‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 187 sur 288 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

tente dePavenir ne permirent pas aux Romains de s'apercevoir de tous les malheurs qu'enfantait Texil prolongé du pape Clément V en France.

On va considérer Tabbaye de Royaumont dans la deuxième époque de son histoire ; il était indispensable de faire saisir les éléments nouveaux et difficultueux avec lesquels elle aura à remplir sa mission. La lutte acharnée enlre les deux grands pouvoirs qui régissent la société ne laissa pas que d'altérer profondément, dans l'esprit des peuples, de diminuer, au moins, l'antique preslige de lautorilé religieuse. On se réunit dans les conciles provinciaux de Compiègne en 1304, et de Senlîs en 1318', pour amoindrir le déplorable eiïet produit par la grande insurrection contre le chef suprême de la hiérarchie ecclésiaslique. Jean de Marigny, devenu évoque deBeauvais, se I endil à ce dernier concile avec l'abbé de Royaumont. C'était en vain. Le coup était porté. On ne barre pas facilement le chemin à un mouvement général des idées et des mœurs, quand la pensée publique a été lancée dans une voie. Le monastère de Royaumont commençait lorsque le beau rôle des abbayes était fmi, lorsque l'hostilité se dé-

* En général, on doit se tenir en garde contre les restrictions quelquefois trop gallicanes de l'historien Fleury, qui a d'ailleurs d'admirables qualités ; dirons-nous qu'il faille être réservé à l'égard des nuances plus ou moins Italiennes du bénédicin dom Louis Tosti, religieux du Mont-Cassin ? Je ne ))onsc pas qu'aucun écrivain étranger prélende diminuer notre amour pour la France, qui ne doit et ne peut être affaibli par rien. Tosti a écrit ceci : « Que ne poiivons-nous laisser dans l'ombre les prélats de l'assemblée tic Scnlis, qui furent assez mous pour se livrer pieds et poings liés à Pbili|>pe? — Nous sommes, disaient- ils, les fils très-dévoués du pontife romain et les sujets très-lldèles de Philippe. — Hs le disaient, mais ils se trnmpaieni ; leur filial dévouement au pape était détruit par leur fidèle soumisMOii à Philippe. Leur vertu chancelante ne leur permit pas de rester attachés au souverain pontife, et ils flottèrent entre lui et Philippe, i» {iiisloire de Uoniface Ylll, r. II, *p. 215, irad. franc del83i.) H n'est pas a<linii:sible que l'écrivain italien ait vquIu, au sujet de la lutte de Philippe ot (le Ooi.iface VIII, déclarer une sorte d'incompatibilité pour les Français eiitro le catholicisme et le patriotisme. Ce qui est clair, c'est que Tosti ne sont pas ou ne veut pas sentir le cruel embarras où se tiouva jeté, en 1505, le clergé de France.

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clarait plus ouvertement contre une institution qui anit été la pierre angulaire de la vie sociale au moyen ^t lorsqu'enfin, l'ordre de choses qui avait salisfall nos pères croulant de toute part, la puissance civile selîorçait de n'avoir plus rien de commun avec la sphère eccli^ siastique. Des symptômes éclataient donc, de tous côtî'S. signes des rudes conditions qui allaient être faites^ Tabbaye de Royaumont, dans la deuxième phase de m existence ^

* Voici comment s'exprime un magistrat de notre époque, le saUt du procureur général à Amiens, M. Bernard, constatant, dans on di:^:> • de rentrée, la fourberie de Philippe le Bel : « Philippe eut alors uiie : ces inspirations qui poussent les peuples et les rois vers rémanci{tti>''' le progrés ; il comprit qu'il fallait dégager la na'Uon de ses scrupule^ < la valeur des excommunications politiques, réveiller dans son sein le ^i ment de la vieille indépendance celtique et la rendre ouvertement c&m\ de la révolte du souverain. La bulle du pape fut brûlée publiqueme ' le peuple, convoqué à une assemblée solennelle, fut chargé de proib'' la sécularisation du royaume et l'unité du pouvoir. On était sûr de l. blesse, qui s'était ligu^ sous le régne de saint Louis pour repous^''> empiétements du clergé. Quant au tiers-état, on comptait sur so^ rations libérales et sur l'influence des légistes qui marchaient à s^ ti-' fut d'ailleurs préparé au grand acte national qu'on attendait de lui par bulle apocryphe où le chancelier Pierre de Flotte distimmiaii ke^U'* les accusations du pape touchant les eicés de Philippe, pour n') I.' éclater que les prétentions exorbitantes du saint-siége à la souvèi i. de la terre. » (Discours de rentrée deyzniidi cour d'Amiens, novemlirc \v

DEUXIÈME ÉPOQ0E

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