‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 21 sur 288 · LIVRE PREMIER il · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER il

de la première branche des Capétiens vers 1328 ; ce qui donne un espace de cent ans environ.

La deuxième époque de Royaumont embrasse Tespace de temps écoulé entre le milieu du quatorzième siècle et le commencement soit du dix-septième siècle, soit du règne de Louis XIII. Un lent travail de décadence, interrompu par des intervalles d'amélioration temporaire, marque les deux cent cinquante années de cette période.

La troisième époque conduit l'histoire de Royaumont à travers le dix-septième siècle, le dix-huitième, la Révolution française, et se prolonge jusqu'à nos jours. Cette période est marquée par un moment de déclin et de renaissance, ensuite par une chute totale, enfin par une réapparition merveilleuse dans le dix-neuvième siècle.

Commençons par raconter, dans ce premier livre, de quelles idées et de quelles circonstances est née l'abbaye de Royaumont.

On était en plein règne de Philippe Auguste, règne glorieux et fécond pour la monarchie française, et dont Téclat brillait à Tétranger comme au dedans du royaume. Blanche de Castillc et Louis Vlil mariés depuis Tan 1200 vivaient à Tombro de tant de gloire, dans un rang secondaire néanmoins, sur les secondes marches du trône, et avec la pcrspeclive de régner à leur tour. L'avènement de Louis VIH au rang suprême ne devait avoir lieu que vingt-trois ans après la célébration de son mariage.

L'héritier présomptif de la couronne ne resta pas à l'écart, pendant ces vingt-trois années, dans une molle et

stérile indolence ; et c'est à bon droit qu*i] fut surnommé Lion pacifique. Quelques historiens modernes insinuent, comme un soupçon, que ce n'était là peut-être qu'une ironie de l'histoire. Mais cette dépréciation de l'un de nos vaillants princes est loin d'être justifiée par des preuves ; les faits révèlent, au contraire, dans Louis VIII un homme d'une valeur réelle, et qui, en d'autres conditions, aurait pu être transcendant.

La peinture que Guillaume de Nangis, chroniqueur ' français du treizième siècle, a laissée de Tépoux de Blanche de Castille n'en donne pas une idée médiocre ; il nous montre le prince s'associant très-activement aux grands actes du règne de Philippe Auguste, y figurant en personne sous l'omnipotence de la volonté paternelle, et dans une mesure d'initiative et de participation qui marquent une nature virile, un caractère assez puissant et un courage grandement accentué. Louis VIII était en 1217 au siège de Douvres, et puis il marchait sur Londres. On retrouve Louis VIII en 1219 dans une expédition contre les Albigeois et contre les Toulousains. II assiège et prend Marmande ; il entreprend le siège de Toulouse. Sacré roi en 1223, il reparaît sous les armes en 1224, il assiège Savari de Mauléon dans le château de Niort ; il attaque la Rochelle et s'en rend maître.

11 serait antihistorique de représenter comme sans aciivité et sans couleur un personnage qui se dessine en de semblables traits. Louis VIII entreprit des campagnes qui ne furent ni sans audace ni sans péril. Ne serait-ce que pour s*êlre mis résolument à la tête du parti qui repoussait les prétentions anglaises sur le continent,

* Guillaume de Nangis mourut, croit-on, vei^ 1502; il se qualifie luimême de c frère Guillaume de Nangis, moine indigne de l'église de Saint- Denis en France. » On a de lui : 1* les Annales de France de Tannée 1112 û l'année 1501, Chronicon Guillelmi de Saugiaco aif anno 1112 ad annitm 1501; 2* une histoire de saint Louis, sous le titre de Geêta s. iMdovicilX, Francomm régi*.

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