‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 25 sur 288 · LIVRE PREMIER. i · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. i

pour les princes de France, on en respectait les arbres qui donnaient une ombre séculaire. Blanche et son noble époux vinrent s*y reposer des fatigues des jours de pompe solennelle, des lassitudes des fêtes de Reims ^; on raconte qu'ils y cherchaient dans des repas rustiques • les agréments de la vie champêtre. Plus tard, devenue^ reine, Blanche de Castille aimait le parc d'Asnières; elle le faisait peupler d'animaux domestiques ; elle y avisait aux jeux enfantins de son fils saint Louis et des autres princes ses frères*.

Il ne se pouvait pas que Blanche de Castille et son époux, Louis VIII, vinssent fréquemment au château d'Asnièressur-Oise sans y prendre de profondes racines. C'était tout à la fois pour eux une maison de plaisance, une station, un point de départ pour les cliasses, un séjour d'été et de printemps. Jusque*là,*la reine, les princesses, ainsi que les grandes dames, quand le roi se livrait au divertissement de la chasse, assistaient à ces parties de plaisir,

Philippe de Valois s'était réservée et qui ne pou^it être coupée. L'acte de 1532 rapporte qu'il y avait « deux touffes de grands bois d où le roi, quand il venait à Royaumont et à Asnië^es, avait la coutume de faire son petit diner aux temps des chasses. Il y a dans la forêt de Gamelle des asiles impénétrables aux brûlantes ardeurs de l'été. On respecta ces deux touffes de grand bois qui abritaient d'ordinaire les goûters du roi, ainsi que les arbres fruitiers, La reine aimait le parc d'Asniëres, elle le faisait peupler d'animaux domestiques et avisait à la clôture des murs. On chassait les grosses bêtes dans la forêt de Gamelle. (Archives de VEmpiret — Hég. P. 26, cote GXYIII, — et Comteê de Beaumont, par H. Douet d'Arcq )

* La reine Blanche fut couronnée, le 6 août 1223, par Guillaume de Joinville, archevêque de Reims, oncle de l'historien*, en présence de Jean de firienne, roi de Jérusalem, des princes et des grands, et d'un concours de peuple extraordinaire.

* « Et est assavoir que nous avons retenu pour le roy les II touffes de grant bois où le voy est accoustumé de faire son petit disner sans faire des couppe, et les arbres fruit porlanz. Et ma dame la royne a«ra sanE pris le parcd'Asnières, et à .«on coust le garnira de bestes et soustendrade clôture. Et li avons laissié la chasce aux grosses bestes en la dite forest ; sanX pris. » — Il s'agissait ici des souverains du commencement du quatonième siècle ; le passage intitulé la Forest de Quertielle est extrait d'une prisée des forêts du douaire de la Reine. (Archiv. impériales, -«- Reg. P. 26, coteGXVIII. -^ Histoire des comtes de BeaumotU, par M. Douet d'Aroq, p. 213.)

montées sur des chevaux richement caparaçonnés, qu'elles maniaient avec une grande adresse; même les promenades à âne auraient pu à cette époque devenir un luxe en vogue dans la localité d'Asnières ; le nom de la ville .elle-même rappelle que les habitants primitifs d^Asnières^ s'occupaient de perfectionner l'âne domestique et l'espèce sauvage.

Lorsque Blanche de Castille quitta Burgos et sa famille, elle avait treize ans; son imagination d'enfant emporta la mémoire de ces environs de la vieille capitale de la Castille, de ces paysages extraordinairement pittoresques, où les montagnes se rapprochent, se resserrent, et où l'on voit d'immenses rochers perpendiculaires se dresser au bord des roules, escarpés comme des falaises. Le pays d'Asnières plaisait par d'autres aspects. On trouve dans cette direction, au nord de l'Ile-de-France, de ces paysa* ges, de ces plateaux, de ces vallées et de ces collines riantes, qui peuvent compenser les particularités grandioses des paysages pyrénéens ; il y avait de ces perspectives dont la délicate et fine beauté exerçait un attrait en* chanteur. La majestueuse profondeur des forêts onduleuses de Carnellc et du Lis devait sourire à la princesse espagnole.

On a dit que l'âne turc était fataliste et qu'on voyait a à sa mine humble et réveu&e » qu'il était résigné à tous les coups de buton que le destin lui réservait, et qu'il subit sans se plaindre*. Pour r.lne castillan, on assure qu'il a la mine « plus philosophique et plus délibérée; » il comprend qu'on ne peut se passer de lui. Les chroniques ne mentionnent pas si Blanche de Castille trouva autant de

• L'abbé Lebœui, cherchant l'étymologie et l'origine du mot d'Asoiéres donné à pUisieurs bourp^ de France, livre cette explication naturel^ : Àtimiri^ a çregiàus asinorum dicix. Nous ne C4mtrediit)n8 pas Lebœuf 5iir une question d'àne et d'onagre.

* Voir, à cet êgai'd, les spiritucUes rcUexious de U, Théophile Gautier. Vûlfêçe en Etpêgne^ llfôO.

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