LIVRE QUATORZIÈME
quelque la cabale de Gluck commença de huer vers 1777, et qui, à l'âge de cinquante ans, dansait à Luzarches et à Royaumont pour complaire à quelques stupides tyrans qui abêtissaient la France I Soyons pour les progrès de toutes les classes de la société; mais ayons d'abord la dignité de rhomme libre. Cette personne, douée d'un esprit vif et pénétrant, pouvait-elle, quelle que fût son immoralité, ne pas rougir au fond de l'âme des mascarades où on la forçait de figurer ? L'ombre du roi saint Louis ne lui apparaissait-elle pas dans les cloîtres de Royaumont pour éveiller en elle la fibre du remords? On le croirait à voir, neuf ans après, ses dispositions et sa nouvelle attitude. Deux écrivains de notre temps, qui ont voulu rajeunir cette destinée théâtrale d'actrice chantante, d'après sa :^rrespondance et ses mémoires, ont raconté sa dernière heure. La mort venait I « Elles meurent ces femmes qui mt tant vécu ! » <k Souffrir, mourir, » c'est un triste mot lèses dernières lettres. La maladie marchait. Le curé de Saint-Germain-l'Auxerrois promettait le pardon à la Maleieine. La Madeleine mourut; elle mourut le 50 vendéniaire an XI (22 octobre 1802) '. Royaumont n'était-il our rien dans cette conversion? On a dit que pour le assagede l'impiété à la conversion, il fallait distinguer dire l'impiété qui est une incrédulité foncière et raisonée, et l'impiété, qui est un libertinage des sens, une 3ullition de tempérament; on a remarqué, ajoute-t-on, i'on ne revient guère de la première, mais que de la conde on s'en guérit avec les années; qu'on la quitte I qu'elle vous quitte'. Mademoiselle Sophie Amould rait une confirmation de la prétendue théorie critique s évolutions de l'impiété.
La révolution ne se souilla pas, à Royaumont, par la
Mercure de Trance, août 1758. '
Voy. Sophie Arrumid, par MM. Edmond et Jules de Concourt Paris» 1857.
Sainte-Beuve, Nouveaux LuwHs, t. VU, p. 458, au sugot d'Aleiia Piron.
568 HISTOIRE DE ROYAUNONT.
profanation des sépultures. De tous les abbés de Ropomont, il n'y en a qu'un, dont les restes mortels aienlêlè contaminés par la hideuse main des violateurs des looibeaux, et encore, n'est-ce point Royaumont qui fiit k théâtre de cette abominable atrocité. Mgr de Rossel de Fleuri avait été enseveli dans sa ville archiépiscopale, on a remarqué qu'il ét^it le seul archevêque qui, depé Fénelon, eût été enterré à Cambrai. On l'avait placé dau^ l'un des quatre caveaux du maitre-autel de la cathèdnle, auprès de ses illustres prédécesseurs, Fcnelon, deBojs^ et van der Burch^ Mais lorsque la révolution eulatteiii' son maximum d'emportement. Cambrai fut couvert i' ruines et de sang. Le comité de salut publie prit un arrèit par lequel il ordonna la violation de tous les tombeaux de plomb, pour les convertir en balles. Cette opération se fit à Cambrai sous la surveillance d'un homme connu pir son caractère sage et modéré *. Tous les cercueils contenih dans les caveaux situés sous le maitre-autel étaient i^'} chargés sur une voiture et allaient être transférés à l fonderie de Douai, lorsqu'une troupe de brigands [\t cv^ q[uième bataillon de fédérés), arrivée le même jour Cambrai, se jeta sur ces tombeaux, les ouvrit, et tnir dans les rues les ossements de ces pontifes vénénbir Ces misérables, qui se faisaient appeler Varmée infemoi'. tressaillirent d*une joie féroce en découvrant le corps t rarchoYéquc de Fleuri, mort en 1781, et qui était enor revêtu de ses ornements pontificaux ; ils le traînèrent \< les rues en se dirigeant vers la place. Dans le trajeU u rnain du défunt, encore recouverte de son gant^ sV*'. d/*lachée, ils la jetèrent dans les magasins des den ^f'IlrN Lcssieux, maison occupée ensuite par M. Ricq,
/ /l-H/fpi f*flc0 fur VéglUe mÙrùpolUtme de Cëmbrm, par I. heflt^ ^ fwMHHM^, GuUinteur à Saukoir, juge de piix da