‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 181 sur 288 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

parler « d'appeler du pape au concîle universel, » et de rendre la France indépendante du pontife de Rome. L'agitation et la confusion étaient au comble ; on se trompait, en France, dit le cardinal de Porto, de croire que l'intention du sainl-père fût d'obliger le roi à reconnaître qu'il tenait son temporel de TÉglise. « D'un autre côté, a dit Bossuet quant à Tune des origines du procès, soutenir qu'un prince fait une chose imprudente, insensée, dès qu'il défend aux ecclésiastiques de transporter hors de son royaume, sans sa permission, des choses aussi nécessaires (le numéraire), ce n'est pas défendre la liberté de l'Église, mais la rendre odieuse et funeste aux empires ; c'est faire des ecclésiastiques non pas des citoyens, mais presque des ennemis à charge et en haine à tout le mondé, r»

Mais quelles étaient les tendances du clergé local à cette époque? Elles se manifestèrent aux portes de Royaumont. Les démêlés de Philippe le Bel avec la papauté prirent de telles proportions, que le monarque français « ne craignit flr pas, dit M. Douet d'Arcq, d'en appeler à nn concile gé- « néral contre son adversaire, Boniface VIII. Philippe le « BeJ, dans cette situation critique, songea à s^appuyer « sur ce que nous appellerions aujourd'hui l'opinion puce bliquc En 1503, il demanda, par un appel direct, au « clergé, à la noblesse et aux villes, leur approbation a préalable des desseins qu'il formait; en d'autres termes, « il convoqua les premiers états généraux. Parmi les do- « cuments officiels que possède le Trésor des Chartes^ se a trouvent un grand nombre d'actes d'adhésion du clergé, a des seigneurs et des villes, à cet appel au futur concile a contre le pape Boniface VI H, et la ville de Beaumont-sur- « Oise y tenait sa place. » On conserve encore un étrange iriorccau, une pièce d'Auberic, dit le Barbier, prévôt de Bcauinont-sur-Oise,deraji 1503. Le prévôt rappelle le débat exîs(ant entre le roi de France et le souverain pontife. Au nom de Dieu, et pour l'honneur de ïâ foi catholique et

540 HISTOIRE DE ROYIUMONT.

adhérentes, et nihilominus ex iisdem causis el sub oiseisdem formis ad ipsum conciUum, summumquefutonini proximum pontificem, et ad illos ad quos faciendum est in his scriptis, pro nobis et nostris subditis et dicte prepositure, et nobis adherentibus, appellamus el etùun provocamus. Predicti etiam congregati appellanint et provocarunt. Nos et ipsi nobis subdilus, et dicte prepositori* et adhérentes et adherere nobis et ipsis volentes, pruk tioni Dei, sancte Matris ecclesie, dicli concilii el alioniis quorum faciendum est, in quantum spiritualilatem lan git, et nostram et ipsorum .defensionem supponenlt< Protestantes nos et ipsi, appellationem et procuralionut hujusmodi innoncturos, ubi, quando, et quotiens videhmus expedire. In quorum testimonium, sigillum dii prepositure de Bellomonte presentibus duximus app^^ ncndum. Datum anno Domini M"" CGC'' tercio, die menti rii, in vigilia sancti Amulphi.

Au dos : Bclvacensis diocesis.

Bellomons super Aysiam. »

Ce n'était point là, évidemment, une attitude qui i sullât de l'initiative et de la spontanéité du clergé do I)t mont-sur-Oise ; il faut y voir « une sorte de thème l fait » qui dût être présentée, comme le reconnaît M. l^^d'Ârcq, à Tacceptation de chaque partie adhérente. î^^ les religieux de Royaumont, ils éprouvèrent au fond > leur âme ces liraillemenfs inénarrables qui naissent dV. situation grave et fausse en même temps. Tandis queb« paulé pratiquait des maximes qui avaient été en\i|:i' jusque-lù, le roi de France se trouvait blesse dans st*> ; intimes fibres ; Tévêque de Beauvais, Simon de Clern de Ncsle, était notamment convoqué dans le parlei*^ avec les abbés de ses monastères, et par conséqueni .» les cisterciens et avec Tabbé de Royaumont. D'aillt • pour les abbés de Royaumont, leur abbaye était uik '< tion d'un roi de France, et on leur présentait l aW»

Page 1