‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 170 sur 288 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

à Paris pour les voyages et les résidences des religieux que les affaires de l'ordre appelaient à la capitale *.

les religieux de Royaumont avaient acheté, on 1295, rue Saint-Germain -J'Auxerrois, à Paris, une maison, mouvant en censive de Tévéquc de Paris, dont le propriétaire se nommait Saiiquin Vannei\ei\ fils de Laurent (de Senlis)el deMarguerile sa femme*. Plus tard, ilsacquirenl, près l'église Saint-Eustache, une habitation qui était plus à leur convenance ; ils cédèrent celle de la rue SaintGerinain-rAuxerrois ù Jean Dymon, bourgeois de Paris et u Nicole sa femme, qui à leur tour leur donnèrent en échange ce qui est devenu Yh6iel dé Royanmontj à côté de l'église Saint-Eusiache, dans la rue du Jour, nommée aulrefois rue Raoul-Ruissole. Cet échange n'eut lieu que le 1'" mai 1316, bien que les négociations préliminaires eussent commencé sous Philippe le Bel, en 1506. A cette cpoque, Guillaume, évêque de Paris avait dû autoriser l'amortissement de ladite maison en faveur des bernardins de Royaumont. Dom Pierre de Castenoy était moine profès et procureur de Tabbaye de Royaumont, lorsque fut passé, en 1316, le contrat d'échange. On compléta l'hôtel de ]UM. de Royaumont, à Paris, le 10' mai 1526, par une nouvelle acquisition; on acheta à Jean de Clamart, poissonnier de mer et bourgeois de Paris, deux petites maisons situées rue Raoul-Ruissole, et qui étaient contiguês à l'hôtel de Royaumont ; et on vue de dégager cet immeuble de ses servitudes, les bernardins remboursèrent en 1352, au chevalier seigneur de Guenouville les droits qu'il avait sur cet hôteP; cet hôtel modeste, solidement bâti, avait deux ailes \ à l'extrémité du bâtiment j

* Depuis le partage fait, en 1702. pour les revenus de l'abbaye, Tbôtel de Royaumont, à Paris, était compris dans le lot du révérendissime abbé.

* Inventaire de la même abbatiale de 1763, p. 2. Arch. Versailles » Cartuiaire de Royaumont, t. IV, p. 1505 et 1519.

* L'hôtel des MM. de Royaumont existe encore, rue du Jour, ancienne rue Raoul^Ruiêsole, n* 4, adhérent presque à l'église Saint-Eustachc. U

ce n'était pas immense ; la porte d entrée, modifiée plus tard, sous les abbés commendataires, ne manquait pas de quelque caractère. Il n'y avait pas, dans les appartemenls de rhôlel, le luxe qu'on y remarqua au dix-septième el au dix-huitième siècle. On n'y voyait point dans le principe ces poutres dorées au plafond, ni ces plaques de foule fleurdelisées, au foyer des cheminées, avec cette deviiie qu'on y lit aujourd'hui : Seul contre tom^.

iMaintcnant que saint Louis avait disparu de la scène des choses visibles, l'histoire doit marquer quelle trace était restée de lui. Quoique mort, saint Louis vivait encore en France et à Royaumont* Pendant le treizième siècle, et au commencement du quatorzième, Royaumonl ne cessa de revendiquer saint Louis comme un personnage

appartient à un honorable fabricant de porcelaine et de faïence, ■. Apm J^a façade intérieure de la grande porte qui comnian ic Id cour de Vlv *\ avec une grille, a deux médaillons ou ornements de pierre sculptée, b'ï appartements du premier étage sont remarquables d'élévation. Les abbè^ commendataires, les princes de Lorraine se prélassèrent dans ces saLrï encombrées aujourd'hui de faïence anglaise et française. M. de Balnièiv< vit le dernier ces belles dorures à ces plafonds si hauts. Deui escalin^ situés aux extrémités des deux ailes conduisent à un corridor, qui pem -." de circuler dans toutes les pièces de l'hôtel. J'ai tu i une cheminée u:v plaque en ftuite avec trois fleurs de lis surmontées d'une couront ainsi que ladcviï^e déjà citée. On acheta plus lard la maison vis-à-vis, u^i\ qui devint la maison Sainte- Agnès. La rue Raoul-Ruissolc,' dit Sau\al. f^' aujourd'hui la rue dite du Joufj par abréviation du mot Sejomr. Gutlloi. i' Paris, avait mis les rues de Paris en vers anciens vers la Un du treizirii-siècle :

M'en ving a la rue a Prouvoires

On il a maintes pennes voires;

Mon cœur si a bien ferme veuo

Par la rue de la Croix neuve (rue Traînée)

Ying en la rue Uaoul-Uuissole

iVavoie ne plais (plie, poisson de nïer) ne sole

La rue de Montmartre trouvai,

Ving a la pointe s^aint Huitasse.

{Hi8l. de Parié, par Lebouf, t. U. p. S»î \

* lu dc\i^o : Seul contre tous se retrouve encore aujourd hui *Kir> plaques des choiiiiiièes des appartements de la Maison des ftôies à 1 .>: i de Uoyaumont.

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