‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 254 sur 288 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

Lorsque cet insensé d'Âsniëres traînait dans les rues de la cité rimage du Christ, lorsqu'il balayait le sol avec cette adorable figure, lorsqu'il la barbouillait de fange, savait-il ce qu'il faisait? Que, pour lui-même personneUement, ce citoyen se déclarât affranchi de toute tutelle sacerdotale, émancipé des docirines cléricales, libre à lui ; mais il y a une mesure que la raison commande, et il y a la pudeur de l'histoire. Abstraction faite de la divinité immanente et fulgurante dans le Christ, comment un homme de la classe ouvrière en était-il venu à oublier ce que, à tous les points de vue, nous devons au divin libérateur? N'est-ce pas au souffle évangélique que les populations ouvrières des nations modernes doivent la tendance à faire respecter le principe si salutaire de la liberté du travail ?

Les faits arrachent Taveu à tout écrivain indépendant et sérieux : (c Si dans le moyen âge, la notion du travail était si difTérente de celle qui avait prévalu dans l'antiquité, à qui le devait-on? Le travail manuel n était plus un acte servile ; le christianisme l'avait réhabilité, l'artisan et l'ouvrier commençaient à compter dans la société nouvelle. De même que les ordres mendiants avaient relevé la pauvreté, qui, par leur exemple, cessait d'être une marque d'avilissement, de même les ordres travailleurs, avec leurs moines qui bêchaient la terre (cisterciens, bernardins), avaient relevé le travail. L'idée chrétienne jetait ainsi par le monde les semences d'émancipation et d'égalité que devait recueillir la philosophie du dixhuitième siècle et qui contenaient le germe de la révolution. En proclamant régalilé entre les hommes, le christianisme préparait les voies à la suppression des classes et des castes ; en ne reconnaissant devant Dieu que le mérite individuel et en attribuant au travail et à la peine corporelle leur participation légitime aux récompenses qu'il promettait pour l'autre vie, il fondait les principes n. 57

ftOO HISTOIRE DE ftOYAUMONT.

aussi Jean, fils de Philippe, duc de Boui^ogne el ne\fj de Charles VI : deux princes, Louis el Jean, qui allaienl conquérir une lugubre célébrité. C'est que Ton eutlalrislesse de retomber bientôt dans une nouvelle régem.*. Charles VI ayant épousé la princesse Isabeau de Ba\im en 1592, et, le jeune roi étant devenu fou Tannée mii:K de son mariage, les princes reprirent le gouvernemml. Le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, garda Fautor t jusqu'en 1404, sa vie durant; son fils, Jean sans Peu:, voulant hériter de Ja prépondérance du père dans le g 'Mvernement, rencontra les prétentions du duc d'Orlêa:^ frère du roi, qui n'entendait céder le pouvoir à perstm»*. Une terrible rivalité se déclara entre lui et Jean sans Poule 23 novembre 1407, le duc de Bourgogne faisait a>>.siner le duc de d'Orléans. Chose élrangc! le dur » Bourgogne croyait se purifier de son crime par de la îv.w et par de la gloire; il rcmporla une victoire en 1408 - 25,000 Liégeois, il accorda certains privilèges aux F. siens et c'en fut assez pour gagner de la popularité.

En définitive, en 1410, l'état de la France était celun le roi fou, la reine Isabeau méprisée et incapable, le jmier prince du sang souillé d'un meurtre infâme, poiii. gouvernement, mais des partis en armes, la guerre au * hors et au dedans S l'anxiété dans toutes les âmes. El t\

' Il y eut le parli bourguignon qui chercha sa force principale * F dans les bouchers et les gens des halles. H y eut aussi le parti d«^ t gnacs, ou les vengeurs du duc d'Orléans, qui se rangèrent sous la i^ du beau-përc d'un de ses fils, le comle d'Armagnac. C'est qtio la . civile éclata de 1410 à 1412. Les deux factions s'nUaquèrent ilcm : firent deux fois la paix ; malheureusement l'une et lautrc ciirvnt . ^ inspiration de faire des avances aux Anglais, pour mettre de son cù:«r > * du pays. Il se commit infiniment de meurtres et de ptUages daik^^ ^> pagnes. Armagnacs et Bourguignons se battaient. Un prenait partout : cause pour les uns ou pour les autres. Un jour c'était les Armc^^.! . commettaient des atrocités; d'autres fois les hommes de modérât*- v laient les Armagnacs pour arrêter les excès de la populace et ér^ lignons. C'est donc vci^s 1411 que les horreurs de la guerre cinli» . commencée se faire sentir. Les Armagnacs se rassemblaient au dcb I^ire^ où ils pillaient les campagnes. Les Bourguignons ëlaiciit en i.

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