LIVRE SlIiÈHË
pieds; la femme était justifiée ou punie. Mœurs étranges! Mais lorsque l'armée anglaise venait s'établir tumultueusement dans les abbayes des bords de TOise, lorsqu'ils entraient dans le monastère de Saint-Lucien, à Beauvals, avait-on le temps de raconter la légende de la comtesse deGastinois? Cet Ingelger qui tua Gontran, cette comtesse qui, de Tavis et du consentement de ses barons et de ses vassaux, fil Ingelger son héritier; cet archevêque de Tours qui lui donna en mariage sa nièce Adelinde avec les châteaux d'Amboise, de Busançay et de Chàtiilon ; cet Ingelger enfin, qui devint ainsi la tige des comtes d'Anjou, lesquels montèrent sur le trône d'Angleterre ^ ; tout cela formait des épisodes historiques pleins de curiosité ; mais ce sujet d'histoire était alors moins vif d'intérêt que l'actualité du voisinage de Royaumont. Les Anglais incendièrent une ferme de l'abbaye de Saint^Quentin ; ils allaient réduire en cendres Tabbaye elle-même, si un religieux, Jean de Maisoncelle, n'avait versé une forte somme dans la main de l'ennemi. Jean de Boran était abbé d'un autre monastère du diocèse de Beauvais. A peine Edouard s'en fut-il éloigné, que Les traînards de l'armée y mirent le leu.
A regarder derrière soi, il y avaitdes raisons pour s'arr*éter à un détail dans la vie domestique du roi Louis VU, Jans le douzième siècle, et dont le rapport paraissait fort étroit avec les complications qui commencèrent à remplir c régne de Philippe VI de Valois. Philippe de Valois, pour cnger l'honneur de ses armes, s'apprêtait à se mettre à a poursuite des Anglais avec près de 100,000 hommes, (n allait se rencontrer dans les plaines deCrécy) où nous cvions perdre une bataille désastreuse pour la France, et 3tte lamentable défaite devait être suivie par d'autres urnées non moins funestes. Voici comment un incident
> Gesia Andeg* — EmqU hktoriq. ëur Paris, par Saint-Foiz, t. U|.
du douzième siècle avait une connexion plus immèdiati avec les désastres du quatorzième. On crut, vers la fin do onzième siècle, devoir réagir contre les longues chevelu* res, contre les longues barbes, jusque-là signes distindil^ de la nationalité française. L'archevêque de Rouen et d'autres évêques réunis en concile en 1096, jugèrent de>o)r faire quelques statuts à ce sujet, si bien que lesapritssV gîtèrent pour cette question des barbes *. Il eût été difficile à cette époque de prévoir que de ces questions acres soires surgiraient des guerres qui désoleraient la Francr S'il faut en croire certains récits, vers Tan H46, sur h représentations du célèbre Pierre Lombard, qui futdepu^ évèque de Paris, Louis VII jugea que sa conscience éiaii intéressée à donner au sujet des longues chevelur^ Texemple de la soumission aux mandements desé^èqiie^ Il aurait, dit-on, raccourci ses cheveux, et même sesenu fait raser la barbe. Aurait-on pu imaginer que ces mince détails étaient gros de désastreuses conséquences pourli * nation tout entière? On raconte qu'Éiéonore d'Aquitair/ que Louis Vil avait épousée, princesse vive et légère, a<^ rait d'abord raillé le roi sur ses cheveux courts et m« menton rasé, et que, de conséquence en conséquence* b princesse ayant débuté par trouver son mari ridicuk\t paix et l'harmonie auraient bientôt déserté le royaU nage. On ajoute qu'au retour de la croisade, des aliène lions étant résultées à l'occasion des empressements Ax: le prince d'Antioche avait entouré Ëléonore en Syri^ divorce se serait ensuivi, et six semaines après, Élèon*' d'Aquitaine épousait Henri, duc de Normandie, cob' d'Anjou, qui devint dans la suite roi d'Angleterre, et m ç elle porta en dot le Poitou et la Guyenne. C'est pourt ce qui de loin prépara et amena 1546, et ces péripîit qui pesèrent sur la France pendant cent ans ; il périra p -
A p. Pommera ye, Uùt, des archevêque HumeH^ c. Tui.-^Saiiil-KMi ' p. 104.