‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 247 sur 288 · LIVRE SEPTIÈBIE · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈBIE

évèques de Beauvdis, à la fin du quatorzième siècle, rétablissaient la discipline ecclésiastique méconnue de la pari des laïques et revendiquaient dcf la part du clergé séculier et régulier la soumission voulue. Entre Milon de Donnans et Pierre de Savoisy se place Tépiscopat de Guillaume de Vienne, et puis celui de Thomas d'Estouteville qui gouverna de Tan 1388 à 1395. Ce dernier ne négligea rien pour réparer les brèches faites à la discipline, à la régularité cléricale, par le fléau de la guerre, par les agitations résultant du grand schisme qui tenait la chrétienté en suspens ; il promena un regard investigateur sur le Beauvaisis, et vit beaucoup de maux à guérir. Plusieurs sujets lui furent signalés comme complices de violations habituelle3 de leurs devoirs les plus importants ; c'étaient Gilles Paulice, curé de Sainl-Martin-du- Tertre, le curé de Boran, et Pierre Dujardin, religieux de Saint-Quenlin-les-Beauvais, qui, après plusieurs scandales, avait quitté le costume de son ordre et s'était fait valet d'auberge à l'hôtel du Cerf, à Beaumont. On lui avait encore signalé Alarme Duvivier, clerc laïque de Noîsy, Jean Dieudonné et Paulin Gaschière, clercs laïques de Boran*. Le prélat ordonna d'agir et de procéder contre les prévenus ; l'official, sorte de magistral ecclésiastique qui correspondait à ce qu'on nous appelons le parquet, décerna contre eux un mandat d'amener, et partit immédiatement avec quelques messieurs qui accompagnent d'ordinaire dans ces missions. L'official fit arrêter au nom (le révoque les accusés, amena les ecclésiastiques dans les prisons de Tévêché de Beauvais, et déposa les clercs /ai'ques, l'un dans la prison de Viarmes et les deux autres dans celle de Boran', qu'on avait bien voulu lui prêter.

1 Dans l'ancien état de choses, où Torganisation était mixte et où le >rêlre avait autorité sur les laïques, l'autorité de l'évoque s'étendait nonciilement sur les prêtres et les léviles dans les ordres sacrés, mais encore ur les clercs laïques mariés ou non mariés.

' On n'était pas sans un esprit individuel très-pronoucé à Boraii, &

précédemment dans le parc de Lepelletier de Sainl-Fargeau à Ménilmontant. a L'époque était fort troublée: c était après le 10 août; le peuple de Paris, confiant par* fois jusqu'à la sottise, et souvent défiant jusqu'à la cruauté, était en proie à toutes sortes d'inquiétudes; pattout il voyait des traîtres, et ivre de ses premières heures de liberté , il s'abandonnait à la folie contagieuse Ae> soupçons indéterminés. Dans l'appareil des frères Chappe\ dans cette machine [inconnue, de forme singulière, qui semblait animée d'un mouvement propre, qui remuait b bras toute seule et se démenait en l'air sans raison apparente, les patriotes virent un instrument élevé pour correspondre avec la famille royale, alors détenue au Temple et compromettre les nouvelles destinées de la nation, b matin un groupe d'hommes irrités se précipita dans le parc de Ménilmontant, démolit la station, brisa le télégraphe, le jeta au feu, et faillit en faire autant des frèm Chappe, qui n'eurent que le temps de se sauver '. »

Ce n'est point que les commissaires républicains présents à Saint-Martin-du-Tertre, Arbogaste et Daunou, bsr I sent très-enthousiastes des idées de Claude Chappe : i!>

ne voyaient comme Cambon, dans ces tentatives, que i^ nouvelles sources de dépenses pour l'État épuisé. Lakaik' était moins indifférent ; cet homme, amoureux de ce q^ pouvait faire la gloire de la France, avait été prompt à > rendre compte des résultats exceptionnels que l'invenb' de Claude Chappe pouvait obtenir. C'est lui qui secoiu!^ léthargie de ses collègues, et seconda de sa vigueur cona de sa sympathie, la tentative de Saint-Martin-du-Ter*r On se mit donc à l'œuvre le 12 juillet 1793. La ligncdVp" ration parlant de Ménilmontant, aboutissant à Sainte' tin-du-Terlre avec station à Écouen, avait 35 kilom^'

> Ignace Chappe, son frère» était député à rAsscmblée législative * Voy. le savant et brillant article, sur VAdmmiitraiion du T/Ugr^' Vaximc du Camp, Bevue des Deux Mondée^ 15 mare 1867.

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