‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 245 sur 288 · LIVRE SEPTIÈME. i · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. i

ly règle de l'ordre, personnifiée dans les R. P. abbés, devenait la volonté de chacun. De là, certaines conséquences. Quand on a ainsi renoncé à quelques déploiements de l'activité, celte activité se fait jour ailleurs. On n'a plus de susceptibilité et d'amour-propre qui se rapporte à soimême, mais on en a, on en éprouve, pour l'être colleclil auquel on est uni, avec lequel on se confond. S'agit-il des privilèges de la communauté, s'agit-il des rapports avec l'extérieur et de ces incidents que soulèvent les délicates questions de subordination, de prééminence et de dépendance, un chef d'ordre, un abbé de monastère mettra, à poursuivre les droits de Tètre collectif qu'il représente, à venger ses prérogatives méconnues, une ardeur et une ténacité dont il eût été incapable pour ses intérêts purement personnels. L'abbé de Royaumont sentait qu'il n'était pas une unité, mais une pluralité, et que sa responsabilité morale se centuplait. De là, ces susceptibilités qui étonneraient, si leur cause productrice était oubliée. Les circonstances qui laisseraient une personne froide, impassible, la trouveront remplie de jalousie et d'ombrage, selon que les intérêts en jeu se rapportent indirectement à l'individu, ou qu'ils touchent à la collectivité. Souvent ces abbés, que la situation engageait dans des guerres, des tracasseries et des contestations sur les droits des abbayes, étaient les plus ino/Tensifs et les plus pacifiques caractères.

L'abbé de Royaumont ne fut pas heureux dans son api)ei. Le parlement ne jugea pas la cause en faveur de 'abbaye. Les religieux de Royaumont furent condamnés lux frais du procès*. Pour faire prévaloir leur cause, il ûl fallu que les religieux de Royaumont produisissent les itres qui les affranchissaient de la juridiction de l'ordiaîrc. Les religieux de Royaumont avaient-ils obtenu des

i V. VJUsioire de ïieauvaUy par Delcttre, t. ir, p. 484.

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souverains pontifes, des dispenses et des franchises icll'ment larges, tellement absolues et explicites, qu'ils pussent croire, avec le droit de- se gouverner eux-mêmes cIki eux, avoir en même temps une grande lalilude admio> trative? furent-ils déclarés complètement indépendant de Tautorité ecclésiastique du lieu? au cas qu'ils eu^>H de telles exemptions, manquaient-elles, comme fornde légalité? étaient-elles octroyées dans des condili ^ qui les rendissent nulles ou non-valables? navaienkl. été ni révoquées ni modifiées? C'est ce quenexplioi pas un historien du diocèse de Beauvais, qui a rapp' ce démêlé * ; il se contente de nous apprendre que > religieux ne purent produire au procès auam litre q'ii. affranchît de la juridiction de l'ordinaire*. Entoul'l pothèse, on ne peut point se laisser aller prècipilaromà juger à mal les religieux de RoyaumonI, quand on< nait les origines et les divers aboutissants si complV de la question. Toutefois les religieux de Royaumont^ taient exagéré leurs droits. Vlnventaire de la marne fventueUe de Royaumont renferme, il est vrai, des Iij de Grégoire IX, d'Innocent IV et d'Alexandre IV, qui > blcnt stipuler des exemptions en faveur de Royaun. dans la sphère des dépendances hiérarchiques. A: selon cet inventaire, Grégoire IX accorde aux abK- Royaumont, par une bulle du 26 avril 1257, la facul: confesser ceux qui demeurent à leur service, et n'ont j la facilité de recourir à leur curé, de leur admini> les sacrements de TÉglise. Le môme pontife, iV» cette bulle, ne permettait pas de visiter les abl)e>^" religieux de Royaumont, par lettre du sainl-siégo, ^

' Histoire du diocèse de Beauvais, \iSivhe\eiire, t. Il, p. 481.

^ V ordinaire signifie l'autorité ecclésiastique locale. Les cas it. rl'rxomptions de la juridiction oi*din»ire, notainincnl en faveur «i> rrptilier des couvents, furent successivement restreints par le i •• Trente, par l'article 50 de l'ordonnance de Blois, par l'article H • de 1695, et par la déclaration de 1696.

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