LIVRE SEPTIÈME
talent exempts, disait Bonifacc VHI, qu'cfi Uni que couvents ; mais en tout ce qui concerne le ministère des âmes, ils devaient tître subordonnés à l'évOque diocésain '. C'est à ce poiAt de l'Iustoire de la question, que se plaçait l'afTaire contcnticusc de Royaumont a la lin du qualorzième siècle. Si les papes ne s'étaient pas prononcés contre les exemptions en tant qu'exemptions, ils s'étaient élevés du moins contre leur extension immodérée, contre les excès. Du ecsIc, les légitimes susceptibilités de l'autorité épiscopale avaient été éveillées bien longtemps avant le débat de 1385. Dès le commencement du quatorzième siècle, quand Simon de Clermont*, envij'on vers l'an 1301, prenait possession du siège deUeauvais, on avait pu remarquer des signes d'iiostilité contre l 'autorité du clergé en général: les points de contact delà juridiclion spirituelle et de la juridiction temporelle «irnenaient des froissements et des chocs. Il était dès lors regrettable que les abbés des monastères vinssent compliquer les diflicultés, en clicrchant, en ce qui les con- " rx'rnait, sinon ù se soustraire totalement à l'autorité (les évèques, du moins h amoindrir cette autorité. N'étaitce pas assez que les seigneurs laïques défendissent à leurs vassaux de répondre aux citations des oflicialités diocèsiiines, et maltraitassent ceux qui se soumettaient aux jugements prononcés par elles? On voyait des ligues se lormer dans les communes, et les membres de ces ligues s'engager à prendre fait et cause pour celui d'entre eux »jni serait traduit devant les tribunaux ecclésiastiques, el à le défendre par tous les moyens en leur pouvoir. C'est pour combattre et détruire ces tendances antipathi- .jMAKS â r;iulii]iiL' iVisnpTmo il<- VÉgUse, qui s'annonçaient
ifail Ql> tlf SiiiiDii ilr illi-mionl, acifiiieur de l*osU-s, coiiilc "•t 4KRij«iiini< Aii\Mi! la seconde croisudc di- saint Luuis. VAÛtarir, eMitU- <Il' Naiitlbri.
mausolées des princes du sang royal, des livres, descloches, des ornements d'église qui y étaient restés. H fut répondu qu'on en écrivait à MM. du département de Seine-et-Oise; qu'on eût à former cependant à Gonesseun dépdt provisoirt des choses intéressantes de Royaumont, après que doni Poirier, savant bénédictin désigné à cet effet, aurait dressé un rapport, au nom du comité d'aliénation, m l'importance de ces divers objets. Ces instructions étaieoi exprimées dans une lettre signée : La Roehefoucavli^ président du comité d'aliénation^
Sauf les proportions restreintes à un seul point tenitrrial, on eût dit assister à ce que Ton vit en grand, a^ cinquième siècle, lorsque les peuples barbares se partagèrent la dépouille de Tempire romain. Cet apparél incessant de ventes et d'enlèvements du matériel avait ub*" physionomie lugubre, et signifiait que c'était à tout janub. Le 18 mai 1791, on enleva de Royaumont un de ses pk^ chers trésors, ses antiques reliques, la plupart donnif^ par saint Louis, pour les transporter à l'église d'Asnièrt> La spoliation de Royaumont redoubla avec une adivii^ plus cruelle, le 22 décembre 1791. Le maire et les municipaux d'Asnières demandèrent à être conduits ac\ archives de Tabbaye. On tira des armoires qui avaieii été scellées par le directoire de Senlis, une immense quar tité de papiers dont on remplit trois vastes caisses. L P. Canonne fit ensuite remise des objets de la sacrisiit'' Le lendemain, 23 décembre, en présence du même tvJmissaire,* on reprit l'œuvre spoliatrice pour acheven" dénuder complètement l'abbaye; la bibliothèque, en paï' ' legs de saint Louis mourant, fut brutalement attaqué^
• Voy. Archives de Seine-et-Oise.
' C'est plus tard, le 22 décembre 1791, que le procureur-syndic àt *^ nesse fit enlever de la chapelle dépendante du prieuré de Bailloo, le> nements, chasubles, 1 cul-de-lampe» burettes, 1 calice avec patène ài^ gent, 2 reliquaires; on les remit au curé de Yiarmes, qui les porta ^tvc^' sionnellement à réglisc de Viarmes.