‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 164 sur 288 · LIVRE CINQUIÈME. 3ii · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. 3ii

lippe est d'un style uo peu plus ancien. Le bas-relief se divise en sept ogives trilobées, d'une forme un peu lourde et surbaissée, soutenues par des colonnettes roonostyles; des fleurs de lis se voient sur les montants et sur le bord supérieur de rencadrement; des châteaux de Castille sont sculptés entre les retombées des archivoltes. Les niches formées par les ogives sont occupées alternativement par des figures de moines et par des anges. Deux moines tiennent des livres, un troisième tout encapuchonné croise tristement les bras ; les anges, au nombre de quatre, portent, celui-ci une torche, celui-là un encensoir, un autre un bénitier avec Taspersoir ; un dernier est tout mutilé. Les autres côté de Tarcature ont été fracturés.

a Au tombeau du jeune Louis, Tarcature est beaucoup plus fine et plus élégante. Les huit ogives qui la composent ont pour appui des faisceaux de trois colonnettes; elles sont accompagnées de trèfles, de pignons, de crossettes, de feuillages ; des tourelles évidées et crénelées , d'un travail très-délicat, s'élèvent entre les archivoltes ; dçs fleurs de lis et des châteaux garnissent les montants placés aux encoignures du socle. Les statuettes debout sous les arcs figurent la marche du convoi de Louis. Deux ëvéques s'avancent les premiers avec leurs insignes ; une femme vient ensuite la tète voilée; cinq autres personnages en cos • tûmes civils paraissent être les gens de la maison du prince*. »

L'écrivain moderne qui a pu décrire de la sorte le sarcophage du jeune Louis et de Philippe, frère de saint Louis, ne manque pas, à Toccasion des bas-reliefs qui environnaient les tombeaux dans toutes leurs faces, de signaler, après le père Anselme et après Millin, la haute importance historique de l'un des bas-reliefs des deux petits côtés du sarcophage de Louis; il le cite, avec

* Monographies de l'église royale de Saint-Denis, par le baron de Guilhermy, p. S40. Paris, 184S.

3i^ HISTOIRE DE ROYAUMONT.

tous les auteurs, comme un monument précieux de la suzeraineté du roi de France sur le roi d'Anglelem, puisqu'on vit le cercueil de Louis porté par les barons de France et par le roi d'Angleterre ; ce que Tarlisle avait exprimé en sculptant une figure couronnée qui est le roi anglais, et qui porte sur Tépaule un des bâtons du cercueil. C'est dans ce bas-relief aussi qu'on voit un ange emportant dans ses bras l'âme du jeune Louis, à laquelle il présente la palme des élus.

Combien de fois, lorsque ce mausolée fut installé dans l'église de Royaumonl, l'écho de la nef ne répéta-t-il pas les soupirs du tendre père agenouillé devant ces effigies qui lui retraçaient des êtres si chers I Que de larmes ne durent pas tomber de ses yeux sur cette froide pierre qui couvrait l'adolescent royal, objet de tant de pensées d'avenir, doué de si nobles sentiments et qu'attendaient de si hautes destinées M Et n'est-ce point avoir rcvélcun des litres particuliers de Royaum'ont à l'intérêt de la postérité? C'est sous le toit de cette basilique cistercienne que saint Louis a pleuré abondamment. Il a pu sourire et paraître heureux à Pontoise et ailleurs; Royaumont a vu couler ces mules pleurs des yeux d'un père et d'un chrétien brisé mais résigné; et, quand une individualité aussi prononcée que celle de saint Louis, qui sut si nettement s'affirmer devant Dieu et devant les hommes, a laiss* tomber des larmes quelque part, ces larmes augustes servent de consécration ; elles illustrent une contrée; ellfs fondent, h elles seules^ une célébrité, o Jean Tristan idil

* M. de Villcncuve-Trans, dans son Histoire de saint lAmit, rfiaarqiuK<* à bien des égards et dont nous avons fait notre profit, ne permet guèir «i* contrù'.er son érudition : il ne cite pas ses sources au fut et à mesurv; il se contente d'indiquer de distance en distance et en bloc les auteurs, lt> p;.'*ccs qu'il a consultées, sans préciser les endroits de ces auteurs. Cfs-t un tort : quand ou a une érndiiion du genre de colle (!c M. de Vilieneii^t^ Traiis. il faudrait (|ue le; locleur fût bien cdiiviiiiicu qii il n'y a rien d'i«lt»l dans la circonslance la plits accessoire, d.iMs le détail lo ntoîiis imponsnt de ses récits et de sofî drscrip'ions,

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