‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 2 sur 288 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

craulres du môme ordre attestent que ce pays a subi de profondes transformations. » (Discours de M. Barthe, président de la cour des comptes, à la séance du sénat, du 30 mai 1860.)

Et cependant, dans les premiers jours du siècle, M. Portails avait dit, dans son Exposé des motifs de la loi organique de germinal an X : a Toutes les institutions monastiques ont disparu; elles avaient été minées par le temps ; il n'est pas nécessaire à la religion que des institutions pareilles existent. »

Le point délicat dans les sociétés modernes touche, nous le savons, aux donations de biens en faveur des religieux, et l'on ne veut plus que la société, comme au moyen âge, s'immobilise territorialement par les établissements ecclésiastiques et par les accumulalions exagérées des biens de main-morte. On n'essayera point de discuter ici cette énorme question. Que craint-on d'ailleurs, puisque la loi a pris ses mesures pour protéger les familles contre les abus des donations intempestives, et pour ôter aux individus la facilité de donner leurs biens après leur mort? Toutefois, quand on examine cette question au point de vue élevé d'une saine liberté, les entraves qu'oppose la loi moderne, prolectrices d'un côté, paraissent assez étranges de l'autre. On est plein de feu pour empêcher l'appauvrissement des familles, qui résulterait, croiton, des aliénations de bibns stipulées au profit des couvents; maison nefait rien, ou n'imagineaucuneloi, aucune mesure coercitive contre le danger de ruine qui menace perpéluellement les familles, par le fait

INTRODUCTION. ix

de certains libertinages insolents, de la frénésie de certains jeux, de la contagion de certaines coutumes publiques. Il y a là une regrettable contradiction : on défend de faire un legs pieux à un établissement religieux ; mais, en même temps, on ne songe guère à réclamer contrela faiblesse des lois, àToccasion decertains désordres contemporains qui sont un scandale, un danger public pour les fortunes, pour l'honneur et le bonheur du foyer domestique. Ne voit-on pas de

toutespartscommeune coalition pour ruinerPépouse, la mère de famille, les enfants? Ne marche-t-on pas à la glorification de l'absurde, à l'extinction du sens moral dans toute question qui touche à l'honneur public, à l'infaluation insupportable de Torgueil individuel, à la déification des courtisanes, a l'acclimatation des Benoiton des deux sexes?.... Mais de pareilles plaies n'effleurent point notre épiderme : songeons d'abord à des lois de répression contre les communautés religieuses I Heureusement, cette situation et cette contradiction ne durent pas, et Ton revient à plus de logique et d'équité ; dans le cas contraire, l'histoire aurait murmuré le mot d'insanité à l'endroit de notre époque.

CommeMarseille devait sa naissance etses origines, selon ÂVistote, à une colonie de marchands phocéens (de Phocée, ville d'Ionie), Royaumontdoit à son tour sa renaissance à une colonie de missionnaires provençaux, partis de la cité phocéenne, reine de la Méditerranée, c'est-à-dire aux oblats de Marie immaculée, venus de Marseille, Neveu et ancien aide de camp du

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