‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 225 sur 288 · LIVRE SEPTIÈMK. 44?i · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈMK. 44?i

morency, Jacquin de Chenevières, de Tavenii, ait esté osicuz à capitaine par les habitants de la chatellenie et d'autres qui requirent à Simon de Berne, prevosl de Beaumont-sur-Oise et capitaine de la conté de Beaumont et de tout le pais environ ; les quiex chevauchoient à force d'armes sur les diz gentils hommes que il leur feist un capitaine en la terre de Montmorency. Lequel prévost leur répondit : « Eslisiez;» les quiex nommèrent à une voix ledit Jacquin, et pour soy escondire ou autrement ne povoit estre qu'il ne le feust, ou autrement ils l'eussent mis à mort. Lesquiex habitanz firent plusieurs maux en la présence dudit Jacquin, qui touz jours eux disoit : Ne boulez nulz feux; et pour les plus tost faire cesser leur disoit : a Attendez à une autre foiz. » Et pour ce l'appeloient traytre, et li vouloient couper la teste... (le régent signale les maux, crimes, dégâts, assassinats que Jacquin a empêchés)... Si nous a humblement supplié ycelui Jacquin que considéré : a que lors n'y avoit nul remède fors que de mort recevoir qui au temps de lors ne obeist ou vousist obéir au peuple... et aussi les bons services par ledit Jacquin faiz à nostre très-cher seigneur et ayeul le roi Philippe... Nous plaise pardonner audit Jcicquin... Li avons quitté, remis et pardonné.

a Donné à Paris, l'an de grâce mil trois cent cinquantehuit, au moys d'aoust*. »

Le Trésor des Chartes contient également les lettres de pardon qui furent accordées aux habitants de Boran'et à ceux de Précy'.

Toutefois, pendant que le royaume était envahi par }cs Anglais, pillé par les Jacquiers et dévasté par des [poupes méridionales désignées du nom de Navarrais,

* Arcli. imp., Hemisêio pro Jaquino de Cheneviereê, Reg. JJ, 8C. ^ A I' . Trésor des Charte», Reg. JJ, 86. Carta pro habitantilniê ville de orrenc^ f. 175.

^ Ibîd. , Cor/, pro habitanl. ville de Presdaeo. f. 82.

444 HISTOIRE DE ROTAUMONT.

une insurrection éclatait à Paris; on assassinait les ministres du dauphin Charles, duc de Normandie etrègeni du royaume. Etienne Marcel, prévôt des marchands, se mettait à la tête des bourgeois et tentait une révolution. Il tirait Charles le Mauvais des prisons et faisait ce que se proposa Mirabeau en 1789, en jetant le prestige d\) Jitre d^un prince par-dessus une révolution dont le but était de changer, non la dynastie, mais la branche rtgnante ; il déclarait Charles le Mauvais capitaine des forc<?> de la capitale. Mais, en de telles conjonctures, les campagnes et les environs de Royaumont voyaient le désordre monler au comble ; la noblesse expiait les mauvais traite^ ments qu'elle avait fait endurer aux paysans depuis ï défaite de Poitiers : il n'y avait point d'excès auquel I paysan, poussé à bout, ne se portât comme à titre <^ représailles. Voilà à quel moment on se présenta à Rouimont : la terreur était dans le pays ^, et les Anglais ne ce^ • saient pas de renouveler, sur un point ou sur un autrr leurs éternelles agressions. Le dauphin, que Fèmeu/ n'avait pu vaincre, rentra dans Paris par la force i^ armes; mais Tétat du royaume semblait désespéré, l^ routiers anglais ou français couraient la contrée. Ijcs g^' de la campagne avaient été réduits à changer les cloi b r de leurs églises en forteresses. Des sentinelles s'\ naient tous les jours pour annoncer l'approche de T nemi, pendant que leurs compagnons travaillaient; t nuit, ils se retiraient daiis des barques amarrées au > lieu des rivières, ou bien, ils creusaient, pour leurs b*^ tiaux ou pour eux-mêmes, dos retraites souterraines ^ milieu de telles craintes, les travaux d'agriculture 5^ r lenlissaient; la moisson s'en ressentait, et la fam menaçait le pays d'un autre fléau*. Froissa rt a raci

* La Jacquerie fui comprimée en 1358.

^ Le Gonlinualcnr de I^angris. ^ Froissart, CkroHÎq. » Mirh^<i. fh* Irance, t. III. — Duruy, IfM/, de France, t. V\

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