‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 234 sur 288 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

qu'occupa le roi Gustave III de Suède ^ On garda longtemps le lit offert à Sa Majesté *. Du roi de Suède on est amené à la construction d'un pavillon florentin à Royaumonl, et de cette construction aux grandes affaires de i 789. L*abbé de fiallivières s!occupant de bâtisses au moment de la grande et gigantesque révolution, parait un anachronisme choquant. Ce n'était pas des alignements de pierres et des élégances d'ameublement qu'il fallait à de sérieux réformateurs d'une maison qui allait s'éteindre. Des hommes éminents en sainteté, en détachement d'eux-mêmes, en talent, en génie, en charité, de grands caractères, 3e grandes âmes, voilà ce qui aurait régénéré et sauvé Royaumont. Au lieu de cela, l'abbé de Ballivières de* mandeunpian àM. leHasson, architecte, pour a voir à Royaumont un palais dans le goût de ceux de Florence, espérant sans doute y goûter de longues et de molles années. On travailla à ce palais depuis 1784 jusqu'en 1789^. M. de Ballivières chargea, en 1788,1e frère de l'architecte, M. François le Masson, qui était sculpteur, de faire la sculpture de deux bas-reliefs aux deux façades principales du nou* veau palais^, en même temps qu'il commandait, à Paris,

' Cet appartement devint, plus tard, l'appartement de madame la marluise de Travannet.

' Cet appartement, qui fut pris dans la mai»on des hàteê, au premier étage, omprcnait ce qui forme aujourd'hui le salon avec les chambres adjacentes,

gauche. Le Ut qu'on donna au roi était en bois peint en blanc et doré aux xtrémités; il était capitonné en satin rose et blanc (blanc sur rose vif, ujourd'hui solférinoY Ce lit fut vendu, sous la Restauration, par madame i vicomtesse de .Travannet.

^L'état des dépenses, depuis le mois de septembre 1784 jusqu'en >ilt 1789, montait, d'après le devis de l'architecte, H. le Masson, à >9.G57 /iv. 18 a. 5 d. Rien n'était payé en 1791 et 1792. L'architecte imanàA à être mis au rang des créanciers de la nation, l'abbé de Ballières, ayant quitté la France à cette époque, et la nation ayant profité, ir la vente, des dépenses de construction. 11 réclamait le payement des tnoraires qui lui étaient dus pour les plans, élévations, coupes, conduite !S travaui.

* Le sculpteur n'était pas payé complètement en 1791. Une pièce, datée de ris, du 4 ventôse, an IH de la république, qui est à Versailles, mentionne cr^uce du citoyen François le Masson, sur la àrdevante alfbaife de Bat"

quç cette justice était passablement féodale. Qu^ud inctndiaire, le nommé Pierre Boulon % après avoir causé b mort d'une femme enceinte, par suite du feu qu'il i\û mis volontairement à une maison, soit pendu et étnn<:t sur la place publique de Belleglise, où Tabbaye deRoyaomont avait toute justice, c'est une réciprocité pénale qnr l'on comprend encore aujourd'hui, quand on nestp-^ partisan à tout prix de l'abolition de la peine de morte, des circonstances atténuantes ; mais trop souvent les<^ gneureries temporelles obligeaient les gardes de la jatice des abbayes à se mêler des exécutions singulièreroa sommaires delà législation féodale. Il fallait que les lï'bés, comme seigneurs châtelains et hauts justiciers, eu^ sent droit de fourches patibulaires ; et un religieux •> Royaumont, enfoncé dans les spiritiiaiités, pouvait âc mérer ses privilèges comme un Henri de Montmorenc' alléguer, parmi ses hautes prérogatives*, celle dan dans tel endroit des terres du monastère, ijmirefn* pour la fin et dernier supplice des criminels jugés à m^l De complexes questions de droit civil surgissaient tout instant pour Royaumont en conséquence de rancît'!^' organisation féodale. Aura-t-on le droit de couper Ihert^ en passant, à certains endroits, à Asnières ? C'esl a' ; l'abbaye de Saint-Denis, Tabbayc de Royaumont et ^ habitants de Gouvieux font décider en parlement le I' vrier 1348*. Pendant que le roi Jean était prisonnier Londres, les religieux de Royaumont ont besoin ded" der une affaire avec Enguerrand, seigneur de 0 1 > Les religieux de Royaumont prétendent être posses>^ * de certaines exemptions pour tout le royaume doFp»quant au transit de leurs denrées, vins, bois et foins -

* La sentence de mort contre Pierre Boulon est du dix-septiéf»* ^ de Tan 1666.

* Le duc Henri de Honlmorency, en 1616, avait œ droit, pi^ 1^ ^ V. aux Arch. impériale», carton q, 853.

' CarM, de Hoffaumant, manuscrit, p. 197.

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