‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 171 sur 288 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

qui eût été exclusivement sien. Le pays d'Asnières, de Boran, de Chantilly s^dentifia à saint Louis, de même que Fabbaye de Royaumont n'avait fait qu'un avec Taimable et héroïque monarque. Le premier signe de cette identification entre Tabbaye de Royaumont et son royal fondateur se manifesta, après sa mort, par la part large et perpétuelle que saint Louis obtint dans les prières du saint monastère. Déjà le chapitre général de Tordre de Citeaux, réuni en 1228 et en 1229, avait ordonné des prières dans tout Tordre, en faveur de saint Louis, jeune alors, et de Blanche sa mère, à l'occasion des affaires politiques de la France ^ Le chapitre général de Citeaux, assemblé en 1240, décida également des prières; il était enjoint à tout bernardin prêtre de dire une qiesse du Saint-Esprit^ à Tinlentiondu roi de France, de la reine, sa mère, de la reine Marguerite, et de la jeune princesse sa fille*. Ce qui acheva de mériter à la royale famille les prières des abbayes cisterciennes, ce fut la visite que Blanche de Castille et son fils firent à Citeaux même, en 1244. Un bref de Grégoire IX autorisait Blanche de Castille à franchir, avec une suite de douze femmes, la clôture de tous les monastères de Tordre de Saint-Benoit. Un chapitre général de Tordre devant être tenu à Citeaux, en septembre 1244, le roi y voulut assister en grande solennité, avec la reine sa mère, la princesse Isabelle et ses frères, six princes ou comles suzerains. Lorsque le moment du départ du roi et de la reine approcha, on leur annonça que le chapitre avait prononcé les décisions suivantes : ce — Chaque religieux célébrera tous les ans trois messes du Saint-Esprit et une de la sainte Vierge aux intentions du

* C'était quand le cardinal Romain de Saint-Ange était légat en France

pour la question albigeoise. Les bernardins étaient tenus de dire les prières

suivantes aux intentions du roi et de la reine régente : « R. Aspice Damne,'

oiitiphona Salve Regina; coIIccIig; Vil psalmi; disciplina; missa Salué po-

puii... » (Statuta cap. gcner., apud Nartène, Anecdot.f t. IV, p. 1349.]

* Apud Martëne^ Anecdot,, t. IV, p. 1375.

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roi et de la reine Blanche de Caslille. — Dans lous b monastères de l'ordre, le nom du roi et celui de la rdw sa mère seront inscrits en marge du missel, el tous les religieux en feront mention chaque jour à l'autel.- Louis IX et Blanche de Castille seront fraitès en gras ' din; tous les monastères de l'ordre qu'ils honoreront de leut \isilc, ainsi que les personnes de leur suite ; mais celle exception ne tirera pas à conséquence pour d'autres lète? couronnées. » Outre ces fondalions, une initiative appartenait essentiellement au couvent de Itoyaumonl. A|irùsli' grand désastre de l'année 1270, après cetle^ sublime d incomparable mort de saint Louisdevant Cartliage, lecœw des habitants de Royaumont devait parler; indépendamment des prière^ de chaque jour que l'on ofïrail en souvenirdu saint monarque, l'abbé de Royaumont expWii. au nom de ses religieux et au nom de la reconnaissant' filiale, une demande formelle au chapitre général deV<i[dre, pour être autorisé à fonder un anniveisahe de »>"<' Louis, â Royaumont même. Ce qui fut accordé. Le chapi!i>' général de l'an i271, disait dans son article 8 : • PeliU'' « Abbafis Regalis-Montis de anniversario illustrissiu-! « Domini Ludovici régis FranciaJ, slando iu dotno * • facieiido, exaudilur*. » ' La profonde trace laissée par saint Louis, après sa ani'à Royaumont ne trouva pas seulement sa inanifcslali'^ dans les prières annuelles que l'abbaye établit en favti:' de Yùme de l'illuslre monarque : Hoyaumonl écrivit a";en abrégé la vie de soii fondateur sur les murs de sa 1'^lique, de même qu'elle élail écrite dans le cu-ur de cltaf rcligieuK. La chapelle Sainte-Agnès prit le nom lit-clpellc de Saint-Louis ; et cette chapelle résuma, par des .' scriplions gravées dans la pierre et le grunil, la graii'

' Picuïe nouvelle qu'on Taisait loiyouiii iiiaigre à Roycurronl, r> '•• lié me liècle.

■ Ttieteur. aiieedot., apud llarlène, l. lï, ji. I45C.

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