‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 243 sur 288 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

iuellcs et à travers la perversion du monde, les soldais des dogmes chrétiens et de la pureté des mœurs. Il convenait donc qu'ils eussent une certaine liberté d'action, sous la surveillance des papes. Il convenait que, sans soustraire les moines a l'obéissance canonique due à Tévéque, les abbés cependant jouissent d'une certaine indépendance et conservassent pleinement le gouvernement intérieur de leurs abbayes.

L'évéquc de Beauvais n'admit pas les prétentions de l'abbé de Royaumont et revendiqua énergiquement les droits des évéques. 11 est constant que Mgr Milon de Dormans pouvait mettre en avant des considérations puissantes pour conclure ù la restriction de l'indépendance d'une abbaye siluée dans son diocèse. Bien que les exemptions n'aient été jamais en aucune Façon le produit de l'ambition prétendue des { papes cherchant à affaiblir la juridiction épiscopale, puisqu'on peut démontrer la répugnance avec laquelle très-souvent les papes accordèrent ces libertés ' et la persévérance qu'ils mirent à ce qu'on demeurât sous la juridiction de Tordinairc ', il n'en est pas moins historique que, dans le cours des siècles, les exemptions s'écarlèrent de plus en plus de leur destination primitive. Elles 3'étendirent sans mesure ; des ordres entiers, des chapitres, des universités furent exempts; la puissance épiscopale se trouva en fait restreinte de tous côtés, réduile autant que possible ; les couvents cherchèrent par toutes sortes dévoies tortueuses ri de motifs futiles à se soustraire à la surveillance incommode de leurs supérieurs immédiats. D'incessants procès de compétence entre les abbés et les évoques devinrent la conséquence de cet état de choses. Il y avait lieu, pour Mgr de Dormans, de rappeler que, à dater de l'époque où ces abus, si contraires à la discipline, s'étahli-

« Thomaisin, Vet. et nov. Eccle». (Hucipl.^ t. TTI, p. TiT. * lîurter, c. f, p. 492.

le moulin de Royaumont avec ses dépendances pour 108,200 livres; le moulin de Giez «vec terres et dëpni dances pour 54,000 livres. Et, comme il nefutporli aucune enchère, la commission de vente déclara que Jean Joseph-Guy-Henry Bourguet de Guilhem ( ci-devant mar quisde) Travannet, propriétaire des terres de Tiarnies Sugy et Belloy, demeurant à Paris, rue dé Grammont passage Saint-Roch, était le dernier enchérisseur et adjudicataire définitif des manses conventuelle et abbatialede Royaumont et de leurs dépendances.

A côté de la vente des choses principales, la dispersion et l'aliénation des différents meubles et objets de l'abbaye rappelait douloureusement les scènes de distribution et de partage de ces villes où un ennemi entre en vainqueur. Les officiers municipaux d'Asnières demandèrent, dans une requête, à s'emparer des tableaux et . statues de la basilique de Royaumont, pour en orner Téglise paroissiale d*Asnières^ Yiarmes voulut les c\\r ches'. On choisit le 15 mai 1 791, pour le jour de venl^ et d'enlèvement de Targenterie', dont M. Denis Dumool*

^ Les municipaux d'Asniëres avaient pris les devants. Sans attendre : vente légale» ils rédigèrent une requête, le 25 février 1791. disant qo^ f puisque le couvent et l'église de Royaumont allaient être vendus, et <p]J n'y aurait plus par conséquent de service du culte divin à y célébrer, aitendu que, d'ailleurs, il se trouvait dans cette église beauecmp de UMtm de statues devant les autels, et d'autres objets uniquement utile» à ètr' placés dans une église, et qui na pourraient rapporter au district vk*argent comme vente, ils suppliaient les administrateurs du district de (»nesse de vouloir faire don à l'église pauvre d'Asoiëres, d ornesKols. » linge, etc. »

* Loi*sque, le 30 juillet 1791, on fit l'inventaire des clochea, k» ntnicipaux de Viarmes demandèrent à échanger, poids pour poids, leun d.> ches, qui étaient fêlées, contre celles de l'abbaye de Royaumont

^ On en trouve le détail dans les papiers de Seine-«t-0iae; — c'étûeot * grilles de fer de l'église, les lambris, etc. Le P. Ganonne, ex-procureur ^ l'alibaye, remit 2 calices, dont 1 doré, avec leurs patènes; 2 chandelKr* 1 pied de soleil; 3 croix de procession; 1 bâton couvert en argent; i ^ aux saintes bulles; 1 écudleet 1 cuillère à poUge. — Le P. Canonocr ^^ 1 calice et la patène en argent, pour s'indemniser de ses frais de gard'. * remit un mémoire à l'administration, pour que ce calice lui fût acov '

Le même jour. 11. Pierre-Charles Huard, ancien prieur de Rotre-U»"

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