‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 160 sur 288 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

suivant pas toujours son droit par les armes; préférant les conseils de paix et relâchant du sien autant que sa dignité et la sûreté publique le pouvaient souffrir'. » Mais le mariage ne devait pas avoir lieu. Que ce soit le vénérable père abbé de Royaumont, Robert II ; que ce soit Vincent de Beauvais à qui incomba la charge d'annoncer à la royale famille la fatale catastrophe de la tin de décembre 1259, toujours est-il que la poitrine de ce tendre père fut brisée par un coup bien cruel. Le ciel n'avait fait que prêter le jeune prince à la France '. L'élilc des trois royaumes ne devait point fêter une union dont Tombre de Blanche de Castille eût tressailli de joie. Au lieu d'une couronne terrestre, Louis fut appelé à la couronne plus désirable des élus ; son trône et son lit nuptial furent une paisible tombe à Royaumont; et en place du manteau fleurdelisé, le linceul funéraire revêtit à jamais le fils de France dans sa dix septième année : il expira au cœur de l'hiver, les premiers jours de janvier 1260% f< après avoir humblement confessé ses fautes » et reçu les sacrements avec cette foi vive et touchante qui le faisait déjà appeler par le pape Alexandre IV « le futur appui de l'Église et de la religion. » Ainsi disparut de la terre un prince qui donnait les meilleures espérances, et l'on s'explique les douleurs dont Royaumont fui témoin; le jeune Louis avait du courage, de la modestie, de la jièic et de la générosité. Comme son père, il joignait à la )liy$ionomie la<plus noble et la plus douce une taille lancée; sa vue seule inspirait Taffeclion. Louis IX s*était

' To) est le portrait que le dauphin de France, sous la dictée de Bossuet,

tracé de Louis IX.

^ Louis de France, fils ainô de saint Ix>ui.s, naquit le jour de Saint-Va- /as, dans l'année bissextile i2i3; il fut baptisé par Guillaume, évéque de iris, et tenu sur les fonts par Eudes Clément » abbé de Saint-Denis. Sa ùlé ^'g^ala presque celle de son père : il porta avec Philippe, son frère,

second malade qui entra dans la Uaison-Dieu après sa construction. i U i n , A niiquiU'S nationales ) ^ En fin de décembre 1259 selon d'aulres.

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plu à développer les dispositions si heureuses de c « l'enfant de la promesse qui avoit esté à ineneille et gracieux ; » il ne s'était pas borné à lui donnei gouverneur et pour inspecteur de ses études l'horo plus savant de son siècle, le célèbre Vincent deBea il avait surveillé lui-même son éducation avec 1 dresse la plus éclairée.

Saint Louis fit ensevelir le jeune prince à Tabl Royaumontjdontl'église voyait, hélas ! ses richesse turales s'augmenter par les coups de la mort. Mais nièrc blessure du cœur d'un tel père élait bien en mort venait d'engloutir bien des perspcclivcs el I i espérances. C'était surtout à l'église de Rovauu

milieu de ses chers cisterciens, que saint Louis voir reposer les restes d'un fils dont on avait app qualités naissantes ; il voulut qu'on donnât i Louis une sépulture en rapport avec la perte qu' d'essuyer; Saint Louis, avec toute sa sensibilité n'aurait pu souscrire aux dogmes malérialiste.' et de 1866*, faisant inscrire à la porte des < que « la mort est un sommeil éternel, irrèvoc fin absolue de l'être; » il n'appartenait point i modernes, étrangères à tout culte positif, aus sacerdoces déplaisent pour l'heure de la m

' On connaît les multiples manifestations du malérîaUsf de cette annexe 1806 : « Je n'ai compris s&ieusement la i naliste, que le jour où la science m'a démontre l'inanilô lliêislcs, que le jour où quittant des espérances frivoles < tilos, j'ai quitté le ciel pour la terre. » (Lettre de 11. Svi M. l'atrice Larroque, du G novembre 1800, insérée dai science, n» du 17 novembre.) I/écrivain, qui ne veut pas injustices terrestres par des consolations d'outre- loin ho, méiapliysiques, » serait amvé, &embîerait-il, à coinprciv et le matérialisme sont les sources uniques des hautes p( sentiments et des actes les plus pui^ et les plus dèsimôr compte, avouer que le spiriiualiste Faint Louis iroiaii p royal et vertueux imbécile aurait ignoré coiiinient o perte des êtres aiméi^. au moyen de la coaceiili'at:oii terrestres et dans les noirs abîmes du néant.

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