LIVRE SEPTIÈME
1550>UOO. — Période de guerre étrangère et de guerre civile. — La vallée de l'Oise, un des théâtres de ces guerres. — Asnières-sur-Oise, Royaumont et Beauraout, sous la souveraineté féodale de Charles le Mauvais. — Difrérents fléaux à la fois. — L'invasion anglaise. — Le soulèvement des paysans. — Naissance de la Jacquerie à Boran et à Saint-Leu d'Esserent. — Traité de Mantes, de 1353, qui rend à Philippe d'Orléans la souveraineté sur Royaumont, Asniëres>sur-Oise, la forêt de Gamelle, etc. — Vne journée des moines moissonneurs entre Royaumont et Asniëres. — Des bandes armées menacent l'abbaye. — FoiHes contributions frappées sur elle. — Comment Tatlitude de Royaumont a été interprétée. — Le fait qui lui est reproché s'atténueL — Incomplet développement de Tidéc de nationalité française. — Pardon accordé, en 1559, aux moines de lloyaumont par le dauphin Charles de France, fils du roi Jean, et régent du royaume. — L'abbaye de Royaumont entamée à la fois dans ses intérêts spirituels et temporels. — Influence funeste du régime féodal. — G^nséquences de la justice seigneuriale de Royaumont. — La baronnie de Roupi, près Saint-Quentin, endommagée par les Anglai^f. — Manuscrit inédit du quatorzième siècle, relatif à ce dommage. — Transaction de Royaumont avec le seigneur de Nedoncel au sujet de la terre de Roupi . — Conflit de juridiction entre Tabbaye de Royaumont et Milon de Dornians, évéque de Beauvais, en 1583. — Les religieux prétendent à l'indépendance, ù l'autonomie. — L'appel de l'abbé de Royaumont au parlement n'est pas heureux. ~- Religieux condamnés aux frais du pit)cès. — Procès de la duchesse d'Orléans, comtesse de Beaumont, contre Tévéque de Beauvais. — Arrestations : gens écroués dans les prisons de Boran et de Viarmes. — Personnages de Boran, de Saint-Martin-^lu-Tertre et de Noisy, compromis. — Autre contestation, en Tannée liOO, entre dom Bertrand des Bains [de BalneoHs)^ abbé de Royaumont, et Pierre de Savoisy, évéque
de Beauvais. — Le droit de nommer le chapelain, à l'hospice de Montalaire créé par les moines, objet du débat.
II se préparait des crises plus terribles, dans lesquelles lOyaumont ne sera pas épargné. On allait assister aux lus effroyables complications poliliques qu'on eût vues, l il était impossible aux agglomérations des cloitres de
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lie pas ressentir, malgré leurs grilles et leurs murailb, le contre-coup des destinées nationales. Une sinistre personnalité de cette époque dont Royaumont éproa^a l< pesant voisinage, résume tous les malheurs du momeiil c'est Charles le Mauvais, roi de Navarre. Cet homme, d'uur réelle organisation pour le mal, eut un instant de popti larité; il était, disent les contemporains, petit, \if, H d'esprit subtil. Le pays d'Asnières-sur-Oise, deRoyaumou et de Beaumont fut placé quelque temps sous la m^* raineté féodale de ce prince. Charles le Mauvais r3ppell< les trop nombreux fléaux qui affligèrent simullanèroeii' la France depuis 1355 à 1360 : l'Anglais, le Na^^rrai> la guerre civile, la guerre étrangère, Tinvasion den<Kn territoire, la guerre des rues, la guerre entre les nobk^ les bourgeois et les paysans, le pillage des villes, le s^ des châteaux, des églises et des abbayes, le ravagea provinces, et notamment des vallées de TOise. Qu'étalK que ce Charles le Mauvais?
Charles d'Évreux, fils de Philippe d'Êvreux, tX)u>i germain du dernier roi et de Jeanne de France, till» ' Louis le Hutin, monté sur le trône de Navarre, à dix-)' ans, lors de la mort de sa mère, en 1349, avec deslale'^ qui auraient pu être très-utiles au royaume, en deviii fléau et fut une cause de ses malheurs. Mèzerai trace ^ trois lignes son caractère : « Il avait, dit-il, toute> - « bonnes qualités qu'une méchante âme rend pernicieux ^ « l'esprit, l'éloquence, l'adresse, la hardiesse et b li « ralité. » Il était encore, ajoute un historien, to perfide, cruel, vindicatif, ce qui lui a mérité lesun de Mauvais^ sous lequel il est connu dans rhisloin roi lui donna Jeanne, sa fille ainée, en mariage, t combla de caresses et de présents, mais pas assez {
* a Ainsi commencèrent le roi de Navarre et ses gens ^me p9 ^ Savarrais, à guerroyer fortement et durement le royaume de f*- Froissart, Chroniques, liv. !•', Il* part., chap. uiiir.