LIVRE SIXIËHE
liiïcur. En wrlains cas, en Cire privé élait regardé comme une punition. Après l'hygiène, la toilellc avait son tour. Six fois par an d'aburti, e) à. partir de l'année 1257 douïe fois par an, on rasait les frères et on leur Taisait ' la tonsure. On n'oublie pas que tout, chez les cisteitiens, se Taisait dans le plus profond silence.
Voilà, dans leur ensemble, comment étaient distribuées les journées et les semaines h Royaumont au quatorzième siècle, et l'on reconnaîtra que la vie inléricure de l'abbaye reposait sur une organisation admirable et pleine de sagesse. Le savant auteur d'une Étude sur une abbaye bernardine' s'extasie devant les cnnslilutions et l'organisation des cisterciens. « Nous anirmons, dit-il de la règle de Ctteaux en général, qu'elle est un chef-d'œuvre d'organisation. En parcourant ce vaste ensemble de prescriptions si judicieuses, si sagement coordonnées, oii lout a été prévu avec «ne rare pénétration, on demeure étonné, confondu d'admiration. On se demande comment. Il une époque aussi reculée, quelques-uns diraient aussi barbare, comment, au commencement du douzième siècle enfin, une constitution si forte a pu être conçue. Le lien, la hiérarchie, la discipline, rien n'est omis. » Ce qui est reconnu, dans l'organisation cistercienne en général, doit être dit également de la distribution elle-même dos heures de la journée à Royaumont; ces journées étaient rudes et austères, mais combien elles élaient admirablement remplies I N'omettons pas de mentionner sous quelle foime s'accomplissait la dernière des heures que le bernardin passait dans Royaumont et dans la .vie de ce monde. Lorsque le malade cistercien entrait en aL;niiif, on répandait sur la terre de la cendre en forme de croiv,
• C'est le cinlinBl Jean de Tolède qiii demanda, en 1357, au clmpiti-c (.'l'-nùrBl. que les Trëres fussent raiH plus souvenl.
*Lc baron Challloii des KiiTKs:l'Abtagede Pmligny.iiU, in-l', p IK — Exlrail dt V Anmieirc de l'Ytntit, travail qui oblint une inentiuii \tv'~ lioiHirallc de l'Acailiniie des inscriptions et belles-lellreii.
on la couvrait d'un linceul et on y déposait le moribond; ensuite, on frappait la crécelle à coups redoublés cl od tinlait quatre fois la cloche pour appeler tous les religieux à(V grand et saisissant spectacle; tous, prosternés à Fentoui de leur frère expirant, récitaient les sept psaumes de
pénitence, et quand Tagonisant avait rendu le dcrnitr soupir, ils entonnaient l'antienne Stibvenitej par laquell* ils appelaient les anges et les saints à venir prendre, a^j sortir du corps, Pâme de l'athlète de Jésus-Christ, el a la transporter dans le sein d'Abraham. On lavait le caàvre et on le transportait à la chapelle, revélu du cosluuif monastique, le visage découvert. Deux religieux se relvaient successivement pour prier près de lui. Lorsque k moment de Tinhumation était arrivé, on chantai! Toftiu des morts ; puis on couvrait le visage du trépassé a>'< son capuce, et quatre religieux le portaient au cimeliôr et le descendaient dans la fosse, sans autre eovel<ip[ que le froc, qui lui tenait lieu de suaire et de cercuril La (erre était rendue à la terre '.
En résumé, la vie d'un religieux de Royaumont m lait dans ce cercle perpétuel de travail et de prièrr le jour, au chœur, (fans les cloîtres, dans la salle de It^ turc, dans les jardins, dans les champs ou dans les jI tiers intérieurs; la nuit, dans sa cellule ou dans los'i • toirs. La cloche l'appelait successivement : l'àlV^" savoir : pour les matines à deux heures du matin, p'i^ lamles à cinq heures et demie ; pour prime à six heun*^ pour la première messe à six heures et demie; [h* tierce à neuf heures ; pour la grand* messe à neuf hcu:^ et demie, pour sexte à midi, à dix heures trois qurr chez d'autres cisterciens ; pour none à une heure el i mie après midi, à trois heures selon d^autres; poui i près à quatre heures ou à six heures ; pour compliess ^■
* V. Us. antiq., apud JV^maW. — VHiitoire de Mmm<md, par 1 sU- '
bois.