‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 252 sur 288 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

rougi de marcher en public sans un fastueux cortège d'écuyers, de chevaux et de domestiques, étaient alors dans rhumilianle nécessité d'aller à pied, suivis seulement d'un moine ou d'un valet, et de se contenter de la nourriture la plus frugale. » Dans le reste du royaume, ce n'était que factions dans les villes, divisions dans les familles, brigandages dans les campagnes : les chefs des différents partis arrachaient les villageois de leurs charrues, enrôlaient les paisibles citadins, les forçaient à marcher sous leurs drapeaux ou à se rédimer du service avec de l'argent. Les chefs de ces bandes passaient alternativement du parti du régent (Charles V) à celui du roi de Navarre, suivant la somme plus ou moins forte qu'on leur promettait. Il se rencontrait aussi, parmi ces pillards, des Anglais qui semblaient préluder à la guerre qui allait recommencera Un rôve unique avait dominé la vie d'Edouard 111, c*était de régner sur la France, et il avait imaginé que le seul moyen de parvenir à s'imposer aux Français, était de nous faire le plus de mal possible*. Dans le traité absurde que Jean, surnommé le Bon, conclut pendant sa captivité à Londres avec Edouard III, le monarque anglais n'appelait Jean que Rex FranaiSy Roi Français, et s'intitulait lui-même Rex Francornm^ Roi des Franrais : distinction dont il comptait apparemment se faire un titre pour s'approprier la couronne*. Cette constante [)réoccupalion de faire valoir des droits à la couronne de i^'rancc se manifesta, sans interruption, pendant cent ans, jhcz tous les princes anglais. En 1559, Edouard III con- ;ervait un vif ressentiment de ce que Charles le Mauvais,

« Mézerai, Hist, de France, et Anquetil, t. I", in-4», p. 484.

* Lorsque le duc de Gueidrc, vassal de la couronne, envoya, en inSS, ôliei' Charles VI, on découvrit, dit un historien, que les Anglais lui avaient on né de l'arf^enl et assuré une pension pour déclarer la guerre û la rï\nce : ce serait donc un vieux système cliez les Anglais, système suivi ut' eux avec succès, que de payer sur le continent des diversions, à l'effet i> «rai*niitir leur lie.

» li/st, de France, T. Daniel, YI vol. p. 7. — Anquelil, t. !•', p. 4«l.

49a HISTOIRE DE ROYAUMONT.

dans son discours du Pré aux clercs, avail donné à si>ii droit, comme pctit-fiIs de Louis le Hutin , la prèférencî sur celui de l'Anglais , qui était plus éloigné d'un de^ri de la couronne, comme petit-fils de Philippe le Bel d neveu seulement de Louis le Hutin, son fils. Peu.de leni[^ après, en 1560, Edouard III s était installé aux enviruQ^ de Paris, pillant et brûlant les maisons de campagne d^*^ bourgeois, leur coupant les vivres afin de les forcerai: révolter. 11 espérait réduire la bourgeoisie par la famin?. la garnison des places par des soldes plus fortes; la cao^ pagne se soumettrait par la crainte du pillage. Il comlu que la France, déchirée en lambeaux, ne pourrait se cpenser, pour en réunir les pièces, de le placer sur le Irùi Ce raisonnement ne manquait pas de probabilités. « L France, dit Mézerai, était à l'agonie, et pour si pt*u •; le mal .augmentât , elle allait périr. » Mais plusieurs J conseillers d'Edouard, moins enthousiasmés que lui : son projet de régner en France et de ses espérances L . ta*ines, désiraient vivement qu'il se prêtât à un accoino dément; entre autres, le duc de Lancastre, son cou^:! dont il estimait la sagesse et les lumières. Survînt le U. de Breligny (près Chartres), en 1360, et l'on sait comin ce traité fut un expédient provisoire.

11 est vrai que le glorieux règne de Charles Y vint i> permettre de respirer. Ce fut l'œuvre de ce roi, sec» i par le brave DuGuesclin,de chasser l'Anglais de Frai. et le temps qui s*écoula de l'année 1364 à 158U fut temps bien employé. L'astre d*Edouard 111 avail i>âli, campagnes de 1370 et 1571 lui furent funestes; «t 1374, il ne rest£|itplus aux Anglais, de leurs conqu sous les rois Philippe de Valois et Jean 1", que la ^ ville de Calais. En 1378, Charles V lança nos Iroui»- Angleterre, parce qu'il fallait reprendre roffensi^i c frayer Londres. Pendant que nos soldats, débarqué au du détroit, ravageaient les campagnes et brùlaiei:t

Page 1