LIVRE SIXIÈME
vies des. prières du soir et de rexamen de conscience, tantôt à sept heures et tantôt à huit heures. Tous ces offices étaient chantés. 2*" A la saUe de lecture^ au chapitre ou aux elottreSy pendant les intervalles des exercices précédents; là, les religieux méditaient la Bible, lisaient les saints Pères , étudiaient des ouvrages de théologie, d'histoire ecclésiastique ou de piété, ou s'humiliaient. y Aux ateliers de travail^ à la culture des champs^ au travail manuel, etc., de sept heures du matin à neuf heures, et de deux heures à quatre. Avant de s'y rendre, les moines venaient dans une salle servant de vestiaire, où ils quittaient leur grande coule hlanche, et puis se rendaient aux travaux de la campagne. De retour, naturellement ils se lavaient à Tun des bassins et reprenaient leur habit de chœur. 4^ Au réfectoire, à deux heures, trois heures, quatre heures, selon la saison et les temps. Chaque repas était précédé d'une prière, accompagné d'une lecture et suivi des grâces : et toujours, dans un silence perpétuel et avec la même frugalité; la nourriture consistait en légumes cuits à l'eau et sans graisse; sauf les exceptions d'œufs et de poisson. En carême, un seul repas aux approches de la nuit ^
A côté de l'aspect austère, n'y avait-il point aussi, dans la vie telle qu'elle s*écoulait à Royaumont, Taspect de poésie surnaturelle, et ce milieu spécial que créent la ^ràce et la lumière évangélique? Il semblerait que le suave pupille de FràDiamante, Télèvc deSandroBoticelli, ait eut ridée de consacrer, par son pinceau, une vue d'intérieur de l'abbaye deRoyaumonl,dans son tableau de la Vierge dictant à saint Bernard la vie du Christ, qu'on voit dans l*église de la Badia, à Florence. Si Philippino Lippi*
* C'était ainsi, dans les abbayes cisterciennes de cette époque, à Horimond (V. 1 abbé Dubois, Hiê$, de Marimond), à Orval (V. les Ckramqueê de l'abàane té^OrtfOêj par II. Jeautin, présid. du tribunal civil de Nontmedy).
« 11 signait ses Ubleaux, Fili^mu de Piorentia, il termina la chapelle des nrancacci. au monastère del Carminé à Florence, chapelle qui a été une
demont le premier rang dans sa maison et la prësèance sur tous. Le roi lui répondit qu'il était le maître de régler chez lui tout ce qui lui plaisait. Il ne lui en dit pas davantage , mais en même temps il fit enlendre à Yaude* mont que, ni sa nouvelle qualité de souverain, ni sa nouvelle préséance sur la maison de Lorraine, ne changerait rien à sa cour, où il avait le rang de grand d'Espagne^ comme il Tétait, et qu'il était k propos qu'il n*imajgînftt pas d'y en avoir d'autre, ni aucune préférence au delà en rien.
« On peut juger de la rage, du dépit, de la honte, de la douleur de l'oncle et des nièces, d'une pareille issue. Ils comprirent tous que le mal était sans remède, et en prirent, extérieurement du moins, leur parti. M. de Vaudemont s'ôta toute chimère de la tête. Mais tout cela ne put apaiser les Lorrains, qui rompèrent ouvertement avec lui, et qui tous, excepté sa sœur, ses nièces et la duchesse d'Elbeuf, sa belle-mère, c'est-à-dire de sa femme, et qui demeura neutre, cessèrent tous de le voir, et ne l'ont jamais revu depuis. Ses nièces en demeurèrent brouillées avec eux tous, et M. le Grand ne cessa de jeter feu et flammes.
ff L'affront qu'il prétendait que son fils (Camille} aTait reçu en Lorraine, par la préséance de Yaudemont qu'il y avait essuyée, Toutrait d'autant plus que, brouillé luimême avec M. de Lorraine, par la hauteur avec laquelle il avait arrêté ici tout court les prétentions de Yaudemont « et dont il s'était élevé contre sa préséance sur eux, il lui devenait fort embarrassant de laisser son fils à la petite cour de M. de Lorraine, et encore plus amer de lui faire perdre quarante mille livres de rente qu'il en recevait, en le faisant revenir, et ne voulant pas l'en dédommager. Après bien des fougues, madame d'Armagnac, bien moins indifTèrente que lui à se soulager du prii^ce Camille aux dépens d autrui, fit en sorte'qu'il demeurât erf Lorraine,