‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 156 sur 288 · LIVRE CINQUIÈME. 2î · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. 2î

éiantà Damiettc, donna à Robert, comle d'Arlois, frère do saint Louis, le chef de Saint-Jacques le Mineur, comme il consle par les lettres'; Robert ayant disparu depuis son cnirée à la Massoure, saint Louis donna cette relique à Royaumont. Royaumont possédait encore, en 1549, des reliques de saint Barthélémy, apôtre*, de saint Tiburce*, de saint Etienne, de saint Urbain, pape et martyr \ des compagnons'^ de saint Maurice^, des compagnes de sainte Ursule \ de saint Thomas, archevêque de Cantorbéry *, de saint Sulpice, archevêque de Bourges % de sainte Berge**,

fut transportée par le pape Honorius I*' dans l'église Saint Jean de Lalran, et aujourd'hui elle se trouve dans celle de Saint-Sauveur ad Scalas. — En 1C20, le cardinal Paul-Ëmile Sfondrate, réparant le grand autel de la basilique constantinienne, y découvrit le corps de sainte Agnès. — Depuis le milieu du dixième siècle, des reliques de sainte Agnès sont honorées dans la ville d'Utrecht en Hollande, b Elles furent données eu 066 à Rome, à Baldricus, quinzième évèque d'UtrecIit. C'est probablement par ce canal qu'une part des reliques de sainte Agnès allèrent aux églises de Cologne, Anver?:, Bruxelles et puis à Royaumont. . ' Gaignièrcs, Abrégé du Cartulaire,

* Le chef.

* Les Iras.

* Enchâssé en argent e> orné de plusieurs pierres précieuses.

' c Le 13 septembre 12G0, Conrad, archevêque de Cologne, manda h saint Louis que, pour satisfaire à son dé^ir, il avait mis entre les mains d'Adam, prieur de Royaumont, les corps de dix saints ou saintes tirez de diverses ép^Iises. » Histoire de Citeaux, par P. Le Nain, t. IX, p. 290.

**' « L'évêque de Cologne, dit Gaignières, envoya à Royaumont huit corps des saints martyrs compagnons de saint Maurice, nommés les Thcbaiiis. »

^ Deux corps de saintes compagnes de sainte Ursule, comme il se voit par deux lettres testimoniales 'données à Cologne le 18 juin 12^0 et le 1*3 septembre 1261. a On les plaça, dit Gaignièrcs, dans des chftssos de pierre artistement ^labourées à l'entour du chœur de l'église de céans, a (V. aussi Mariènc, Thesa. anecd., t. VII, l'» col., 1108.)

* Le chef, mis dans un reliquaire de bois doré.

^ La main. De 1670 à 1690, on ne faisait plus le service dans la chapolie de Saint-Snlpice le jour de sa fête: elle était polluée ou souillée; les religieux faisaient l'office dans une aulre chapelle.

'^ Les reliques de sainte Berge étaient dans un reliquaire de bois doré. D'anciens écrits remontant au neuvième siècle, antérieur^ à toute légende, lômoignentdu martyre do «mainte Ursule et de ses nombreuses compagnes; tels le martyrologe d'Usuard de 875; celui d'Augsbourg. A\. SS. Boll., t. VH, p. 22, du neuvième siècle; les Calendriers conservés dans la bibliothè<|ue de Dusseldorf, manuscrits du neuvième et du dixième siècles; un ancien calendrier de Corveq, d'autri^ de Verdun et de Lire; un anc:en misi^el de réirl t^e de Sainl-Panlalé«n, à Cologne, <lu neuvième siècle; un aneien

vierge et martyre, de sainte Catherine \ de sainte Concorde', de saint Barnabe'^. Le jour devait venir aussi, lorsque saint Louis ne serait plus de ce monde, où l'église de Royaumont renfermerait des reliques* du corps de son illustre fondateur. Mais ne devançons pas la marche du temps.

La réception des reliques de sainte Berge ou Bergue fut un bonheur et un événement pour Royaumont el pour la contrée tout entière. La tiédeur des modernes ne soupçonne pas ce que produisait, dans ces temps de foi, Tar- * rivée d'un corps de saint. Nous allons bien admirer dans les vieilles cathédrales leurs reliquaires étincelants, remplis de reliques, pleins de choses précieuses qui seraient enviées par les musées les plus riches, telles que des pièces d'orfèvrerie byzantine quelquefois d'une grande rareté. Mais comment se représenter Témotion des moines et des habitants des localités annexées à Royaumont, alor< qu'on recevait un sarcophage contenant les ossements d'un saint, d'une sainte?

Le 18 juin 1260, Conrad, évoque de Cologne, avait envoyé, à la requête de saint Louis, le corps entier de sainU Berge, vierge et martyre, fille d'un comte de Bretagn*^ et compagne de sainte Ursule. C'est au mois d'octobre de la même année que le monarque fit placer solennelK^ ment cette relique dans l'abbaye de Royaumont '. Le corf*^ avait été d'abord déposé dans l'église d'Asnières, et quaix

Missel qui se trouve à Fraisingue; des Litanies des neuvième^ dixiéiuf ' onzième siècles conservées dans la bibliothèque darmstadioisc... Ces div-^ écrits fixent, tous, le nombre des vierges martyres à des milliers.

L'histoire explique comment sainte Ursule, vierge, partie de la Grau - Bretagne avec une flottille de jeunes compagnes, va à Rome, re\ iei^t Cologne, est demandée eu mariage par un prince barbare, |>ar le pn des Huns; comment, sur son refus, il y eut un massacre général.

* Inventaire des reliques l'ait en 1791.

* ÎMd.

* Un ossemf!nt de l'épaule de saint Louis, Gaignières, capte

* Voir l'Abrégé du CârM, de Royaumont, par Gaignières.

lers; chacun retourna à son poste, et le combat recommença, jusqu'à ce que la nuit séparât les combattants.

Le lendemain, 1 7 mai, allait probablement être pour la ville un jour de deuil et de désolation ; les ligueurs, exaspérés par une résistance à laquelle ils ne s'attendaient pas, voulaient donner, aux villes qui n'embrasseraient pas leur parti, un exemple terrible. Toutefois, on avait repris, dès le matin, la question de la capitulation. Les ' royalistes traînaient les débats en longueur, avec intention. Leurs calculs obtinrent du succès. M. de Thoré apprit enfin la nouvelle de l'arrivée de MM. de Longueville et de Lanoue, qui approchaient avec huit cents chevaux et quinze cents arquebusiers pour secourir la place.

Lorsque, dans la contrée attentive aux diverses péripéties du siège de Sentis, on apprit que des troupes fraîches étaient venues ravitailler la place, on estima généralement que la lutte changeait de face, et que les assiégés avaient des chances. Une bataille en rase campagne allait décider la question, que les opérations du siège avaient laissée sans conclusion. Lorsque, en effet, le duc d'Aumale vit approcher les sieurs de Longueville et de La Noue, il était élémentaire qu'il devait empêcher leur jonction avec la ville et leur offrir isolément le combat. On était, dans toute la contrée, inquiet et les yeux fixés sur la nouvelle phase de la lutte. Les deux partis se rencontraient entre Montepilloy et la Victoire, à l'endroit même où, cent soixante ans auparavant, Charles VII et les Anglais s^étalent trouvés en présence.

Au pied des murs de cette abbaye, se décida, en réalité, une de ces journées qui ont de l'influence sur les destinées des empires. Les ligueurs perdirent la bataille^ sans que les mémoires contemporains expliquent sufQsammenl pourquoi et comment ils la perdirent. Du reste, les raisons, données après coup, d'une victoire ou d'une défaite, ne sont jamais une explication adéquate des faits. Il

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commis par Grégoire X à Tenquète pour la canonisation de saint Louis, et que le même pontife devait choisir, en 1274, pour assister au concile général de Lyon avec Paul, évéque de Tripoli, et saint Bonaventure, général des frères mineurs. Mais déjà une légende populaire circulait sur sa nomination à la dignité d'arcKevëque. Voici sur quel thème travailla Timagination publique : Eudes Rigault, qui était dans Tordre des frères mineurs depuis 1256, se trouvant à Rouen, en 1247, pendant la vacance du siège métropolitain, pour y prêcher la parole d* Dieu, le chapitre de celte métropole s'était assemblé pu l'élection d'un archevêque; mais incertain sur le choit qu*il devait faire, il eut Finspiration, prétendait la mu>^ inventive du peuple, de donner son suffrage au prmfr ecclésiaslique qui viendrait le matin prier dam la col^ttdrale. Cette résolution prise, il se trouva que ce full^ frère Eudes Rigault qui, ce jour là, allant prêcherai' campagne, passait par l'église pour y saluer le saint s. crement et par le fait y entra le premier. Ce n'esl 1 qu'une tradition d'une naïveté bizarre. La vérité estq^' ses éminentes qualités de prédicateur avaient frappa* i chapitre de Rouen, et que la réputation de ses talenl^ de ses vertus le firent placer, malgré sa résistance, ^ ce siège éminent^ Toujours est-il qu'il avait un gr.^ prestige aux yeux du peuple.

Joignez surtout l'intérêt de celte pieuse relique : I ' n'avait point reculé devant la dépense pour lui don' une châsse dont la magnificence rappelait la gloire o 1^ de la sainte. On n'a point à discuter ici les diverses t*. nions des savants sur la manière d'interpréter la lé^'^' des onze mille vierges. Les restes des compagnes de m Ursule massacrées dans un temps de ténèbres, où lo r beau de l'érudition peut seul pénétrer, et qu'on rel\ vers le septième siècle , avec quelques auti*es, dan> cimetières des environs de Cologne, furent asseï i>

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