‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 226 sur 288 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

en détail ces excursions des compagnies, ces équipées (leNavarrais, d'Anglais et de pillards qui désolèrent pendant de longues années les plus belles provinces de France. On peut lire dans ses chroniques le tableau des ravages exercés sur les rives de l'Oise *.

Le dauphin, cherchant à détacher le roi de Navarre du parti des Anglais, l'avait invité û une entrevue en la ville de Clermont; cette entrevue n'avait pas eu une issue Favorable, les hostilités en devinrent plus opiniâtres. Les troupes anglaises, poursuivant leurs conquêtes, travei'sérent le Noyonnais, qu'elles ravagèrent. Après avoir saccagé Tabbaye d'Ourscamp, les Anglais descendirent le cours de rOise, insultèrent Compiègnc, brûlèrent Venetle, se rendirent maîtres de Pont-Sainte-Maxence et de Creil. Les Navarrais, ayant opéré leur jonction avec les forces britanniques, le captai de Buch, leur général, pénétra dans Olermont, détruisit la collégiale de Saint- Arnoull, força le château et passa au fil de l'épée ceux des habitants qui ne purent réussir à prendre la fuite. Puis, se concertant aveclecommandant dcCreil, ilmilà contribution tout le patjs situé entre Beauvais^ Sentis etBeaumont*. On était en 1358; il n'y avait d'autre parti pour les habitants du Beauvaisis que de fuir et d'emporter avec eux leurs effets les plus précieux, et, s'ils avaient du courage, de se réfugier dans

' « Si multiplièrent tellement, ces Navarrais, que ils prirent la forte

ville de Creel [Creil], par quoi ils étoient maîtres de la rivière d'Oîse...

De la TÎlle de Greil-sur-Oise, étoit souverain capilaine un chevalier navar-

l'ois appert durement qui s'appeloit messire Koudrigais... Cil donnoit les

sauf-conduiis è toutes gens qui vouloient aller de Paris à Compiëgne..-.

ceux eonroient tous les jours Fans faute et pilloient tout le pays... et s'é-

toient rachetées à ces capitaines toutes les grosses villes non fermées., à

payer une quantité de florins toutes les semaines, et autant bien les

abbayes ; autrement ils eussent tout ara et détruit ; car ils étoient trop crueux

sur leurs ennemis. Par telles manières de gens demeuroient les terres

vagues ; car nul ne les osoit labourer ni ouvrer, dont depuis un très-cher

temps en naquit au royaume de France. » Chroniques ds FroUsartj liv. I,

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