11-folio de texte latin, que les moines conservaient précieusement.

lition du célibat ecclésiastique, et que le cardinal de Châtillon opinait dans le ^ens de la régente. Quoi qu*il en soit, Odet de Chàtillon, depuis 1562, ne garda plus ^de réticence, et l'adhésion explicite au calvinisme parut aulont dans ses discours que dans ses actes. Il devint l'un des assidus du château de Merlemont, près Beauvais, premier berceau du calvinisme dans le Beauvaisis, et se montra avec ces abruptes hardiesses qui caractérisent toutes les fortes natures du sejzième siècle. Mais l'abbè deRoyaumont, Barnabe deFayolles, n'était pas à la taille de ces hommes opiniâtres et terribles. Les dénoûments se pressèrent. On dit qu'alors, dans ces mêlées ardentes, un droit nouveau naissait des flancs du droit ancien qui périssait; on dit que l'humanité enfantait la liberté de conscience. Est-ce de cette prétendue hauteur qu'on le prenait au palais épiscopal de Beauvais ? Toujours est-il que Pie IV devait excommunier et excommunia le cardinal. Barnabe de Fayolles n'eut pas le bonheur de celui qui l'avait précédé dans sa commende;. on avait remarqué que, du vivant de iMatthieu de Longuejoue, le calvinisme n'essaya pas de pénétrer dans le diocèse de Soissons S dont il était chargé. Du moins, Barnabe de Fayolles eût pu demander au cardinal un compte sévère de sa métamorphose. Lui, Chàtillon, l'ami des lettres, qui comblait de ses éloges les savants, les artistes, les philosophes, il eût été instructif de connaître l'itinéraire qu'il avait suivi pour arriver au rivage du libre examen et à la fragmentation du catholicisme. Selon le programme de Calvin, il fallait rendre le culte nu et froid, afm de le rendre selon lui plus digne de l'intelligence, plus spiritualiste, en l'affranchissaiU de l'illusion des sens et des enivrements de l'imagination. Pratiquement, il est à craindrt' que ce ne soit pas le drapeau du spiritualisme qui ait

* Histoire de SoiuanSt par Dormay, t. Il, é.iit. 1044

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