‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 195 sur 288 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

puits S Guillaume T'* et Alexandre, dont les sépultures se voyaient presque toutes dans le cloître de Royaumont '. Nais le monastère sait accorder à ceux qui sont humbles une immortalité terrestre qu'ils n'ont pas recherchée. La cérémonie des derniers instants du religieux bernardin a quelque chose de touchant et d'incomparable ; toute la communauté, suspendant ses travaux, venait prier, agenouillée, autour du malade. Il se retirait doucement de la vie, il ne quittait pas ses .frères, il les précédait ; sa famille spirituelle n'avait pas à se désespérer devant l'idée de rirréparabilité de la perte. Lorsqu'un religieux de Royaumont était mort, sa place restait telle quelle au réfectoire, personne ne l'occupait; on servait sa portion, dans une assiette, à sa place où une croix était plantée pendant un mois. Pénétrant symbole I ce moine n'avait pas disparu ; il n'était qu'absent ; on le traitait comme avant son décès, et il était d'usage qu'un pauvre mangeât sa portion pendant un mois.

L'usage de l'ordre de Cileaux était d'enterrer les abbés dans le grand cloître, situé ordinairement au midi de l'église abbatiale * ; mais ce li^u de sépulture ne servait que d'une manière exceptionnelle ; on enterrait ordinairement les morts dans le cimetière de ^abbaye^ A Royaumont, le cimetière longeait le mur septentrional de l'église \ Et puis, ces tombes des abbés, rangées dans le cloître, dans le lieu où le moine vivait le plus, ces tombes étaient à la

* Robert III de Beaupuits (de BeUo-Puteo) : son épitaphe se borne également à mentionner la date de sa mort, qui est l'an 1295. 11^ fut enseveli au cloître .

* Il mourut en 1296, d'après l'ancien Martyrologe de Royaumont.

3 Onzième abbé de Royaumont. Il est question de lui dans Iqs aix^hives de Morte-Mer. Il mourut en 1302. Sa sépulture se voyait au cloître de Royaumont.

-* IJâer sepuHurarum ClarevallUt ap> HeDriquez, Ffud SS.oi*d. Cist., Il, 471-476.

» làid. , p 479.

Voyez les plans de l'abbaye de Royaumont» faits au dix-septième siècle.

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fois un avis, une éfoquence et un encouragement. Il ne s'agit pas de poétiser la sépulture et de mettre des fleurs à des ossements ; toutefois tes tombes des abbés, ces épitaphes, lues sous les reflets naissants du soleil do maliB, ces dalles, ces coins de terre et de marbre qui recoumient des frères se reposant de leur fatigue, ces cercueils abri* tés par rherbe aromatique du préau, ces lauriers-roses, ces belles fleurs qui jonchaient ces lits mortuaires, nV valent rien de rebutant. Tout au contraire, à chaque pas, le moine, en foulant des reliques chéries et sacrées \ cherchait sa place au milieu des morts, mesurait de Toeil b toise de terre qui recouvrirait sa couche muette. 11 sa?»! que son sarcophage serait placé au milieu de la dmeun. au sein des habitudes de la vie; il pensait que ceux qui passeraient et repasseraient sur sa tombe, le regarderûetit comme un vivant et prieraient pour lui ^.

La vie intime et florissante de Fagglomèration ite Royaumont, au commencement du quatorzième siècle. trouve donc son principe légitime, soit dans les éléroeDl* nécessaires de toute vie de moine, soit dans les coutuim? et dans la forte organisation de l'abbaye elle-même d^ Royaumont. Telle était la célébrité pieuse dont Royaumi^c jouissait,dès son premier siècle d'existence,que les prèlab les rois, les princes, venaient par dévotion au monasl'^ se faire dire des messes. Cela était fréquent; on entn)u^ une preuve dans un acte du treizième siècle ; les religie'^^ furent obligés de fiûre intervenir le saint-siége pour r^

* Le clollre de Royaumont fut repavé au milieu du dix-huitième <^^ mais, aupara?ant, on y voyait les tombes des abbés avec leurs épi^K on y lisait : « Hic jacet Ivo... Hic jacet domnus Adam... Hic jacrt dos Theobaldus... domnus Robertus de BeDo-Puteo... llic jacet borne oh^^ domnus Robertus de Vernolio... domnus Pelrus a CaMavilla... Fr. Bertr^r de Balncoiis... etc , etc. »

* C'est ainsi qu'un cistercien avait mis pour son épitaplie :

• llic jacet vester Bernardus.

Eia, estoie raiiericoriles, Mi ht raisero preces iieodite.

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