‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 183 sur 288 · LIVRE GINQUIEIIE · texte numérisé non relu

LIVRE GINQUIEIIE

dation de Royaumont ainsi que sa physionomie pendant le treizième siècle et dès le commencement du quatorzième. Terri lorialement, n'oublions pas que saint Louis rinstalla dans un pays dont les sites sont charmants. Nous avons dépeini, dans le premier livre, Taspect de la contrée, en plaçant le spectateur sur les hauteurs et au versant septentrional de la forêt de Gamelle, où Ton lourne le dos à Paris. Allons maintenant au côté opposé du paysage, sur le plateau élevé de Chantilly d'où l'on regarde au contraire la capitale. Du promontoire qui s avance sur des vallées à l'ouest de Chantilly, l'on apercevait dans la plaine le bourg de Gouvieux qui se développe en longueur ; on avait au midi l'abbaye de Royaumont (avec sa splendide église) ; à l'ouest on distinguait Precy sur les bords de l'Oise, ainsi que la montagne de Chaumont, qu'on nomme vulgairement leoamp de César, dans laquelle on trouve des pierres gravées, des médailles et des tombeaux antiques*. Puis, si l'on avance sur un autre mamelon, sans déplacer le fond de la perspective, le tableau, en prenant de la précision, gagnait en beauté et en fini. Du Mont-de-Pot, on a le plus beau point de vue ; on aperçoit, an delà de l'Oise, Boran sur la grande plaine de Berne, au-dessus de laquelle on dis> linguait la lourdeBeaumont ; la forêt du Lis était sous les pieds ; vers le sud-est la vue s'étendait jusqu'à Champlà- Ireux; on apercevait Montmélian, Luzarches; à l'est, on découvrait Senlis, Saint-Christophe, Montepilloy et le rideau de la forêt d'Halattc. Peu de points de vue étaient comparables à celui-là ; un moderne le préférait à celui de Richemond, en Angleterre '.

Ce n'était que le dehors de l'abbaye, mais au-dedans se dilatait une précieuse vie. Dans ses tranquilles cellules

• Description du département de VOise, par le citoyen Cambri, t. H, p. 86. Édit. de 1805.

* Le citoyen Polter. Je suis presque de son avis, écrivait Gambri en 1803.

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vanille des vivants se mêlait donc peut-ëlre à leur insu à ne luxe de la mort, ef à travers la gloire de l'art M. â'Ariitagnac. pouvait retrouver la gloire de sa maison ; Cojstvnx ne serait que le comparse illustre et inconscient d'une comédie de l'amour-propre; et la pièce se jouerait atec une nnïveté relative sur une scène de piété filiale. Ne vil-on pas le comte d'Armagnac pousser le besoin cl l'art (le légner jusqu'à réduire a tous les ministres, el 1» plus audacieux, les Seignelay, tes Louvois et loua leurs >f>eiirs, à se faire un mérite d'aller chez lui, et auilcvsnl di> tout ce qui lui pouvait plaire, et qu'il i-ecerail avec les façons de supériorité polie comme ce qui lui t On dit même qu'il sut ployer les princes du sang ù la même considération pour lui, et à une sorte d'égaillé de maintien avec eux chez lui-même. On ajouta que Ifs cadets de sa maison tirant leurs prétentions de leur niiissance et dans l'intérêt qu'ils avaient de rehausser leui' aîné, osèrent vouloir l'élever • jusqu'en compétence (loncurrence) de M. le duc de Chartres'. ■

Ce qui est sûr, c'est que l'altitude ambiguë et le myslèrc lies sf nlimenls politiques de Louis XIV, pendant de longues année», pouvaient laisser croire' que le traité de Montmartre de 16f)2 n'avait été rompu, ni parle traité *le Vinccnnes, ni par celui de MarsaP. Il est vrai que. dés iri()2, la noblesse de France avait jclé les hauts cris.

: duL' de Vendôme avait présenté une requête, par laquelle il suppliait le roi de considérer que Henri IV avait envoyi' une déclaration au Parlement, portant qu'il marl'tierail immédiatement après les princes du sang; que, ronforruémenl à celte déclaration, Sa Majesté avait bien voulu lui donner ce rang dans la cérémonie de l'Ordre du Sainl-Kspril. Le duc espérait que Sa Majesté accorderait la

> MémoiTet de Sainl-SimoH. t. U, p. iS.

wn de$ tniirs, du moins des pourpirlers diplDiniii<|iiP<' ■ ' i" f^ptrmbre 1U«j, i Narwl.

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