‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 26 sur 288 · LIVRE PREHIEIt. SI · texte numérisé non relu

LIVRE PREHIEIt. SI

fierlé aux ânes d'Asnières ; si elle distingua en eux des proportions parfaiics, des aplombs remarquables ; et si nos races d'ânes lui tirent l'efTet de ces beaux ânes d'Orient que Xénophon rencontra en grandes troupes, mêlés aux bandes d'autruches, dans les plaines de la Mésopotamie ; mats l'âne d'Asuièras se distingue par une qualHé frappante, qui est celle de la fmesse et de la malice ' .

Asnières-sur-Oise est redevable aux père et mère de saint Louis, à diiîérents points de vue. Après la mort de Philippe Auguste, Louis YIII vint à Asnières, non plus seulement en qualité deprince, mais comme roi de France; et il devait arriver 'que Blanche de Castille et son mari, venant souvent habiter le château roj'al d'Asnières, contracteraient de l'allachement pour le pays et y laisseraient une marque éclatante de leur intérêt. Un jour de l'année 1225 on et fêle dans la ville, et le château d'Asnières fut salué par tes acclamations de la population reconnaissante; le vainqueur de la Rochelle venait de souscrire un acte que lui avaient inspiré sa conscience d'homme politique el sa bienveillance de résident ; il gratifia les habitants d' Asnières-sur-Oise d'une charte de commune ou de franchise. La localité commença à bénéficier de ce grand mouvement communal dont les premiers symptômes se montrèrent au onzième siècle, et qui prit de si grands développements au siècle suivant, grûce surtout à Cidtérët politique de Louis le Gros et de ses successeurs.

La charte d'Asnières, qui est appelée franchise ifnmckisia)y venait modifier ce qui avait été mis en vîgueui du temps des comtes de Beaumonl, réformer quelques ulius, signifier des concessions favorables à la sécurité et ii l.\

* Une colonie de Parisiens, composée dequimepersonncs, seprompu^ilLA ânesaui cnvirona de RoyaumonI, vers 1880. Les cavaliers juffèrerlâ iirii|irw, avant de descenijrc une côte, de sauter i> bas de leur monture. ^<>iiii:>i)i les quinie ïiies pnreiit le galop i travers cliainps et allèrent, dép»."'^ ii<-' leur fardeuj, regagnci' à deux lieues leur togis, laissant aux c|uinii' IVn'ir pcdestremcnt.

^ HISTOIRE DE ROYADMONT.

prospérité de la cité. Cependant il ne faudrait pas donner un sens trop étendu à la concession de la charte d'Asniéres, elle ne réveillait aucune idée de constitution municipale ; elle n'érigeait pas Asniéres en commune, en ce sens qu'elle lui donnât une existence propre et une indépendance poli* tique. Louis YllI stipulait certaines régies en faveur de la population d'Asnières, certaines franchises, certainsdroits, certains détails de la vie civile, sans que cela atteignit profondément Forganisation de la cité, de ses magistrats, de leurs rapports avec la société féodale. Telles étaient la plupart des chartes de commune de celte époque qui touchaient bien peu aux rapports de I9 commune avec son seigneur et à la question des magistratures municipales, mais qui réglaient surtout certains droits, imposaient des lois pénales, des lois civiles, des lois d.e police, et créaient des moyens d'ordre dans cette société qui cherchait ses nouvelles voies.

Avant de donner l'analyse de la charte de commune ou de franchise qui fut accordée aux habitants d' Asniéres, il est opportun de rappeler l'ancienneté et Timportance relative de la ville d' Asniéres et de son château, au temps de la reine Blanche. Asniéres avait fait partie de Tun de ces pagiy de Tune de ces circonscriptions territoriales qui dataient de l'administration mérovingienne et qui étaient différentes de celle des cités romaines. Asniéres était compris au neuvième siècle dans la division territoriale désignée pagus cambliacensis, et que les anciens auteurs français appelaient Chambli^ le Chambliais, et auquel se substitua, au onzième siècle, comme cheMieu, Beaumont et le comté de Beaumont'. *

* Le pagut cambUacensiê avait pour limites, au nord, le pagu» belUMcemii, pays de Uea avais ;.à Vesi, le paguâ sijivanectensii, le pays de SenlU; au sud, le pagui parUiacM, le pays de Paris; enlin, & l'ouest, le poçtf^ vHca»siutu, le Vcxiii. Le chef-lieu du pagtu camlfliacemh, qui était la ville de Chanibly, fut détnissô au onzième siëcle; on prit Beauraont, doot on

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