‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 246 sur 288 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

ennemis. » On ne peut pas dire que la contrée de Royaumont se soit distinguée spécialement par des atrocités révolutionnaires, le caractère des habitants s'y refusait. Toutefois, en temps de désordre, il suffit d'un mutin pour mener les gens les plus inoffensifs, l'humanité étant à bien dès égards à Tétat de mouton, et ne faisant certains actes que pour Tunique raison qu'il est de mode de les faire. Puisque le temps était aux grandes innovations, si du moins le pays s'était borné à tenter des inventions en agriculture, en industrie, en applications des sciences à l'industrie et au commerce ! C'est le cas cependant de relater la participation de Royaumont à une grande et intéressante expérience de cette époque, à un essai infiniment paisible, contrastant avec l'état surexcité des esprits produit par la nouvelle de la trahison de Dumouriez, alors que les passions politiques étaient frémissantes, qu'on ne songeait qu'aux mesures de sûreté générale, et que la Convention ne croyait voir partout que conspirations, projets liberticides, etPitt, et Cobourg, et Brunswick.

II appartenait à un siècle qui a ses grandeurs , et qui s'honore à bon droit d'avoir produit Buffon, Laplace, Lagrange, Galvani, Yolta, Lavoisier, Linné, Jussieu, Bougainville, la Pérouse, il lui appartenait d'inaugurer la pratique de la correspondance par le télégraphe. Le premier essai qui s'en fit officiellement eut lieu sur Tune des collines qui dominent Royaumont. Le 12 juillet 1793, on apercevait depuis Royaumont de grands bras dans les airs , jouant d'une manière mystérieuse , du haut d'une construction ou moulin à vent situé à Franconville ou Saint*Martin du Tertre \ on faisait, au nom de la Convention, l'essai authentique du télégraphe venant pour la première fois prendre rang parmi les inventions mo^ dernes. Pourquoi le pays qui donna la première Encyclopédie des sciences à la France, pourquoi l'abbaye de Royaumont) qui abrita Vincent de Beauvais et coUa^

l'évéque. Ces précautions avaient pour but de présmer l'ordre de toute intervention illégale ; mais Piotervenikm de révoque du diocèse, représentant du pape et de Taulc»rité de FÉglise dans une fraction de la chrétienté, pouvait-elle être illégale?

De même que le moyen âge et la période féodale furenl une époque de division et de morcellement national, ainsi on avait atteint, pour le monastère de Royauinim;. un temps fécond en querelles et en plaidoyers incessant C'est le propre des époques médiocres, des époques i' platitude, ou des époques de déclin, d'attacher etdeupenser l'activité publique en de mesquins débats, ou tu. des scandales qui amollissent au lieu de raviver les fon:t-. Après une affaire amortie, une autre éclatait aussiM Les corporations ont, comme les simples individus, à défendre éternellement des envahissements et des en piélements du dehors, de même que le dehors ou la ^) ciété générale doit aviser à ce que les corporations, |' ' la loi de l'extension et du développement illimité, ne l -^ dent à tout absorber autour d'elles. C'est loujouis ! limite qui est difficile à tracer, à connaître, à respet! entre voisins, toujours il est malaisé de déterminer borne du droit vôtre et du droit voisin. Mille causes on»/ chent de voir cette limite, tantôt obscure par etle-nuu souvent variable, mobile, flotfante, se déplaçant seloi. temps et les circonstances. N'est-ce pas en voulant défeiison propre droit que, sous l'empire des exagêration>, •! intérêts, des illusions ou de l'erreur, l'on arrive à Im gresser le droit vis-à-vis d'autrui? Mgr Milon do Dorn n'était plus sur le siège de Beauvais ; Pierre de Sa>' lui avait succédé depuis Fan 1398; Royaumont eul core à vider avec ce prélat une autre question de dioil de juridiction. Lorsque l'autorité est attaquée sur seul des points de la circonlérence, elle se ti*an>|>' sur tous pour les fortifier et les défendre. Ainsi .

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