LIVRE SIXIÈME. W
bancs, lisaient dans un profond silence, ayant leur capuce disposé de manière qu'on pû( s'aperccvoîrqu'its ne dormaient pas. C'est àl'un de ces moments que l'on transcrivait des manuscrits '. Ce fut à une de ces heures, et dans ces lectures du cloHre, que saint Bernard acquit celte connaissance étonnante des saintes Écritures, sur lesquelles il méditait avant la lumière du jour*. C'est à une de ces heures que, dans le siècle précédent, les moines de Royaumont avaient pu prêter leur collaboration pour 1 Encyclopédie des connaissances humaines, dirigée par Vincent de Beauvais. Les laudes suivaient presque immédiatement matines en été, après quoi les frères avaient un intervalle pendant lequel ils pouvaient aller au dortoir pour se laver et changer une partie des vêtements qu'ils avaient gardés pendant le sommeil. Enhiver,quand ils se sentaient transis de froid, ils avaient la faculté d'aller au ciléfactoire ou chauffoir. On chantait Pnnif aussitôt que le soleil commençait a paraître, puis mi se rendait au Chapitre.
Voilà comment s'inaugurait toute journée; Royaumonl devançait l'aurore, les prémices dû jour étaient toujours données à des actions de haut spiritualisme. Le bernardin con3inençait par alimenter la plus noble partie de luimôme, il élevait son âme à Dieu, il priait, et il nourrissait son intelligence de hautes et fortifiantes études. Ap^s l'ofîBce, les religieux screndaicnldonc au chapitre*, où ils suivaient de pieuses lectures, et puis s'accusaient tout
< Dansl'inlemlledMiMfJnMet des ItniJti. let moiaes aviient la baillé le lire nu dv prier: Eanl mCafilulum; ialerim pettuni ft «rartetlegrtt; 'iomoMlicon Citlert , {■ li"'.
■ V. Vie de taint I ii.iinr llardUiç. [ni- Ottlgtiriis.
3 l,e mol chofitic ili -iiinsit tnui II 1* tais In nïuriioii d» moines cl b a//e qui semit fi ii ~ iiiuiioii». Oti iic Mit si Itw piniiMuiilcK ttuiimpl iti^rales encftdnioii i<'.' {"'iiiHiimlt'^ *t)Ma deRaitumitai pcjnuiwrlwii; ■ si, quind U ponfui.' fut ,r 1.. riiiide, OB «Iplmi « " ■ " libayes cistercien lU'-. hot»iiii[i< i> Itoyaiimonl.
594 HISTOIRE DE ROTAUMONT.
haut de leurs fautes; ils appelaient cela, dans les monastères, se proclamer. Il était dans les prescriptions de Fordre que, lorsqu'un moine avait fait une faute quelconque contre la règle, il devait venir immédiatement s'accuser devant Tabbé ou la communauté. Les fautes secrètes contre les lois de la morale n'étaient pas comprises dans cette prescription. Le moine qui aurait négligé de s'accuser des fautes dont la déclaration publique était obligatoire, détail être accusé par ses confrères, et alors la peine était plus forte ^ II s'en fallait que ce fussent des scènes trè<attrayantes pour rorgueil humain que celles du chapiîrr Mieux qu'aucune partie de la vie monastique, les séances du chapitre montraient qu'être religieux de Royaumont. ce n'était pas seulement porter un habit d'une forme particulière et passer son temps dans des observances n%> lières ; on travaillait à Royaumoilt k se perfectionner, ticontenant le moi ou l'amour-propre dans rhumililê. l^ cisterciens tenaient à cette règle, qui, par l'humilité, teigne et bannit ce qui empêche les hommes de s'aimer. En forme de cercle étaient rangés des sièges, les uns8u-d6ssii> des autres ; les novices s'asseyaient au dernier rang, comn r par exemple aux marchepieds attachés quelquefois au banc; au milieu s'élevait le siège de Tabbé. Le chapit^ s'ouvrait, à Royaumont, par une prière, et probabkmoi ^ coipme à Citeaux, par la lecture du Martyrologe^ pentLu i laquelle on était debout; ensuite on s'asseyait ; suivait •• commémoration des fidèles trépassés'; on lisait àhauu voix une partie de la règle de saint Benoit, puis ^abbêp^'* nait la parole et faisait une instruction. Après cette ii struction, chaque frère qui avait transgresse la rà*. frtt-ce de la manière la plus légère, s'avançait et conft-
* Regul. S. Bened., cap. XLVI.
• Lorsque le R. P. abbé recevait la nouvelle de la mort du père, •*• mèiHï, du frère ou de la sœur d'un religieux, il recommaDdait le d !j au chapitre, sans le nommer, pour le moment, afin que chacun >> * ' ressftt comme pour son propre parent..