LIVRE SEPTIÈME
Ihédrale de Béarnais ; il s'agissait de savoir à qui appartenait la juridiction attribuée au doyen du chapitre, quand le doyenné était vacant, et il Tétait vers 1400. Cette affaire eut une issue ^ contraire aux idées soutenues par révoque. Bientôt l'abbaye de Royaumont entra également en lice avec Mgr Pierre de Savoisy. Dirons-nous que l'abbaye, de création de saint Louis, était mue par un esprit systématique d'opposition envers un évéque envoyé par le pape d'Avignon ; et, qu'excités par l'exemple du • chapitre, ils voulaient recommencer sur un nouveau terrain, une guerre finie sur une autre ligne?
A Dieu ne plaise que des hommes graves se fussent délectés à susciter des procès dans un pur esprit de contention et à contrister le cœur de Tévôque I L'affaire d'ailleurs, n'était pas d'une capitale importance, mais tenait à ces conflits que, sous de formes différentes, l'humanité présentera sans cesse dans le travail où sont tous les organismes multiples pour arriver à s'équilibrer les uns les autres, pour vivre en harmonie à côté les uns des autres. Le problème des sociétés modernes, celui de la centralisation et décentralisation administrative, n'est pas autre que celui qui tourmentait les abbayes dans leurs rapports avec l'autorité des éyéques. Si la centralisation est la remise des intérêts généraux entre les mains des chefs des Etats, et la décentralisation, la remise des intérêts locaux entre les mains des localités*, Royaumont soulevait, la première année du quinzième siècle, un point qui touchait à la centralisation ecclésiastique : ou plutôt, l'abbaye représentait un peu ce qui constitue au*
< Pierre de Savoisy fut obligé de se désister de son opposition ; il déclara, >ar un accord homologué, au Parlement, le 2i janvier 1401 /ne vouloir il lis troubler le chapitre dans Texercice de la juridiction, qu'il reconnaisnît lui appartenir.
* 3111. Littré, Dupont-^itc.
486 HISTOIRE DE ROYAUHONT.
jourd'hui Tautonomie communale et dëpartemenlal^ elle voulait maintenir son individualité adminislntive, au regard des tendances centralisatrices et absorbantes du pouvoir ëpiscopal; elle voulait, comme lacommov. qui jouit de son indépendance dans le groupe natioml et qui n'a pas toujours recours à l'autorité centrale pooi les actes d* intérêt local, elle voulait n'être pas à la mcm d'une volonté extern'e pour le moindre de ses a(b d'administration monastique et pour chacun de ses vm vements. Voici l'affaire de l'année 1400. •
Au confluent du Therain et de TOise, dans l'arrondi ment de Sentis et canton de Creil,ou rencontre une peU ville et un pays qui a pris, dans ces dernières années/^ accroissement considérable par ses établissements dkI ' lurgiques, ses forges, ses fonderies, ses laminoirs [> les fers. C^est Montataire, localité autrefois fortifiée, f a aujourd'hui un château flanqué de tourelles, doiii vue s'étend sur la vallée. N'est-ce pas dans réglis<' • Montataire, construction du douzième et du treizième ^ cle, que retentirent les prédications de Pierre TEmii' appelant les populations du Beauvaisis à la premi* croisade? On le prétend. Mais la question entre l'abl de Royaumont et Tévêque de Beauvais, n'était pas L s'agissait de délimiter et de circonscrire les droil> r pectifs entre des intérêts municipaux et des intérélsi généraux. Les messieurs de Royaumont, par suil^ leurs propriétés territoriales à Montataire, y avaienl droits seigneuriaux; ils avaient créé une chapelle. < leur maison ou hospice de Montataire : on comprenr les religieux de Royaumont aient eu des prétentioi> ■ collation de la chapcUenie. Habitués au gouvernai intérieur de leurs maisons, ils revendiquaient m culte que l'autorité de Tcvéque de Beauvais ne leur lesta pas en soi et d'une manière absolue, mais i voulut régler l'application.